L'assistance médicale à la procréation

Un couple sur six rencontre des difficultés à concevoir. La médecine y répond depuis quarante ans avec une poignée de techniques bien identifiées — le reste, ce sont des conditions d'accès, des délais, de l'argent et du droit, qui changent complètement d'un pays à l'autre.

À partir de quand parle-t-on d'infertilité

La définition médicale est simple et mal connue : l'absence de grossesse après douze mois de rapports réguliers sans contraception, ramenés à six mois lorsque la femme a plus de 35 ans. Avant ces délais, aucun bilan n'est justifié ; après, il ne faut pas attendre, parce que le seul facteur qu'aucune technique ne compense est le temps.

Les causes se répartissent en gros par tiers : un tiers d'origine féminine, un tiers d'origine masculine, un tiers mixte ou inexpliquée. Cette répartition a une conséquence pratique immédiate : le bilan se fait toujours à deux, et commencer par explorer la femme seule fait perdre des mois.

Les techniques, dans l'ordre où on les propose

Stimulation simpleDes comprimés ou des injections pour obtenir une ovulation de qualité, avec rapports programmés. Peu coûteuse, peu invasive, première étape de nombreux parcours.
Insémination intra-utérineLe sperme préparé au laboratoire est déposé dans l'utérus au moment de l'ovulation. Environ 10 à 15 % de grossesses par tentative ; on en propose rarement plus de six.
Fécondation in vitroPonction des ovocytes, rencontre avec les spermatozoïdes en laboratoire, transfert d'un embryon. C'est la technique de référence depuis 1978.
ICSIUne FIV dans laquelle un spermatozoïde unique est injecté dans l'ovocyte. Conçue pour l'infertilité masculine, elle représente aujourd'hui la majorité des FIV dans beaucoup de pays.
Don de gamètesDon de sperme, don d'ovocytes, plus rarement double don ou accueil d'embryon. C'est là que les législations divergent le plus.
Préservation de la fertilitéCongélation d'ovocytes, de sperme ou de tissu ovarien, pour raison médicale (avant un traitement anticancéreux) ou, là où c'est autorisé, par anticipation.

Chacune de ces techniques est décrite en détail, avec ses indications, son déroulement réel et ses risques, dans la page toutes les méthodes de PMA.

Les chiffres qu'on ne vous donne pas spontanément

Un taux de réussite ne veut rien dire tant qu'on n'a pas précisé trois choses : par tentative ou cumulé, par transfert ou par ponction, et à quel âge. Un centre qui annonce « 45 % » parle presque toujours d'un taux par transfert chez des femmes de moins de 35 ans.

Les dons : le point où les pays se séparent

Quatre questions suffisent à classer n'importe quelle législation.

Les conditions concrètes pour donner — âge, examens, indemnisation, délais, où s'adresser — ainsi que les principaux centres de chaque pays sont détaillés dans les fiches pays ci-dessous.

La conservation des embryons

Une FIV produit souvent plusieurs embryons ; ceux qui ne sont pas transférés sont congelés par vitrification, une technique qui n'altère pratiquement pas leurs chances. La durée de conservation autorisée va de cinq ans à plusieurs décennies selon les pays, avec une consultation annuelle du couple. Trois destins possibles en fin de parcours : transfert ultérieur, don à un autre couple, don à la recherche ou arrêt de conservation. C'est une décision que presque personne n'anticipe et qui, lorsqu'un couple se sépare, devient un contentieux : partout, le transfert exige le consentement maintenu des deux personnes.

Ce que le parcours fait à un couple

Les études convergent : l'épuisement psychologique, et non l'échec médical, est la première cause d'abandon d'un parcours de PMA. Le rythme des traitements — rendez-vous matinaux, injections quotidiennes, attentes de résultats — s'installe dans la vie de couple et la réorganise entièrement. Deux choses aident réellement : fixer à l'avance, à froid, le nombre de tentatives que l'on est prêt à faire, et ne pas laisser un seul des deux porter l'organisation. Le soutien psychologique est proposé dans la plupart des centres ; il est très largement sous-utilisé.

Gestation pour autrui

La gestation pour autrui n'est pas une technique de PMA parmi d'autres : elle pose une question de filiation, pas de médecine. Elle est traitée séparément dans la page consacrée à la gestation pour autrui.

Les couples de femmes et les couples d'hommes

L'accès à l'assistance médicale à la procréation est, de tous les sujets traités ici, celui où l'écart entre pays est le plus brutal. Trois régimes coexistent.

Pour les couples d'hommes, la voie de la procréation biologique passe nécessairement par une gestation pour autrui, interdite dans un grand nombre de pays et strictement encadrée dans les autres ; la page qui lui est consacrée détaille où elle est possible et ce qu'il advient de la filiation au retour.

