Le cadre légal
Le Mali n'a pas de loi spécifique sur l'assistance médicale à la procréation. Le bilan d'infertilité est réalisé dans les structures publiques et privées de Bamako, et quelques établissements proposent des inséminations et, plus ponctuellement, des cycles de FIV. Le don de gamètes n'est pas organisé, et la sensibilité religieuse majoritaire s'y oppose comme dans le reste du Sahel.
L'approvisionnement en gonadotrophines est un obstacle concret et peu évoqué : un protocole interrompu faute de produit est un cycle perdu et payé. Il faut s'assurer que la totalité du traitement est disponible avant la première injection.
Les atteintes tubaires, séquelles d'infections et de complications obstétricales, dominent chez la femme. Chez l'homme, les anomalies du sperme sont fréquentes ; l'ICSI y répond, mais elle suppose un laboratoire performant.
La question du don est d'emblée écartée par la plupart des familles pour des raisons religieuses. Cela laisse sans solution les couples présentant une azoospermie non traitable ou une insuffisance ovarienne, et il est important de le dire clairement plutôt que de laisser espérer.
Couples de même sexe : l'offre de procréation assistée s'adresse aux couples mariés d'un homme et d'une femme.
Les points clés
| Cadre | Pas de loi dédiée ; droit médical général |
|---|---|
| Offre | Inséminations à Bamako ; FIV ponctuelle et dépendante d'équipes extérieures |
| Don | Non organisé ; opposition de principe dans le cadre religieux majoritaire |
| Prise en charge | Aucune |
| Bilan | Disponible au CHU Gabriel Touré, au CHU du Point G et dans les laboratoires privés |
| Alternative | Abidjan, Dakar, Maroc et Tunisie |
En pratique
- Réaliser un bilan du couple, spermogramme inclus, dans un laboratoire fiable de Bamako.
- Traiter les causes curables, notamment les séquelles d'infections génitales et les troubles de l'ovulation.
- Envisager d'abord la stimulation simple et l'insémination, moins coûteuses, lorsque les trompes sont perméables.
- Pour une FIV, comparer l'offre locale et les centres d'Abidjan, de Dakar ou du Maghreb.
- Prévoir la totalité du financement avant de commencer un protocole.
Coût et prise en charge
Une insémination coûte de 150 000 à 400 000 francs CFA. Un cycle de FIV, sur place quand il est possible, revient à 2,5 à 4,5 millions de francs CFA ; à l'étranger, séjour compris, il faut compter davantage. Aucune prise en charge n'existe.
Évolutions récentes
La situation sécuritaire et les difficultés d'approvisionnement en médicaments de stimulation compliquent la continuité des protocoles, qui ne supportent pas les interruptions.
Où s'adresser
- CHU Gabriel Touré et CHU du Point G, Bamako, pour le bilan et les explorations
- Cliniques privées de Bamako proposant une activité de médecine de la reproduction
- Laboratoires d'analyses agréés de Bamako
- Ministère de la Santé et du Développement social, pour les autorisations
- Centres d'Abidjan, de Dakar, de Casablanca et de Tunis, fréquemment utilisés
À savoir
Vérifier qu'un embryologiste sera effectivement présent : plusieurs structures annoncent la FIV sans disposer d'un laboratoire permanent.
Questions fréquentes
Peut-on faire une FIV au Mali ?
L'offre est limitée et discontinue. Les inséminations sont réalisables à Bamako ; pour une FIV, beaucoup de couples se rendent à Abidjan, Dakar ou au Maghreb.
Combien coûte une insémination ?
De 150 000 à 400 000 francs CFA selon la structure et le protocole.
Le don de gamètes est-il possible ?
Il n'est pas organisé et se heurte à une opposition de principe dans le cadre religieux majoritaire.
Que vérifier avant un protocole ?
La disponibilité complète des médicaments de stimulation et la présence effective d'un embryologiste le jour de la ponction.
Où faire le bilan ?
Au CHU Gabriel Touré, au CHU du Point G ou dans un laboratoire privé fiable de Bamako.
Sources et liens officiels
- Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme — traités ratifiés et examens périodiques par pays
- Base de données législative de l'OIT — textes nationaux en droit social et familial
