Contraception
La contraception est légale, soutenue par un programme national, et on la trouve en grande partie dans le public.
L'accès à la contraception repose sur le programme national de planification familiale, l'un des plus anciens du continent, mis en œuvre par le ministère de la Santé et l'Association marocaine de planification familiale.
Les points clés
| Disponibilité | Pilule, injectables, implants, DIU et préservatifs dans le secteur public et en pharmacie |
|---|---|
| Coût | Gratuit ou très faible dans les structures publiques |
| Contraception d'urgence | Disponible en pharmacie ; la délivrance dépend parfois de l'attitude du pharmacien |
| Femmes non mariées | L'accès est légal, mais peut se heurter à des réticences en pratique |
| Mineures | Accès plus difficile, souvent conditionné à un accompagnement |
| Méthodes longue durée | Souvent mieux adaptées lorsque les consultations sont difficiles à répéter |
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Avortement
Les articles 449 à 458 du Code pénal répriment l'avortement, pour la femme comme pour celui qui le pratique. L'article 453 admet l'acte lorsqu'il est nécessaire pour sauvegarder la santé de la mère, avec l'accord du conjoint — ou, à défaut, l'avis du médecin-chef de la préfecture.
Les points clés
| Principe | Interdiction générale |
|---|---|
| Exception | Danger pour la santé de la mère, accord du conjoint requis en principe |
| Viol, inceste, malformation | Non prévus par la loi en vigueur |
| Sanction pour la femme | Emprisonnement prévu par l'article 454 |
| Sanction pour le praticien | Emprisonnement et interdiction d'exercer |
| Réalité estimée | Plusieurs centaines d'avortements clandestins par jour selon les associations médicales |
| Articles applicables | Articles 449 à 458 du Code pénal |
| Sanction du praticien | Emprisonnement et interdiction d'exercer, aggravés en cas de décès |
| Estimations | Les associations médicales évoquent plusieurs centaines d'avortements clandestins par jour |
| Soins après avortement | Dus à toute femme, sans condition ni dénonciation |
En pratique
- Les soins après avortement — hémorragie, infection, rétention — sont dus à toute femme et pris en charge dans les structures publiques.
- La contraception, y compris la contraception d'urgence, est en revanche légale et accessible en pharmacie et dans les centres de santé.
- L'Association marocaine de planification familiale offre conseil et suivi gynécologique.
- Les urgences gynécologiques des hôpitaux publics prennent en charge les complications sans exiger d'explication sur l'origine de la grossesse interrompue.
- La contraception d'urgence est légale et disponible en pharmacie : c'est le moyen le plus sûr d'éviter la situation.
- L'AMPF assure consultations, contraception et suivi gynécologique à tarif social.
Évolutions récentes
Une commission royale avait proposé dès 2015 d'élargir les exceptions au viol, à l'inceste, aux malformations graves et aux troubles mentaux. Ces propositions n'ont pas été adoptées, mais la réforme du Code pénal et celle du Code de la famille annoncée fin 2024 relancent régulièrement le débat. Le projet de réforme du Code pénal, discuté en parallèle de la réforme du Code de la famille, prévoit d'élargir les exceptions ; il n'a pas abouti à ce jour.
Où s'adresser
- Association marocaine de planification familiale (AMPF), présente dans plusieurs villes.
- Centres de santé reproductive du ministère de la Santé pour la contraception et le suivi.
- Services d'urgence hospitaliers en cas de complication : ne retardez pas, les soins sont dus.
- Services de gynécologie des CHU de Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech.
À savoir
Les avortements clandestins réalisés hors structure médicale sont la première cause évitable de mortalité maternelle dans les pays où la loi est restrictive. En cas de saignements abondants, de fièvre ou de douleurs intenses, rendez-vous aux urgences : la prise en charge prime et le personnel soignant est tenu au secret professionnel.
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Parents : la première fois de son ado
Le frein tient au jugement social plus qu'au texte de loi : on trouve des structures, mais il est difficile d'en franchir la porte.
Les programmes de santé reproductive sont ouverts aux femmes mariées en priorité, et l'accès d'une adolescente non mariée reste socialement difficile.
Au Maroc, rien n'interdit à un mineur de consulter, mais les services de santé sexuelle sont pensés pour les couples mariés et une adolescente non mariée se heurte à un obstacle social plus qu'à un obstacle juridique. Les préservatifs et la contraception d'urgence sont disponibles en pharmacie sans ordonnance, et les associations de planification familiale offrent le cadre le plus accessible.
Les points clés
| Cadre | Programmes de planification familiale, centres de santé publics |
|---|---|
| Obstacle principal | Le regard social, davantage que la règle de droit |
| Contraception | Disponible en pharmacie, à coût modéré |
| Contraception d'urgence | Généralement sans ordonnance en pharmacie |
| Dépistage | Possible dans les structures publiques et associatives |
| Confidentialité | Variable selon le praticien : demandez-la explicitement |
| Associations | Les associations de santé sexuelle accueillent sans jugement |
Questions fréquentes
Une adolescente peut-elle obtenir une contraception au Maroc ?
Aucun texte ne l'interdit, et la pharmacie délivre préservatifs et contraception d'urgence sans ordonnance. Pour une contraception régulière, les associations de planification familiale sont l'interlocuteur le plus accessible, les centres publics étant organisés autour des femmes mariées.
