Burundi : adoption, garde des enfants et succession

Au Burundi, la filiation, l'autorité parentale et l'adoption relèvent du Code des personnes et de la famille de 1993, complété par la loi du 30 avril 1999 sur l'adoption, et la Convention de La Haye de 1993 y est en vigueur depuis le 1er février 1999 ; aucune loi n'organise les successions, que la coutume règle, et le 16 août 2024 le président de la Cour suprême a demandé aux juridictions de continuer à l'appliquer pour les terres rurales.

Illustration : Enfants, famille et succession
Carte de situation — Burundi
Burundi. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Adoption

Le Code des personnes et de la famille, complété par la loi du 30 avril 1999, ouvre l'adoption plénière aux enfants de moins de 15 ans et l'adoption simple à tout âge ; l'adoption internationale passe par l'Autorité centrale burundaise (DEF/AC), au titre de la Convention de La Haye, en vigueur depuis le 1er février 1999 (HCCH).

Formes d'adoptionPlénière (rupture avec la famille d'origine) et simple (liens conservés) ; nationale et internationale (art. 245)
Couple adoptantMariés depuis 5 ans au moins, sans séparation de corps (art. 246) (Codes et Lois du Burundi, 2006)
Adoptant seul30 ans au moins ; accord du conjoint s'il est marié (art. 247) (Codes et Lois du Burundi, 2006)

Tout le détail : Adoption

Faire garder son enfant

L'autorité parentale est l'ensemble des prérogatives que les père et mère exercent sur la personne et les biens de l'enfant dans son intérêt, jusqu'à sa majorité ou son émancipation (art. 284) ; elle comprend le droit de garde, l'administration légale et la jouissance légale (art. 288). Le père et la mère l'exercent ensemble et, en cas de désaccord, chacun peut saisir le conseil de famille de l'enfant (art. 285). Si l'un des époux est décédé, absent, interdit ou déchu, l'autre l'exerce seul (art. 286), et la mère l'exerce sur l'enfant né hors mariage dont la filiation paternelle n'est pas établie (art. 287).

Pendant l'instance en divorce, le juge confie tous les enfants mineurs ou certains d'entre eux au père, à la mère ou à un tiers (art. 175). Après le divorce, le tribunal rend la même décision, à la demande d'un époux, d'un membre de la famille ou du ministère public, ou d'office, et peut la modifier à tout moment dans l'intérêt des enfants (art. 184). Quel que soit le gardien, les deux parents gardent le droit de surveiller l'entretien et l'éducation et y contribuent selon leurs facultés, et l'époux qui n'a pas la garde dispose d'un droit de visite (art. 185).

L'obligation alimentaire lie les parents et leurs enfants ; les aliments se mesurent aux besoins de celui qui les réclame et aux ressources de celui qui les doit, sont révisables, et relèvent en première instance du seul tribunal de résidence (art. 134, 136 à 138). La pension due à l'époux qui a obtenu le divorce sans ressources suffisantes ne peut dépasser un tiers des revenus du débiteur si le bénéficiaire n'a pas la garde des enfants (art. 183). À propos de la reconnaissance de la contribution non rémunérée des femmes à la famille, le rapport national de juillet 2024 répond que le gouvernement continue d'appliquer les articles 182, 183, 190 et 192 du Code.

Le tribunal peut priver un parent de l'autorité parentale, à titre temporaire ou définitif, à la demande de tout intéressé ou du ministère public, lorsqu'il en abuse ou commet des sévices sur l'enfant, ou se montre indigne par une inconduite notoire ou une incapacité absolue (art. 298). Sur le terrain pénal, le parent qui enlève ou déplace l'enfant sans l'accord de l'autre encourt les peines de l'enlèvement d'enfant (art. 537 du Code pénal), et celui qui se soustrait à ses obligations légales six mois à un an de servitude pénale et 100 000 à 200 000 francs burundais (FBu) d'amende (art. 538).

Le gouvernement indique avoir permis aux écoles privées des centres urbains et semi-urbains d'ouvrir des services de garde, et le ministère de la Santé publique a lancé en 2019, avec l'UNICEF, un guide de garderies communautaires pour les enfants de 2 à 3 ans (rapport de 2024, § 138). Le Statut général des fonctionnaires de 2023 accorde 14 semaines de congé de maternité, dont six au moins après l'accouchement (art. 55), et le Code de la protection sociale de 2020 prévoit des indemnités journalières pendant le congé de maternité de la salariée (art. 106 à 111) ; le programme Merankabandi verse 72 000 FBu tous les deux mois aux femmes de ménages vulnérables ayant un enfant de 0 à 12 ans (§ 146).

