Assistance médicale à la procréation — Maroc

La loi 47-14 de 2019 a doté le Maroc d'un cadre clair : PMA réservée aux couples mariés, don de gamètes et gestation pour autrui interdits.

Carte de situation — Maroc — Assistance médicale à la procréation
Maroc. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Le cadre légal

La loi n° 47-14 relative à l'assistance médicale à la procréation, promulguée en 2019, réserve l'AMP aux couples mariés vivants, avec le consentement écrit des deux époux, et impose que les gamètes proviennent exclusivement du couple. Le don de sperme, le don d'ovocytes, le don d'embryons et la gestation pour autrui sont interdits et pénalement sanctionnés. Les embryons surnuméraires peuvent être conservés au bénéfice du seul couple, et leur transfert cesse en cas de décès ou de divorce.

L'interdiction du don découle directement de la règle de droit musulman sur la filiation : un enfant ne peut être rattaché qu'à ses parents biologiques dans le cadre du mariage. C'est la même logique qui interdit l'adoption créatrice de filiation, ce qui laisse les couples infertiles sans solution lorsque leurs propres gamètes ne sont pas utilisables.

L'activité est presque entièrement privée et concentrée dans les grandes villes. Le Maroc est devenu une destination régionale pour des patients d'Afrique de l'Ouest et du Golfe, attirés par le niveau technique et par des tarifs inférieurs à ceux de l'Europe.

L'exigence du mariage exclut les femmes seules et les couples non mariés, et la fin du projet parental en cas de divorce ou de décès signifie que des embryons conservés ne pourront plus être transférés — une situation que peu de couples anticipent au moment de signer.

Couples de même sexe : l'accès à l'assistance médicale à la procréation est réservé aux couples mariés d'un homme et d'une femme.

Les points clés

TexteLoi n° 47-14 relative à l'assistance médicale à la procréation (2019)
AccèsCouples mariés uniquement, des deux vivants, avec consentement écrit
GamètesExclusivement celles du couple ; tout don est interdit
GPAInterdite et pénalement sanctionnée
EmbryonsConservation au bénéfice du couple ; fin du projet en cas de divorce ou de décès
AutorisationÉtablissements autorisés par le ministère de la Santé

En pratique

Coût et prise en charge

Un cycle de FIV ou d'ICSI coûte de 25 000 à 45 000 dirhams selon l'établissement, médicaments en sus, soit 8 000 à 15 000 dirhams supplémentaires. Il n'y a pas de prise en charge par l'AMO pour la FIV ; certaines assurances privées et mutuelles participent partiellement. Le coût total place l'AMP hors de portée d'une grande partie de la population.

Évolutions récentes

La loi 47-14 a mis fin à une période de vide juridique pendant laquelle les centres fonctionnaient sans cadre légal explicite ; elle a aussi fermé la porte au don de gamètes, que certains praticiens pratiquaient de fait.

Où s'adresser

À savoir

Le don de gamètes étant interdit, les couples ayant besoin d'un don se rendent en Espagne, en Tunisie ou en Grèce ; la filiation de l'enfant né d'un don à l'étranger n'est pas sécurisée au regard du droit marocain.

Questions fréquentes

Le don de sperme ou d'ovocytes est-il autorisé au Maroc ?

Non. La loi 47-14 impose que les gamètes proviennent exclusivement du couple marié ; tout don est interdit et sanctionné.

Une femme seule peut-elle faire une PMA ?

Non. L'accès est réservé aux couples mariés dont les deux membres sont vivants et consentants.

Combien coûte une FIV au Maroc ?

De 25 000 à 45 000 dirhams par cycle selon l'établissement, auxquels s'ajoutent les médicaments.

Que deviennent les embryons en cas de divorce ?

Le projet parental prend fin : ils ne peuvent plus être transférés, la loi exigeant le consentement maintenu des deux époux.

Où sont les centres ?

Principalement à Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès et Tanger, dans des cliniques privées autorisées par le ministère de la Santé.

Sources et liens officiels

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