À partir de quand parle-t-on d'infertilité
La définition médicale est simple et mal connue : l'absence de grossesse après douze mois de rapports réguliers sans contraception, ramenés à six mois lorsque la femme a plus de 35 ans. Avant ces délais, aucun bilan n'est justifié ; après, il ne faut pas attendre, parce que le seul facteur qu'aucune technique ne compense est le temps.
Les causes se répartissent en gros par tiers : un tiers d'origine féminine, un tiers d'origine masculine, un tiers mixte ou inexpliquée. Cette répartition a une conséquence pratique immédiate : le bilan se fait toujours à deux, et commencer par explorer la femme seule fait perdre des mois.
Les techniques, dans l'ordre où on les propose
| Stimulation simple | Des comprimés ou des injections pour obtenir une ovulation de qualité, avec rapports programmés. Peu coûteuse, peu invasive, première étape de nombreux parcours. |
|---|---|
| Insémination intra-utérine | Le sperme préparé au laboratoire est déposé dans l'utérus au moment de l'ovulation. Environ 10 à 15 % de grossesses par tentative ; on en propose rarement plus de six. |
| Fécondation in vitro | Ponction des ovocytes, rencontre avec les spermatozoïdes en laboratoire, transfert d'un embryon. C'est la technique de référence depuis 1978. |
| ICSI | Une FIV dans laquelle un spermatozoïde unique est injecté dans l'ovocyte. Conçue pour l'infertilité masculine, elle représente aujourd'hui la majorité des FIV dans beaucoup de pays. |
| Don de gamètes | Don de sperme, don d'ovocytes, plus rarement double don ou accueil d'embryon. C'est là que les législations divergent le plus. |
| Préservation de la fertilité | Congélation d'ovocytes, de sperme ou de tissu ovarien, pour raison médicale (avant un traitement anticancéreux) ou, là où c'est autorisé, par anticipation. |
Chacune de ces techniques est décrite en détail, avec ses indications, son déroulement réel et ses risques, dans la page toutes les méthodes de PMA.
Les chiffres qu'on ne vous donne pas spontanément
Un taux de réussite ne veut rien dire tant qu'on n'a pas précisé trois choses : par tentative ou cumulé, par transfert ou par ponction, et à quel âge. Un centre qui annonce « 45 % » parle presque toujours d'un taux par transfert chez des femmes de moins de 35 ans.
- Avec ses propres ovocytes, la probabilité de naissance vivante par cycle de FIV passe d'environ 30-35 % avant 35 ans à 20-25 % entre 35 et 37, 12-15 % entre 38 et 40, et moins de 5 % après 42 ans.
- Avec un don d'ovocytes, elle dépend de l'âge de la donneuse et reste de l'ordre de 40 à 50 % par transfert, quel que soit l'âge de la receveuse.
- Le taux cumulé après trois ou quatre cycles complets est beaucoup plus encourageant que le taux par cycle : c'est le chiffre à demander.
- Le transfert d'un seul embryon est devenu la norme : il donne presque le même résultat cumulé que le transfert de deux, sans le risque des grossesses gémellaires.
Les dons : le point où les pays se séparent
Quatre questions suffisent à classer n'importe quelle législation.
- Le don est-il anonyme ? La tendance mondiale va vers la levée de l'anonymat à la majorité de l'enfant. Une dizaine de pays l'ont déjà fait, d'autres maintiennent l'anonymat strict.
- Le don est-il rémunéré ? La plupart des systèmes européens l'interdisent et ne remboursent que les frais ; d'autres pays admettent une compensation, et les États-Unis un véritable marché.
- Qui a accès aux dons ? Couples hétérosexuels seulement, couples de femmes, femmes seules : c'est la ligne de fracture principale, et la cause première du tourisme procréatif.
- Combien de familles par donneur ? Les plafonds vont de 1 à 25 selon les pays, et ce chiffre devient déterminant depuis que les tests ADN grand public permettent aux enfants de se retrouver entre eux.
Les conditions concrètes pour donner — âge, examens, indemnisation, délais, où s'adresser — ainsi que les principaux centres de chaque pays sont détaillés dans les fiches pays ci-dessous.
La conservation des embryons
Une FIV produit souvent plusieurs embryons ; ceux qui ne sont pas transférés sont congelés par vitrification, une technique qui n'altère pratiquement pas leurs chances. La durée de conservation autorisée va de cinq ans à plusieurs décennies selon les pays, avec une consultation annuelle du couple. Trois destins possibles en fin de parcours : transfert ultérieur, don à un autre couple, don à la recherche ou arrêt de conservation. C'est une décision que presque personne n'anticipe et qui, lorsqu'un couple se sépare, devient un contentieux : partout, le transfert exige le consentement maintenu des deux personnes.
Ce que le parcours fait à un couple
Les études convergent : l'épuisement psychologique, et non l'échec médical, est la première cause d'abandon d'un parcours de PMA. Le rythme des traitements — rendez-vous matinaux, injections quotidiennes, attentes de résultats — s'installe dans la vie de couple et la réorganise entièrement. Deux choses aident réellement : fixer à l'avance, à froid, le nombre de tentatives que l'on est prêt à faire, et ne pas laisser un seul des deux porter l'organisation. Le soutien psychologique est proposé dans la plupart des centres ; il est très largement sous-utilisé.
Gestation pour autrui
La gestation pour autrui n'est pas une technique de PMA parmi d'autres : elle pose une question de filiation, pas de médecine. Elle est traitée séparément dans la page consacrée à la gestation pour autrui.
Les couples de femmes et les couples d'hommes
L'accès à l'assistance médicale à la procréation est, de tous les sujets traités ici, celui où l'écart entre pays est le plus brutal. Trois régimes coexistent.
- L'accès ouvert : la loi vise « toute personne » ou « tout couple », sans condition d'orientation ni de statut conjugal. Les couples de femmes accèdent alors à l'insémination avec donneur et à la fécondation in vitro dans les mêmes conditions que les autres, et la seconde mère est en général reconnue dès la naissance par une déclaration faite avant la conception.
- L'accès réservé à l'infertilité médicale : la loi n'exclut pas explicitement les couples de femmes, mais elle exige un diagnostic d'infertilité pathologique, condition qu'un couple de femmes ne remplit jamais. Le résultat est une exclusion de fait.
- L'exclusion expresse : la loi réserve la procréation assistée aux couples formés d'un homme et d'une femme, parfois mariés. C'est encore le régime majoritaire dans le monde.
Pour les couples d'hommes, la voie de la procréation biologique passe nécessairement par une gestation pour autrui, interdite dans un grand nombre de pays et strictement encadrée dans les autres ; la page qui lui est consacrée détaille où elle est possible et ce qu'il advient de la filiation au retour.
Quatre points pratiques reviennent systématiquement : le nombre de tentatives prises en charge, souvent calculé pour un couple hétérosexuel ; la limite d'âge ; l'anonymat ou non du don, qui détermine ce que l'enfant pourra savoir à sa majorité ; et le sort des embryons conservés en cas de séparation du couple. Chacun de ces points relève du droit national : la fiche de chaque pays les précise.
Le droit pays par pays
Le cadre juridique, les démarches, les délais et les coûts diffèrent d'un pays à l'autre. Chaque pays ci-dessous dispose d'une fiche détaillée : textes applicables, faits marquants, démarches réelles, coûts, adresses utiles et pièges à éviter.
Cliquez sur un pays pour ouvrir sa fiche détaillée.
