Rwanda : âge du consentement et violences conjugales

Violences, consentement et infractions sexuelles au Rwanda : le Code pénal punit de trois à cinq ans la violence sexuelle contre l'époux (art. 137) (Code pénal, 2018) et qualifie de viol sur enfant tout acte sexuel sur une personne de moins de 18 ans, désormais imprescriptible (art. 133, réécrit en 2023) (Loi n° 059/2023). L'enquête démographique et de santé de 2025 a relevé que 39 % des femmes ayant déjà eu un partenaire avaient subi des violences émotionnelles, physiques ou sexuelles de la part du partenaire actuel ou du plus récent ; le 3512 est la ligne du Rwanda Investigation Bureau pour signaler les violences basées sur le genre et le 116 sa ligne pour les violences faites aux enfants.

Illustration : Violences, consentement et infractions sexuelles
Carte de situation — Rwanda
Rwanda. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Consentement et majorité sexuelle

Consentement, viol et infractions sexuelles au Rwanda : la loi n° 68/2018 du 30/08/2018 déterminant les infractions et les peines en général (le Code pénal) définit l'enfant comme toute personne de moins de 18 ans (art. 2(8)) (Code pénal, 2018) et fonde le viol sur enfant sur cette définition, non sur le consentement de la victime (art. 133). Le viol d'une personne de 18 ans ou plus est une infraction distincte, prévue à l'art. 134 : elle existe lorsqu'un acte sexuel est imposé sans consentement par la force, la menace, la ruse, l'autorité exercée sur la victime ou l'exploitation de sa vulnérabilité (Code pénal, 2018) ; l'art. 135 punit l'attentat à la pudeur et l'art. 149 le harcèlement sexuel. L'article 133 a été réécrit deux fois, par l'art. 4 de la loi n° 69/2019 (Journal officiel du 29/11/2019) (Loi n° 69/2019) puis par l'art. 14 de la loi n° 059/2023 (Journal officiel du 05/12/2023) : la version citée ci-dessous est celle de 2023, sauf autre date indiquée.

Le texte de 2023 de l'art. 133 fixe de 20 à 25 ans d'emprisonnement pour chacun des actes sexuels énumérés commis sur un enfant (Loi n° 059/2023) ; l'emprisonnement à perpétuité lorsque l'enfant a moins de 14 ans, lorsqu'un enfant de 14 ans ou plus reste atteint d'une maladie incurable ou d'une infirmité, et lorsqu'un adulte commet l'infraction puis fait ensuite de l'enfant son époux ou son épouse (Loi n° 059/2023). Un enfant de 14 ans à moins de 18 ans qui commet l'infraction sur un enfant de la même tranche d'âge par la violence, la menace, la ruse, l'abus de la faiblesse de la victime ou l'administration de substances psychoactives est puni selon l'art. 54, qui prévoit de 10 à 15 ans là où un adulte encourrait la perpétuité et, dans les autres cas, au plus la moitié de la peine applicable à l'adulte. L'original de 2018 ajoutait qu'aucune peine n'était prononcée lorsque l'acte avait eu lieu entre enfants d'au moins 14 ans sans violence ni menace (Code pénal, 2018) ; les réécritures de 2019 et de 2023 ne contiennent plus cette phrase. Depuis 2023, « l'infraction de viol sur enfant est imprescriptible » (art. 133(7)) (Loi n° 059/2023).

Pour le viol d'un adulte, l'art. 134 prévoit de 10 à 15 ans et une amende de 1 000 000 à 2 000 000 FRW (Code pénal, 2018). La peine monte à plus de 15 ans et moins de 20 ans, avec la même amende, lorsque la victime a plus de 65 ans ou souffre d'un handicap ou d'une maladie qui l'empêche de se défendre (Code pénal, 2018) ; à plus de 20 ans et jusqu'à 25 ans, avec une amende de 500 000 à 1 000 000 FRW, lorsque la victime reste atteinte d'une maladie incurable ou d'un handicap ; et à l'emprisonnement à perpétuité lorsque plusieurs personnes le commettent, lorsque la victime meurt, lorsqu'elle est un parent jusqu'au deuxième degré, ou lorsque le viol a été commis pour lui transmettre une maladie incurable.