Les points clés

Autorité parentalePère et mère ensemble ; désaccord porté devant le conseil de famille (art. 285) (Codes et Lois du Burundi, 2006)
Autorité d'un seul parentDécès, absence, interdiction ou déchéance de l'autre (art. 286)
Enfant né hors mariageMère, tant que la filiation paternelle n'est pas établie (art. 287)
Garde pendant le divorcePère, mère ou tiers, selon l'intérêt des enfants (art. 175)
Garde après le divorceDécidée par le tribunal, même d'office ; modifiable à tout moment (art. 184)
Droit de visiteAccordé à l'époux qui n'a pas la garde (art. 185)
Enlèvement par un parent1 à 5 ans de servitude pénale et 10 000 à 100 000 FBu dans le cas de base (Code pénal, art. 537) (Code pénal du Burundi, 2017)
Congé de maternité des fonctionnaires14 semaines, dont 6 au moins après l'accouchement (Statut général de 2023, art. 55)
Garderies communautairesGuide de 2019 du ministère de la Santé et de l'UNICEF pour les enfants de 2 à 3 ans

En pratique

  • Demander au juge, en cours de divorce, la résidence séparée et la garde provisoire : ces mesures sont exécutoires malgré tout recours (art. 172, 175 et 176).
  • Saisir le tribunal de résidence pour une action alimentaire ; la décision se révise si les besoins ou les ressources changent (art. 137 et 138).
  • Faire modifier plus tard une décision de garde en s'adressant de nouveau au tribunal : elle peut être revue à la demande d'un époux, d'un membre de la famille ou du ministère public (art. 184).

Évolutions récentes

Le rapport national de juillet 2024 indique que la loi du 22 septembre 2016 sur les violences basées sur le genre et le Code des personnes et de la famille sont en cours de révision (Burundi, rapport Beijing+30, 2024) ; les règles ci-dessus sont celles du texte de 1993, toujours appliqué.

Où s'adresser

  • Tribunal de résidence du domicile, pour une action alimentaire (art. 138).
  • Conseil de famille de l'enfant, en cas de désaccord entre les parents sur l'exercice de l'autorité parentale (art. 285).
  • Ministère public, qui peut demander la déchéance de l'autorité parentale ou une décision de garde (art. 184 et 298).

Questions fréquentes

Qui décide de la garde des enfants après un divorce ?

Le tribunal, qui peut confier tous les enfants mineurs communs ou certains d'entre eux au père, à la mère ou à un tiers, dans leur plus grand intérêt, sur demande d'un époux, d'un proche ou du ministère public, ou d'office (art. 184).

Le parent qui n'a pas la garde perd-il ses droits ?

Non : il garde le droit de surveiller l'entretien et l'éducation de l'enfant, y contribue selon ses facultés et bénéficie d'un droit de visite (art. 185) ; seule une déchéance, prononcée pour abus, sévices ou indignité, le prive de l'autorité parentale (art. 298).

Sources

L'article général : Faire garder son enfant · Comparer avec un autre pays

La succession

Le Burundi n'a aucune loi sur les successions : la coutume et la jurisprudence règlent l'héritage, la Cour suprême a demandé le 16 août 2024 de continuer à appliquer la coutume pour les terres rurales, et le Code des personnes et de la famille donne seulement à l'enfant né hors mariage dont la filiation est établie les droits d'un enfant légitime (art. 243).

Loi sur les successionsAucune ; projet transmis au gouvernement en septembre 2004, jamais voté (Iwacu, 2022)
Réserve à la loiRégimes matrimoniaux, successions et libéralités fixés par la loi (Constitution de 2018, art. 164) (Constitute, 2018)
Droit appliquéCoutume et jurisprudence, appréciées par chaque juge (Iwacu, 2014)

Tout le détail : La succession

Sources

Adoption

  1. Code civil, Livre premier : Code des personnes et de la famille (Codes et Lois du Burundi, texte à jour au 31 décembre 2006) — Codes et Lois du Burundi (recueil consolidé), copie publiée par Citizenship Rights in Africa Initiative, 2006 : articles 246 et 247 (conditions de l'adoption) et 285 (autorité parentale exercée par le père et la mère, recours au conseil de famille)
  2. #33 - État présent : Convention du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale — Conférence de La Haye de droit international privé (HCCH), consulté en 2026 : Burundi : adhésion le 15 octobre 1998 à la Convention de La Haye de 1993, entrée en vigueur le 1er février 1999

Faire garder son enfant

  1. Burundi — Code pénal : loi n° 1/27 du 29 décembre 2017 portant révision du Code pénal — République du Burundi, texte consolidé publié par droit-afrique.com (copie hébergée par Le Mandat), 2017 : article 537 : enlèvement ou déplacement d'enfant puni d'un à cinq ans et de 10 000 à 100 000 francs
  2. 6ème rapport national d'évaluation de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d'actions de Beijing (Bujumbura, juillet 2024) — République du Burundi, ministère de la Solidarité nationale, des Affaires sociales, des Droits de la personne humaine et du Genre (publié par ONU Femmes), 2024 : paragraphe 225 : la loi de 2016 sur les violences basées sur le genre et le Code des personnes et de la famille sont en cours de révision

La succession

  1. Burundi 2018 Constitution — Constitute Project (Comparative Constitutions Project), texte de la Constitution burundaise du 7 juin 2018 (en anglais) : article 164 : régimes matrimoniaux, successions et libéralités relèvent de la loi

Documents officiels ou institutionnels sur lesquels s'appuie cette page, consultés le 12 octobre 2026. Les liens s'ouvrent dans un nouvel onglet.

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