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Orientations sexuelles
Les relations entre personnes de même sexe sont des infractions pénales : être prudent est la première des protections.
Les points clés
| Cadre pénal | Relations entre personnes de même sexe réprimées : six mois à trois ans d'emprisonnement |
|---|---|
| Promotion et apologie | Visées dans plusieurs des textes les plus récents |
| Risque principal | Chantage, dénonciation et exposition publique, souvent à partir de messages |
| Accès aux soins | Les structures de santé et de dépistage restent accessibles |
| Associations | Existent, mais opèrent discrètement et sans affichage public |
| Documents numériques | Applications, photos et messages sont la première source de preuve utilisée |
| Voyageurs | Le risque s'applique aussi aux résidents étrangers et aux visiteurs |
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Drogues et stupéfiants
Le dahir du 21 mai 1974 relatif à la répression de la toxicomanie réprime l'usage, la détention et le trafic. La loi n° 13-21 du 26 mai 2021 a légalisé les usages licites du cannabis — médical, pharmaceutique, cosmétique et industriel — sous le contrôle de l'Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis, dans des provinces limitativement énumérées du Rif.
La légalisation de 2021 ne concerne en rien l'usage récréatif, qui reste pénalement réprimé.
L'usage et la détention exposent à l'emprisonnement et à l'amende ; le trafic, à des peines beaucoup plus lourdes, aggravées lorsqu'il vise des mineurs ou s'exerce en bande.
Le pays est un producteur historique de résine, et la filière légale vise à convertir progressivement une partie des cultivateurs du Rif.
Pour un voyageur étranger, l'achat auprès d'un revendeur est un risque majeur : les contrôles routiers sur les axes du Nord sont fréquents et l'interpellation entraîne une détention provisoire.
Les points clés
| Texte répressif | Dahir du 21 mai 1974 |
|---|---|
| Filière légale | Loi n° 13-21 du 26 mai 2021, usages médical, cosmétique, industriel |
| Autorité | ANRAC, Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis |
| Usage récréatif | Interdit et réprimé |
| Provinces autorisées | Liste limitative dans le Rif |
En pratique
- Les centres d'addictologie relevant du ministère de la Santé assurent une prise en charge gratuite dans les grandes villes.
- Les associations de réduction des risques interviennent surtout à Tanger, Tétouan et Casablanca.
- En cas d'interpellation, un étranger doit demander immédiatement l'assistance de son consulat.
Coût et prise en charge
Prise en charge gratuite dans les centres publics d'addictologie.
Évolutions récentes
La filière légale a délivré ses premières autorisations de culture et de transformation, avec une montée en puissance progressive des surfaces autorisées.
Où s'adresser
- Centres d'addictologie du ministère de la Santé (Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Marrakech).
- Association marocaine de lutte contre la toxicomanie.
- Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc, Rabat.
À savoir
Beaucoup de voyageurs croient le cannabis toléré parce qu'il est cultivé dans le pays. Il ne l'est pas : la loi de 2021 vise des usages industriels et médicaux, pas la consommation récréative.
Questions fréquentes
Le cannabis est-il légal au Maroc depuis 2021 ?
Seulement pour les usages médical, pharmaceutique, cosmétique et industriel, dans des provinces limitées et sous licence. L'usage récréatif reste interdit.
Que risque un touriste qui achète de la résine ?
Une interpellation, une détention provisoire et une condamnation. La nationalité étrangère n'atténue rien.
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Alcool et tabac
À dix-huit ans pour acheter du tabac, avec une interdiction dans les lieux publics, appliquée de façon irrégulière.
La vente d'alcool est réglementée et restreinte, avec des règles particulières selon les établissements et la clientèle. La loi antitabac interdit de fumer dans les lieux publics, mais son application reste inégale.
Le Maroc dispose depuis 1995 d'une loi interdisant de fumer dans les lieux publics, mais son application est restée très partielle et les textes d'application ont tardé. La vente à l'unité, pourtant interdite, reste courante. Pour l'alcool, la vente aux Marocains musulmans est en principe interdite, tout en étant tolérée dans les circuits autorisés — une ambiguïté qui déroute souvent les visiteurs.
Les points clés
| Âge légal | 18 ans pour le tabac |
|---|---|
| Alcool | Vente réglementée, avec des restrictions selon les lieux et les périodes |
| Lieux publics | Interdiction de fumer, d'application inégale |
| Avertissements | Avertissements sanitaires obligatoires sur les paquets |
| Prévalence | Tabagisme masculin élevé, féminin faible mais en progression |
| Sevrage | Consultations dans les structures publiques et associatives |
| Chicha | Très répandue et souvent perçue à tort comme moins nocive |
Questions fréquentes
Peut-on acheter de l'alcool au Maroc ?
Oui dans les grandes surfaces disposant d'un rayon dédié, les bars d'hôtels et les établissements licenciés ; la vente aux Marocains musulmans reste théoriquement interdite mais largement tolérée. La consommation dans l'espace public est proscrite, et la discrétion est de mise, en particulier pendant le ramadan.
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Sources générales
- Service-public.ma — portail national des services publics