Les infractions moindres sont punies séparément. L'attentat à la pudeur sans consentement est puni d'un à deux ans et de 100 000 à 300 000 FRW, ou de deux à trois ans et de 500 000 à 1 000 000 FRW lorsqu'il est commis en public, et les deux peines sont doublées lorsque l'auteur est un descendant ou un ascendant de la victime, un supérieur, un enseignant, un agent public, un représentant de l'administration ou un ministre du culte qui abuse de sa fonction, ou un médecin ou un agent de santé agissant contre une personne dont il a la charge, ou lorsqu'il s'est fait assister dans l'exécution de l'infraction par une ou plusieurs personnes ou a fait usage de force ou de menaces (art. 135) (Code pénal, 2018). Le harcèlement sexuel, défini comme des propos ou comportements répétés à connotation sexuelle qui portent atteinte à la dignité de la personne ou créent une situation intimidante ou hostile, est puni de six mois à un an et de 100 000 à 200 000 FRW (Code pénal, 2018), et l'employeur ou le supérieur qui se sert de sa position encourt un à deux ans et 200 000 à 300 000 FRW (art. 149) (Code pénal, 2018). En ligne, l'art. 35 de la loi n° 60/2018 punit le cyber-harcèlement de six mois à deux ans, mais seulement sur plainte de la personne offensée (Loi n° 60/2018), et l'art. 34(2) punit de trois à cinq ans le fait de solliciter un enfant par un système informatique pour le rencontrer à des fins sexuelles (Loi n° 60/2018).

Le mariage ne supprime pas la protection. L'article 137 (« violence sexuelle contre l'époux ») punit de trois à cinq ans la personne qui commet « une violence physique de caractère sexuel contre son époux », et l'art. 5 de la loi n° 59/2008 portant prévention et répression de la violence basée sur le genre (article intitulé « Viol conjugal ») dispose que les époux ont des droits égaux en matière de relations sexuelles, de santé de la reproduction et de planification familiale, et qu'il est interdit d'avoir des relations sexuelles avec son conjoint sans son consentement (Loi n° 59/2008). L'article 17 de la Constitution veut que nul ne contracte le mariage « que de son libre et plein consentement » (Constitution, JO 2015), et l'art. 146 du Code pénal punit d'un à deux ans et de 200 000 à 300 000 FRW quiconque participe à contraindre deux personnes à cohabiter (Code pénal, 2018). En 2018, le Comité des droits de l'homme des Nations unies a noté que le Rwanda lui avait indiqué que le Code pénal en préparation appliquerait les mêmes peines à tous les auteurs de viol (Comité DH de l'ONU, 2018).

Les règles de fixation de la peine ont changé en 2023 : selon l'art. 60 tel que modifié par la loi n° 059/2023, le juge qui retient des circonstances atténuantes peut ramener une peine perpétuelle à pas moins de 15 ans et une peine à temps d'au moins six mois à pas moins de la moitié de la peine minimale (Loi n° 059/2023). Les textes de 2018 et de 2019 de l'art. 133 disaient que l'emprisonnement à perpétuité pour le viol sur un enfant de moins de 14 ans « ne peut être réduit par aucune circonstance atténuante » (texte français de 2019) ; le texte de 2023 dit seulement « emprisonnement à perpétuité ».

