Afrique du Sud : mariage, divorce, héritage et avortement

La Constitution sud-africaine protège l’égalité, la dignité et l’intégrité corporelle, et donne aux tribunaux le pouvoir de faire respecter les droits. Les organismes publics de traitement des plaintes, l’aide juridictionnelle et les mécanismes régionaux offrent chacun une voie de recours différente, avec ses propres conditions et limites pratiques, dont il faut tenir compte pour choisir où demander de l’aide.

Le pays en deux mots

Carte de situation — Afrique du Sud
Afrique du Sud. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

L’Afrique du Sud occupe la pointe australe du continent africain. (Géographie) Sa Constitution est la norme suprême et protège notamment l’égalité, la dignité et la vie privée. (Constitution) (Droits fondamentaux) Ces garanties forment le cadre commun pour lire les fiches sur la famille, la santé et la protection des personnes.

Pour les couples, il est essentiel d’identifier le régime applicable : les mariages civils et coutumiers, par exemple, relèvent de règles distinctes. (Régimes du mariage) La loi sur la reconnaissance des mariages coutumiers traite de leur validité, de leur enregistrement, de leurs effets patrimoniaux et de leur dissolution. (Reconnaissance des mariages coutumiers) Les tribunaux appliquent le droit coutumier lorsqu’il est pertinent, sous réserve de la Constitution et des lois qui le concernent spécifiquement. (Constitution, art. 211(3)) Les démarches concrètes sont donc à vérifier thème par thème, selon la situation du foyer.

Le droit du pays, domaine par domaine

Mariage, union et divorce

Mariage · Unions et concubinage · Mariage entre personnes de même sexe · Cérémonie religieuse · Coutumes et cérémonies du mariage · Régimes matrimoniaux et succession · Divorce

Enfants, famille et succession

Nom et prénom · Adoption · Assistance médicale à la procréation · Garde et autorité parentale · Famille recomposée · La succession · Accueil des jeunes enfants

Contraception, avortement, sexualité et drogues

Contraception · Avortement · Parents : la première fois de son ado · Orientations sexuelles · Drogues et stupéfiants · Alcool et tabac

Violences, consentement et infractions sexuelles

Consentement et majorité sexuelle · Violences conjugales · Mutilations génitales féminines · Infractions sexuelles commises à l’étranger

Internet : vie privée, image, données et arnaques

Protection des données · Vie privée · Droit à l'image · Expression et harcèlement en ligne · Droit d'auteur · Usurpation d'identité · Achats en ligne · Arnaques sentimentales

Santé : grossesse, IST et soins

Grossesse · Règles et protections périodiques · Sexologie · Santé mentale · Soins dentaires · VIH et sida · Hépatite B · Papillomavirus (HPV)

Mariage, union et divorce

Le droit sud-africain de la famille distingue les mariages civils, les unions civiles sud-africaines, les mariages coutumiers et les partenariats hors mariage. Ces différences influent sur la preuve, sur le patrimoine et sur les conséquences d’une séparation ou d’un décès. Un mariage coutumier n’est pas invalide du seul fait qu’il n’a pas été enregistré. Les partenaires de vie permanents remplissant les conditions légales bénéficient désormais aussi de protections légales en matière de succession et d’entretien du survivant. Mieux vaut donc identifier la relation et son historique que supposer que tous les couples relèvent d’une règle unique.

Enfants, famille et succession

Le Children’s Act sud-africain distingue la prise en charge quotidienne de l’enfant (care), les relations et contacts (contact), la représentation légale et les pouvoirs de décision (guardianship), l’adoption et la filiation issue d’une procréation médicalement assistée. Aucune de ces notions ne se confond avec l’enregistrement d’un programme d’accueil des jeunes enfants. Des décisions récentes ont également modifié les choix de nom de famille ouverts aux adultes et précisé la répartition des prestations de décès des fonds de pension. Dans une famille recomposée ou non mariée, les questions essentielles sont de savoir qui détient quelles responsabilités légales, ce qui a été formellement organisé et quels documents le prouvent.

Contraception, avortement, sexualité et drogues

Le droit sud-africain pose des règles distinctes pour les soins reproductifs, le consentement des jeunes et les substances réglementées. L’accès à l’avortement dépend du stade de la grossesse et des motifs légaux applicables, et la confidentialité est limitée par les obligations de protection. Il faut distinguer les protections et services existants des projets de réglementation sur le cannabis et du projet de loi sur le tabac, que le Parlement examine encore.

