Un spectre, pas seulement deux cases
On distingue classiquement l'hétérosexualité, l'homosexualité et la bisexualité, mais la recherche décrit aujourd'hui l'orientation sexuelle davantage comme un continuum que comme des catégories séparées. D'autres orientations sont également reconnues, comme l'asexualité — absence ou faible intensité d'attirance sexuelle, l'attirance romantique pouvant exister indépendamment — ou la pansexualité, attirance indépendante du genre de l'autre personne.
L'orientation ne se confond pas avec l'identité de genre : être une personne trans ne dit rien de la personne vers qui l'on est attiré. Et l'orientation n'est pas toujours stable : les études longitudinales montrent que la manière dont une personne se décrit peut évoluer au cours de la vie, sans que cela rende fausse une description antérieure.
Ce qui est établi
- Les couples de même sexe ont des relations aussi variées, stables et épanouies que les autres. Il n'existe ni pratique sexuelle propre à l'homosexualité, ni fonctionnement de couple particulier.
- L'Organisation mondiale de la santé a retiré l'homosexualité de sa classification des maladies en 1990.
- Les enfants élevés par des parents de même sexe se développent comme les autres : c'est l'un des résultats les plus constants de la recherche en psychologie du développement.
- Aucune cause unique n'a été identifiée, et la question de l'origine n'a pas d'incidence pratique sur la manière de vivre.
Les « thérapies de conversion »
Les pratiques visant à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre sont inefficaces et nuisibles : elles augmentent la dépression, l'anxiété et le risque suicidaire. Un nombre croissant de pays les interdisent, parfois pénalement, et le consentement de la personne ne rend pas ces pratiques licites là où elles sont prohibées.
En parler, ou non
Il n'existe pas de bon moment universel. Quelques repères qui reviennent dans les témoignages :
- Choisir d'abord une personne dont on est raisonnablement sûr : une première réaction favorable change beaucoup la suite.
- Ne rien devoir à personne : rien n'oblige à se déclarer, ni au travail, ni dans la famille.
- Anticiper la sécurité matérielle — logement, ressources, documents — lorsque la réaction familiale est incertaine.
- Pour un mineur, les lignes d'écoute associatives sont anonymes et ne préviennent pas la famille.
Du côté de celui qui reçoit la confidence : écouter, remercier de la confiance, éviter les questions intrusives sur la vie sexuelle, et ne pas répéter l'information sans accord.
Santé et prévention
Les besoins de prévention dépendent des pratiques, pas de l'identité. Le dépistage régulier des infections sexuellement transmissibles, la vaccination contre le papillomavirus et l'hépatite B, et l'accès aux traitements préventifs du VIH concernent tous ceux dont les pratiques les exposent. Les lieux de dépistage anonymes et gratuits existent dans la plupart des pays.
Le droit varie radicalement d'un pays à l'autre
Mariage, union civile, filiation, protection contre les discriminations, interdiction des pratiques de conversion, mais aussi, dans plusieurs pays, incrimination pénale des relations entre personnes de même sexe : la situation juridique diffère du tout au tout. Les fiches ci-dessous décrivent, pays par pays, le cadre légal, les recours réels et, là où c'est nécessaire, les précautions de sécurité.
Le droit pays par pays
Le cadre juridique, les démarches, les délais et les coûts diffèrent d'un pays à l'autre. Chaque pays ci-dessous dispose d'une fiche détaillée : textes applicables, faits marquants, démarches réelles, coûts, adresses utiles et pièges à éviter.
Cliquez sur un pays pour ouvrir sa fiche détaillée.