Les points clés

Viol sur enfant (tout acte sexuel sur une personne de moins de 18 ans)20 à 25 ans (Code pénal art. 133(2), loi n° 059/2023)
Enfant de moins de 14 ansEmprisonnement à perpétuité (art. 133(3))
Délai de prescription du viol sur enfantAucun : imprescriptible (art. 133(7))
Viol d'un adulte10 à 15 ans et une amende de 1 à 2 millions de FRW (art. 134)
Attentat à la pudeur1 à 2 ans et 100 000 à 300 000 FRW ; peines doublées pour les positions aggravantes énumérées à l'art. 135
Harcèlement sexuel6 mois à 1 an et 100 000 à 200 000 FRW ; employeur ou supérieur : 1 à 2 ans et 200 000 à 300 000 FRW (art. 149)
Violence sexuelle contre l'époux3 à 5 ans (art. 137)
Contraindre un couple à cohabiter1 à 2 ans et 200 000 à 300 000 FRW (art. 146)
Relations sexuelles avec un conjoint sans son consentementInterdites (loi n° 59/2008 art. 5)

En pratique

  • Signaler les faits au Rwanda Investigation Bureau : le 166 reçoit les appels d'urgence et les renseignements sur les infractions (RIB), le 3512 est la ligne pour signaler les violences domestiques et les violences basées sur le genre, et la page d'accueil du RIB propose un bouton « Report a case » vers son portail en ligne.
  • Pour les soins médicaux et la conservation des preuves médico-légales, se rendre dans un Isange One Stop Centre (centre à guichet unique ; ligne du RIB 3029) : selon les conseils du gouvernement britannique de février 2025, le centre de l'hôpital de la police de Kacyiru est gratuit et ouvert 24 heures sur 24 (FCDO, 2025), les preuves se conservent mieux si l'on signale tôt les faits (FCDO, 2025), et il n'est pas nécessaire de saisir la police pour recevoir des soins médicaux (FCDO, 2025).
  • Lorsque la victime est un enfant, appeler le 116, que le RIB indique comme la ligne pour signaler les violences faites aux enfants (RIB).
  • Pour le cyber-harcèlement, déposer soi-même plainte : l'art. 35 de la loi n° 60/2018 prévoit que les poursuites ne sont engagées que sur plainte de la personne offensée.

Où s'adresser

  • Rwanda Investigation Bureau, siège KN5 Rd, Kamukina, Kigali (B.P. 137) : lignes 166, 3512, 116 et 3029 ; ouvert du lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 00 (RIB), les lignes d'urgence étant indiquées comme disponibles 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 le week-end et les jours fériés.
  • Isange One Stop Centres : 48 centres dans tout le pays selon le Ministère du Genre et de la Promotion de la famille (MIGEPROF), rattachés à des hôpitaux.
  • Gender Monitoring Office, KN 5 Rd 12, Gishushu, Kigali : ligne gratuite 5798 et formulaire de plainte en ligne pour les violences basées sur le genre.

À savoir

Le nombre 14 de l'art. 133 est un seuil de peine, non un âge de consentement : l'infraction couvre toute personne de moins de 18 ans (art. 2(8)), la peine devient la perpétuité lorsque l'enfant a moins de 14 ans, et l'art. 54 régit les jeunes auteurs de 14 ans à moins de 18 ans.

Questions fréquentes

Quel est l'âge du consentement au Rwanda ?

L'expression « âge du consentement » n'apparaît nulle part dans le Code pénal de 2018 ni dans ses modifications de 2019 et de 2023 : l'art. 133 punit les actes sexuels sur un « enfant », défini comme une personne de moins de 18 ans (art. 2(8)), de 20 à 25 ans, et de l'emprisonnement à perpétuité si l'enfant a moins de 14 ans.

Un mari ou une épouse peut-il être poursuivi pour violences sexuelles contre son conjoint ?

Oui : l'art. 137 du Code pénal punit de trois à cinq ans la violence sexuelle contre l'époux, et l'art. 5 de la loi n° 59/2008 interdit les relations sexuelles avec son conjoint sans son consentement.

Existe-t-il un délai pour signaler un viol sur enfant ?