Violences, consentement et infractions sexuelles

Le droit sud-africain traite séparément le consentement, la protection contre les violences domestiques et la protection de l’enfance. Les ordonnances de protection et les services accessibles après une agression sont des voies d’aide différentes, et les poursuites pour des faits commis à l’étranger obéissent à des conditions juridiques précises.

Internet : vie privée, image, données et arnaques

L’Afrique du Sud offre plusieurs voies de recours face aux préjudices en ligne : la loi POPIA pour les renseignements personnels, le droit pénal pour certaines infractions cybernétiques définies, la protection judiciaire contre le harcèlement, ainsi que les procédures de consommation ou bancaires pour les achats et les paiements. La voie à suivre dépend des faits. Les annonces récentes invitent aussi à la prudence : le lancement d’un registre peut précéder l’ouverture de ses fonctions destinées aux consommateurs, une décision de justice sur un projet de loi (Bill) ne le promulgue pas, et un service d’assistance ne garantit aucun remboursement.

Santé : grossesse, IST et soins

Le système de santé sud-africain repose sur des recommandations cliniques nationales, appliquées dans des services publics et privés dont les conditions d’accès et de paiement diffèrent. Le dépistage des infections pendant la grossesse, la prévention du VIH et le dépistage du cancer du col de l’utérus font l’objet de mises à jour, mais l’existence d’un programme national ne veut pas dire que chaque établissement propose déjà toutes les options. Pour choisir ses soins, il faut aussi tenir compte de l’organisation provinciale des services, des règles des régimes d’assurance maladie et de l’inscription des professionnels auprès des organismes compétents.

Droits fondamentaux

La Constitution est la loi suprême. Sa Déclaration des droits s’impose aux autorités publiques. Elle peut aussi s’imposer aux personnes ou organismes privés lorsque la nature du droit et de l’obligation le justifie. L’égalité, la dignité, l’intégrité corporelle et la liberté d’expression font partie des droits qu’elle protège. [ss2,8–12,16]

Les droits sociaux peuvent être invoqués en justice, mais leur formulation compte. Le logement, les soins de santé, une alimentation suffisante et l’eau exigent de l’État des mesures raisonnables, dans la limite des ressources disponibles, en vue de leur réalisation progressive. L’éducation de base bénéficie d’une garantie différente, sans cette même formulation relative à une réalisation progressive. L’enseignement au-delà de l’éducation de base comporte, lui, une exigence d’accès progressif. Les soins médicaux d’urgence ne peuvent pas être refusés. [ss26–29]

Toute personne peut saisir une juridiction compétente pour obtenir une réparation appropriée, notamment dans l’intérêt public ou au nom d’autres personnes selon les règles de qualité pour agir. Expulser une personne de son logement nécessite une décision de justice rendue après examen des circonstances pertinentes. Les droits ne peuvent être limités que dans les conditions prévues par la Constitution, et non simplement parce qu’une autorité juge leur respect contraignant. [ss26(3),36,38]

La Commission sud-africaine des droits de l’homme peut recevoir des plaintes, enquêter et rechercher une réparation appropriée. Selon ses procédures, elle peut aussi orienter une affaire vers une autre instance ou refuser de la traiter. Le Protecteur public traite les comportements irréguliers dans l’administration publique et peut prendre des mesures correctives, mais il ne peut pas réexaminer les décisions de justice. Legal Aid South Africa évalue les conditions d’admissibilité et le type d’affaire avant d’accorder une assistance. [ss182–184] [chapter4] [How it works: Legal Aid South Africa]

Le principe Biowatch protège normalement une partie privée qui perd une véritable affaire constitutionnelle contre l’État, en lui évitant de payer les frais de justice de la partie adverse. Il comporte des exceptions en cas de procédure frivole, vexatoire ou manifestement inappropriée, et ne s’applique pas automatiquement aux litiges opposant uniquement des parties privées. Il ne prend pas en charge les honoraires de votre propre avocat et ne supprime pas tout risque financier. [paras21–26]

L’Afrique du Sud a ratifié le protocole relatif à la Cour africaine, mais n’a pas fait la déclaration permettant aux particuliers et aux ONG de saisir directement la Cour contre elle. Une plainte devant la Commission africaine est une voie distincte. Elle est soumise aux règles de recevabilité de la Commission ; celle-ci peut transmettre à la Cour les affaires remplissant les conditions requises. [ratification and Article34(6) declarations]

Sources

L'article général : Droits fondamentaux · Comparer avec un autre pays

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