Violences, consentement et infractions sexuelles — Haïti

Consentement et majorité sexuelle. Viol puni comme un crime depuis le décret de 2005, mais sans définition légale du consentement ni répression du viol conjugal tant que le nouveau Code pénal n'est pas en vigueur.

Illustration : Violences, consentement et infractions sexuelles
Carte de situation — Haïti
Haïti. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Consentement et majorité sexuelle

Le décret du 6 juillet 2005, publié au Moniteur le 11 août 2005, a fait du viol un crime, puni d'au moins dix ans de travaux forcés et plus lourdement lorsque la victime est un enfant (article 279 du Code pénal) ; mais le Code pénal de 1835 ne définit ni le viol ni le consentement et ne réprime pas le viol conjugal. Le nouveau Code pénal, dont la version de 2020 définit le viol par le défaut de consentement et vise l'agression sexuelle entre conjoints, a été promulgué par décret en 2020 puis dans une version modifiée en 2025, mais son entrée en vigueur, reportée le 24 décembre 2025, est désormais annoncée pour janvier 2027. S'y ajoutent les obstacles pratiques : preuves médicales difficiles à obtenir, arrangements familiaux, éloignement des juridictions.

Les points clés

MineursPeine du viol aggravée lorsque la victime est un enfant (article 279 du Code pénal, décret de 2005)
Autorité, enseignant, membre de la familleCirconstances aggravantes
Mariage précocePrincipal facteur d'exposition : il fait sortir de fait les jeunes filles du champ de la protection
Viol conjugalNon réprimé par le Code pénal de 1835 ; visé par la version de 2020 du nouveau Code pénal, pas encore en vigueur
Certificat médicalExigé en pratique, parfois payant, ce qui constitue un obstacle réel
Délai de 72 heuresDétermine l'accès à la prophylaxie contre le VIH et la qualité des prélèvements
Gratuité du certificatSouvent obtenue par l'intermédiaire d'une association
Brigade de protection des mineursUnité de la Police nationale d'Haïti présente dans les dix départements, avec une ligne d'appel gratuite
Guichets uniquesCentres réunissant santé, police et accompagnement juridique, en développement

En pratique

  • Déposer plainte à la Police nationale d'Haïti ; pour une victime mineure, s'adresser à sa Brigade de protection des mineurs (BPM).

Évolutions récentes

Fin décembre 2025, les autorités de transition ont reporté l'entrée en vigueur du nouveau Code pénal, promulgué dans sa version modifiée le 25 juin 2025 ; le programme national de mise en œuvre, lancé en juillet 2026, l'annonce pour janvier 2027 ; la loi sur les violences faites aux femmes préparée avec le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes n'a jamais été adoptée.

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Violences conjugales

Malgré des textes en évolution, les associations et les structures de santé assurent l'essentiel de la prise en charge.

Le décret de 2005 a supprimé les discriminations pénales entre époux ; la prise en charge repose largement sur les organisations de défense des droits des femmes et les structures de santé soutenues par les acteurs humanitaires.

Les points clés

PlaintePolice nationale d'Haïti, ou unités spécialisées là où elles existent
Certificat médicalPièce déterminante ; à obtenir le plus tôt possible
Mesures de protectionAucune loi sur les violences conjugales, donc pas d'ordonnance de protection spécifique
HébergementPlaces limitées, assurées principalement par les associations
EnfantsLes services sociaux ou le juge des enfants peuvent être saisis
Point d'entrée le plus efficaceLe centre de santé, puis l'association : la police vient souvent ensuite
Délai de 72 heuresConstat des lésions et prophylaxie contre le VIH

Évolutions récentes

Haïti a ratifié la Convention interaméricaine de Belém do Pará sur la violence contre les femmes, mais la loi sur les violences faites aux femmes préparée avec le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes n'a jamais été adoptée, et le nouveau Code pénal, qui réprime le harcèlement sexuel, n'est pas entré en vigueur.

Où s'adresser

  • Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) et cliniques juridiques.
  • Institut du bien-être social et de recherches (IBESR), pour la protection des enfants.

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Mutilations génitales féminines

Aucune donnée n'atteste cette pratique, qui ne concerne éventuellement que des familles originaires d'autres régions.

L'excision n'est pas une pratique haïtienne et le droit pénal ne la mentionne pas ; les faits relèveraient des coups et blessures volontaires. Le sujet se pose pour la diaspora, très nombreuse aux États-Unis, au Canada et en France, où la loi du pays de résidence poursuit les faits même commis à l'étranger — c'est cette règle-là qui compte pour une famille haïtienne installée ailleurs.

Les points clés

PrévalenceNon documentée dans la population
Infraction spécifiqueAucune ; les faits relèvent des violences aggravées
MineuresProtection assurée par les dispositions sur les violences sur mineurs
SignalementAuprès de la police et des services de protection de l'enfance
Prise en chargeSuivi gynécologique dans les structures publiques

Questions fréquentes

La loi haïtienne s'applique-t-elle si la famille vit à l'étranger ?

Le droit du pays de résidence s'applique en premier lieu, et en France, au Canada, en Belgique ou aux États-Unis il poursuit la mutilation même commise à l'étranger et même si elle y est licite. Pour une famille haïtienne installée dans l'un de ces pays, c'est la règle déterminante.

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Infractions sexuelles commises à l’étranger

Qu'il s'agisse de la loi locale ou de celle de l'État d'origine de l'auteur, les deux peuvent servir de base aux poursuites.

Le code pénal réprime les atteintes sexuelles sur mineur, dans un contexte judiciaire très contraint.

Les points clés

Loi localeAtteintes sexuelles sur mineur et exploitation réprimées
Loi du pays d'origineApplicable en parallèle pour les ressortissants et résidents
Double incriminationNon exigée par les principaux pays d'origine pour les faits sur mineur
CoopérationTransmission d'informations entre autorités, via Interpol notamment
Signalement sur placePolice nationale d'Haïti et sa Brigade de protection des mineurs (BPM)
Signalement au retourAuprès des autorités du pays d'origine, même des mois après
TémoinsPersonnel hôtelier, guides et voyageurs sont à l'origine de nombreuses procédures

Où s'adresser

  • Police nationale d'Haïti et sa Brigade de protection des mineurs (BPM).

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