Non : l'art. 14 de la loi n° 059/2023 a réécrit l'art. 133 du Code pénal pour y ajouter que « l'infraction de viol sur enfant est imprescriptible » (Loi n° 059/2023).

Sources

L'article général : Consentement et majorité sexuelle · Comparer avec un autre pays

Violences conjugales

Violences conjugales et familiales au Rwanda : la loi n° 59/2008 du 10/09/2008 définit la violence basée sur le genre comme tout acte de caractère physique, psychologique, sexuel et économique (Loi n° 59/2008) exercé contre une personne du fait qu'elle est du genre féminin ou masculin, à la maison ou ailleurs (art. 2(1)), et fait un devoir à chacun de prévenir ces violences et de porter secours à leurs victimes, ou d'appeler à leur secours (art. 10) (Loi n° 59/2008). Le Code pénal de 2018 fournit les peines : l'art. 121 pour les coups et blessures, l'art. 137 pour la violence sexuelle contre l'époux, l'art. 147 pour le harcèlement d'un époux, l'art. 148 pour les violences ou le harcèlement contre un conjoint au sujet de la planification familiale, et l'art. 128 pour les menaces. L'article 334 du Code pénal abroge toutes les dispositions antérieures incompatibles, sans les énumérer ; le Comité des droits de l'homme des Nations unies a consigné en 2018 l'avis de l'État selon lequel l'art. 36 de la loi n° 59/2008, qui punit le refus d'assister la victime ou de témoigner sur la violence, y compris celle qu'on a subie soi-même, avait été implicitement abrogé par le Code pénal de 2012 antérieur (Comité DH de l'ONU, 2018).

L'enquête démographique et de santé du Rwanda de 2025 a mesuré le problème, en utilisant pour la première fois un module de questionnaire révisé qui couvre aussi les femmes jamais mariées qui ont eu un partenaire. Parmi les femmes de 15 à 49 ans, 33 % ont subi des violences physiques depuis l'âge de 15 ans (37 % en 2019-20) et 19 % des violences sexuelles de la part de n'importe quel auteur (23 % en 2019-20), contre 22 % et 5 % des hommes. Parmi les femmes qui ont déjà eu un mari ou un partenaire intime, 39 % ont déclaré des violences émotionnelles, physiques ou sexuelles de la part du partenaire actuel ou du plus récent (33 % émotionnelles, 26 % physiques, 11 % sexuelles ; hommes 23 %), 30 % ont déclaré de telles violences de la part d'un partenaire au cours des 12 mois précédant l'enquête (hommes 17 %), et 54 % ont déclaré au moins un comportement de contrôle. Le rapport ajoute que la part des femmes ayant déjà été mariées qui ont subi des violences physiques, sexuelles ou émotionnelles de la part d'un partenaire est passée de 40 % en 2014-15 à 46 % en 2019-20 et à 48 % en 2025, et que, parmi les femmes ayant subi des violences physiques ou sexuelles d'un partenaire au cours des 12 derniers mois, 43 % ont été blessées. Parmi les femmes qui avaient subi des violences physiques ou sexuelles, 41 % avaient cherché de l'aide pour y mettre fin, 26 % en avaient parlé à quelqu'un sans chercher d'aide et 32 % n'avaient fait ni l'un ni l'autre ; celles qui ont cherché de l'aide se sont d'abord tournées vers leur propre famille (38 %), puis vers la famille du mari ou du partenaire (20 %) et un voisin (14 %).