Quatre points pratiques reviennent systématiquement : le nombre de tentatives prises en charge, souvent calculé pour un couple hétérosexuel ; la limite d'âge ; l'anonymat ou non du don, qui détermine ce que l'enfant pourra savoir à sa majorité ; et le sort des embryons conservés en cas de séparation du couple. Chacun de ces points relève du droit national : la fiche de chaque pays les précise.

Le droit pays par pays

Le cadre juridique, les démarches, les délais et les coûts diffèrent d'un pays à l'autre. Chaque pays ci-dessous dispose d'une fiche détaillée : textes applicables, faits marquants, démarches réelles, coûts, adresses utiles et pièges à éviter.

Cliquez sur un pays pour ouvrir sa fiche détaillée.

Cadre européen

Union européenne

L'Union ne dit pas qui a droit à une PMA, mais elle impose des normes de sécurité, de traçabilité et de gratuité pour les gamètes circulant entre États.

Europe francophone

France

La loi de bioéthique du 2 août 2021 a ouvert la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, levé l'anonymat du don pour l'enfant devenu majeur, et autorisé l'autoconservation des ovocytes sans raison médicale.

Belgique

La Belgique est l'un des pays européens les plus ouverts : accès aux femmes seules et aux couples de femmes depuis 2007, don anonyme, six cycles de FIV remboursés jusqu'à 43 ans.

Suisse

La Suisse est restée l'un des pays les plus restrictifs d'Europe : don d'ovocytes interdit, accès réservé aux couples, et aucun remboursement de la FIV par l'assurance de base.

Luxembourg

Le Luxembourg dispose d'un centre public unique au Centre hospitalier de Luxembourg, et la prise en charge par la Caisse nationale de santé est généreuse ; les techniques non disponibles sur place sont assurées à l'étranger.

Monaco

Monaco ne dispose pas de centre d'AMP en propre : les patients sont orientés vers les centres français voisins, et les caisses monégasques prennent en charge le parcours.

Amérique du Nord

Québec et Canada

Depuis le 15 novembre 2021, le Québec rembourse de nouveau un cycle complet de fécondation in vitro par personne, après huit ans de crédit d'impôt.

Maghreb

Maroc

La loi 47-14 de 2019 a doté le Maroc d'un cadre clair : PMA réservée aux couples mariés, don de gamètes et gestation pour autrui interdits.

Algérie

Le Code de la santé de 2018 encadre la PMA : elle est réservée aux couples mariés et exige que les gamètes proviennent des deux époux, le don étant interdit.

Tunisie

La loi n° 2001-93 fait de la Tunisie une exception régionale limitée : la PMA y est encadrée depuis vingt ans, mais réservée aux couples mariés et sans don de gamètes.

Afrique de l'Ouest et centrale

Sénégal

La PMA sénégalaise est jeune, entièrement privée et concentrée à Dakar ; le coût d'un cycle représente plusieurs années de salaire moyen.

Côte d'Ivoire

Abidjan est devenue l'un des pôles de médecine de la reproduction d'Afrique de l'Ouest, avec plusieurs centres privés de FIV et une patientèle régionale.

Cameroun

Le Cameroun compte quelques centres de FIV à Douala et Yaoundé ; l'activité est privée, non remboursée et sans cadre légal spécifique.

République démocratique du Congo

L'offre de fécondation in vitro en République démocratique du Congo est très limitée et concentrée à Kinshasa ; la plupart des patients qui en ont les moyens partent à l'étranger.

Bénin

Cotonou dispose de quelques structures pratiquant la FIV ; beaucoup de patients béninois se rendent toutefois à Abidjan ou à Lagos, plus proches et mieux équipées.

Mali

Bamako dispose d'une activité de procréation assistée naissante ; l'insécurité et le coût conduisent beaucoup de couples vers Abidjan, Dakar ou le Maghreb.

Burkina Faso

Ouagadougou compte quelques structures de médecine de la reproduction ; l'offre reste limitée et beaucoup de couples se rendent à Abidjan.

Niger

L'offre de procréation assistée au Niger se limite au bilan et aux inséminations à Niamey ; la FIV suppose un départ, le plus souvent au Maghreb ou à Abidjan.

Togo

Lomé dispose de quelques structures de procréation assistée, et sa position permet d'accéder facilement aux centres d'Accra, de Cotonou et de Lagos.

Océan Indien et Caraïbes

Madagascar

L'offre malgache se limite à quelques structures d'Antananarivo ; l'éloignement et le coût conduisent la plupart des couples qui en ont les moyens à partir à La Réunion, à Maurice ou en Afrique du Sud.

Haïti

Il n'existe pratiquement pas d'offre de fécondation in vitro en Haïti ; le bilan est accessible à Port-au-Prince, et les couples qui poursuivent partent en République dominicaine, aux États-Unis ou au Canada.

Ce thème est aussi traité pour les pays anglophones · les pays germanophones · les pays hispanophones · l'Italie et la Suisse italienne · les pays lusophones · les Pays-Bas, la Flandre et le Suriname.

Page vérifiée en septembre 2026. Les règles et les données citées peuvent évoluer.

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