L'art. 121 du Code pénal, tel que réécrit par l'art. 11 de la loi n° 059/2023, lie la peine à la victime et au préjudice : les blessures ou coups volontaires sont punis de six mois à un an et de 100 000 à 300 000 FRW (Loi n° 059/2023) ; lorsque la victime est un enfant, un parent, un conjoint ou une personne incapable de se protéger en raison de son état physique ou mental, d'un à trois ans et de 300 000 à 500 000 FRW (Loi n° 059/2023) ; en cas de maladie ou d'incapacité de travail non permanente, de trois à cinq ans et de 500 000 à 1 000 000 FRW ; en cas de maladie incurable, d'incapacité permanente, de perte d'un organe ou de mutilation, de cinq à dix ans et de 1 000 000 à 2 000 000 FRW ; en cas de préméditation ou de guet-apens, de cinq à dix ans et de 2 000 000 à 3 000 000 FRW ; et en cas de décès de la victime, de dix à vingt ans et de 3 000 000 à 5 000 000 FRW (Loi n° 059/2023). Au-delà des coups et blessures, l'art. 147 punit d'un à deux ans le fait de harceler un conjoint dans l'intention de l'empêcher de vivre en paix (Code pénal, 2018), l'art. 148 punit de deux à six mois les violences ou le harcèlement contre un conjoint en raison de sa décision de pratiquer la planification familiale (Code pénal, 2018), et l'art. 128 punit d'un à deux ans et de 300 000 à 500 000 FRW les menaces de nuire (Code pénal, 2018).

La loi n° 59/2008 ajoute des conséquences de droit de la famille écrites en 2008 : son art. 6 dit que la violence basée sur le genre est l'une des causes de divorce (Loi n° 59/2008), l'art. 4 interdit de porter atteinte à la tranquillité, aux droits au patrimoine et à l'emploi de son conjoint, et l'art. 19 (« viol conjugal ») prévoyait de six mois à deux ans pour avoir forcé son conjoint à des relations sexuelles (Loi n° 59/2008), peine ensuite dépassée par les trois à cinq ans de l'art. 137 du Code pénal de 2018. L'article 10 de la loi de 2008 interdit aussi d'user des stupéfiants, des images, des signes, des langages et d'autres moyens visant la violence basée sur le genre.

Les services sont organisés par l'État. Selon le Ministère du Genre et de la Promotion de la famille, il existe 48 Isange One Stop Centres, chacun avec une salle sûre pour les femmes et une pour les hommes, plus quatre refuges sûrs (MIGEPROF), un bureau d'accès à la justice dans chacun des 30 districts avec un agent chargé des affaires de violences basées sur le genre, et 29 674 volontaires « Inshuti z'Umuryango » qui protègent les enfants (MIGEPROF). Dans sa réponse de 2018 aux Nations unies, le Rwanda indiquait que le nombre de centres Isange était passé de 7 en 2013 à 44 en 2017 (Comité DH de l'ONU, 2018), tous dans des hôpitaux de district, offrant un hébergement sûr, des conseils médicaux et psychosociaux et une aide médico-légale à toute heure. Le Comité a néanmoins regretté que le Rwanda n'ait pas pris de mesures pour garantir la délivrance d'ordonnances de protection (Comité DH de l'ONU, 2018) et a relevé un écart important entre les affaires reçues par le parquet national et celles portées devant les tribunaux.

Les points clés

Coups et blessures volontaires sur un conjoint, un enfant ou un parent1 à 3 ans et 300 000 à 500 000 FRW (Code pénal art. 121(2), loi n° 059/2023)
Coups et blessures causant une maladie ou une incapacité de travail non permanente3 à 5 ans et 500 000 à 1 000 000 FRW (art. 121(3))
Violences sexuelles dans le mariage : Code pénal3 à 5 ans pour la violence sexuelle contre l'époux (art. 137, inchangé par les modifications de 2019 et de 2023)
Harcèlement d'un conjoint1 à 2 ans (art. 147)
Violences ou harcèlement au sujet de la planification familiale du conjoint2 à 6 mois (art. 148)
Menaces de nuire1 à 2 ans et 300 000 à 500 000 FRW (art. 128)
Violences du partenaire actuel ou du plus récent, au cours de la vie (femmes / hommes ayant eu un partenaire)39 % / 23 % (EDS du Rwanda 2025)
Violences d'un partenaire au cours des 12 derniers mois (femmes / hommes)30 % / 17 % (EDS du Rwanda 2025)
Femmes ayant subi des violences physiques ou sexuelles et ayant cherché de l'aide41 % ; 32 % n'ont ni cherché d'aide ni parlé à personne (EDS du Rwanda 2025)

En pratique

  • Composer le 3512, la ligne du Rwanda Investigation Bureau pour signaler les violences domestiques et les violences basées sur le genre, ou le 166 en cas d'urgence ; la ligne des Isange One Stop Centres est le 3029.
  • Se rendre dans un Isange One Stop Centre, dans un hôpital de district, pour obtenir au même endroit des soins médicaux, un accompagnement et un rapport médico-légal ; selon le Ministère, chaque centre dispose de salles sûres séparées pour les femmes et pour les hommes.
  • Utiliser la ligne gratuite 5798 du Gender Monitoring Office ou son formulaire de plainte en ligne pour les violences basées sur le genre pour se plaindre de la manière dont une affaire a été traitée.
  • Demander de l'aide au bureau d'accès à la justice de son district : selon le Ministère, chacun des 30 districts en a un, avec un agent chargé des affaires de violences basées sur le genre (MIGEPROF).

Évolutions récentes

La loi n° 059/2023 du 04/12/2023 (Journal officiel du 05/12/2023) a réécrit l'art. 121 du Code pénal et en a abaissé les peines : dans le texte de 2018, les coups et blessures volontaires étaient punis de trois à cinq ans et de 500 000 à 1 000 000 FRW (Code pénal, 2018), et de plus de cinq ans et jusqu'à huit ans et de 1 000 000 à 2 000 000 FRW lorsque la victime était un enfant, un parent, un conjoint ou une personne incapable de se protéger ; le texte de 2023 prévoit de six mois à un an, et d'un à trois ans pour ces victimes (Loi n° 059/2023). La Commission nationale des droits de la personne a déclaré au Parlement le 30 octobre 2024 qu'elle avait enquêté sur l'effet des violences sexuelles et des violences basées sur le genre sur l'exercice de leurs droits par les mères adolescentes (CNDP, 2024).

Où s'adresser

  • Rwanda Investigation Bureau : 3512 (violences domestiques et violences basées sur le genre), 166 (urgences et renseignements sur les infractions), 116 (violences faites aux enfants), 3029 (Isange One Stop Centre).
  • Isange One Stop Centres dans les hôpitaux de district (48 selon le Ministère du Genre et de la Promotion de la famille).
  • Gender Monitoring Office, KN 5 Rd 12, Gishushu, Kigali : ligne gratuite 5798 ; info@gmo.gov.rw.
  • Lignes gratuites indiquées par le Ministère : parquet national 3935, Ministère de la Justice 3736, Ministère du Genre et de la Promotion de la famille 9059 (MIGEPROF).

À savoir

Deux peines figurent dans les textes pour la contrainte d'un conjoint à un rapport sexuel : de six mois à deux ans à l'art. 19 de la loi n° 59/2008 (« viol conjugal », 2008) et de trois à cinq ans à l'art. 137 du Code pénal (2018), qui abroge les dispositions incompatibles (art. 334) ; et le Comité des droits de l'homme des Nations unies n'avait pas encore vu, en 2018, d'ordonnances de protection garanties.

Questions fréquentes

Le Rwanda a-t-il une loi sur les violences conjugales ?

Le Rwanda a la loi n° 59/2008 portant prévention et répression de la violence basée sur le genre, que l'État citait encore aux Nations unies en 2018, et le Code pénal de 2018 punit la violence sexuelle contre l'époux (art. 137), le harcèlement d'un époux (art. 147) et les coups et blessures (art. 121).

Quelle est la peine pour avoir battu son conjoint ?

Selon l'art. 121(2) du Code pénal, tel que réécrit en 2023, les blessures ou coups volontaires sur un conjoint sont punis d'un à trois ans et de 300 000 à 500 000 FRW (Loi n° 059/2023), et davantage s'ils causent une maladie, une incapacité permanente ou la mort.

Un tribunal peut-il délivrer une ordonnance de protection ?

Dans son suivi de novembre 2018, le Comité des droits de l'homme des Nations unies a regretté que le Rwanda n'ait pas pris de mesures pour garantir des ordonnances de protection aux victimes (Comité DH de l'ONU, 2018) et a répété sa recommandation ; les lois consultées pour cette page ne prévoient pas une telle ordonnance.

Sources

L'article général : Violences conjugales · Comparer avec un autre pays

Sources

Consentement et majorité sexuelle

  1. Law nº 68/2018 of 30/08/2018 determining offences and penalties in general (Official Gazette nº Special of 27/09/2018) — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), base FAOLEX, 2018 (en anglais) : Code pénal rwandais publié en 2018 (texte trilingue) : définitions, infractions et peines citées
  2. Law nº 69/2019 of 08/11/2019 amending Law nº 68/2018 determining offences and penalties in general — Ministère de la Justice du Rwanda (MINIJUST), Journal officiel, 2019 (en anglais) : modification de 2019 du Code pénal : adultère, viol sur enfant, avortement
  3. Law nº 059/2023 of 04/12/2023 amending Law nº 68/2018 determining offences and penalties in general (Official Gazette nº Special of 05/12/2023) — Journal officiel du Rwanda (archive Gazettes.Africa), 2023 (en anglais) : modification de 2023 du Code pénal : art. 60, 121, 123, 133 (imprescriptibilité), 117 réécrits
  4. Law nº 60/2018 of 22/08/2018 on prevention and punishment of cyber crimes (Official Gazette nº Special of 25/09/2018) — Journal officiel du Rwanda (archive Gazettes.Africa), 2018 (en anglais) : loi sur la cybercriminalité : cyber-harcèlement, sollicitation d'enfants, fausses informations, accès illégal
  5. Law nº 59/2008 of 10/09/2008 on prevention and punishment of gender-based violence — Journal officiel du Rwanda (copie Laws.Africa), 2008 (en anglais) : loi sur la violence basée sur le genre : viol conjugal, droits de la femme enceinte et de l'élève, peines
  6. Constitution de la République du Rwanda de 2003 révisée en 2015 (Journal officiel n° spécial du 24/12/2015, texte trilingue) — Journal officiel du Rwanda (copie policinglaw.info), 2015 : texte officiel français de la Constitution : citations entre guillemets
  7. Human Rights Committee — follow-up letter on the concluding observations on Rwanda (CCPR/C/RWA/CO/4), November 2018 — Comité des droits de l'homme des Nations unies (copie CCPR Centre), 2018 (en anglais) : réponse du Rwanda : peines identiques pour tous les viols, centres Isange passés de 7 à 44 ; ordonnances de protection
  8. Contact us — Rwanda Investigation Bureau — Rwanda Investigation Bureau (RIB), consulté en 2026 (en anglais) : lignes 166, 3512 (violences basées sur le genre), 116 (enfants), 3029 (Isange), siège et horaires
  9. Rwanda: information for victims of rape and sexual assault — Ministère britannique des Affaires étrangères (FCDO), 2025 (en anglais) : enquête du RIB, passeport, poursuite automatique du viol, centre Isange de Kacyiru gratuit 24 h/24, PEP sous 72 heures

Violences conjugales

  1. Family promotion and child right protection — Ministère du Genre et de la Promotion de la famille du Rwanda (MIGEPROF), consulté en 2026 (en anglais) : 48 Isange One Stop Centres, bureaux d'accès à la justice dans les 30 districts, lignes gratuites, loi n° 71/2024
  2. The Commission presented its annual report before the Parliament — Commission nationale des droits de la personne du Rwanda (CNDP), 2024 (en anglais) : rapport du 30 octobre 2024 : 573 plaintes examinées, 432 résolues ; enquête sur les mères adolescentes

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