Mariages forcés et enlèvement de la mariée : où cela existe encore

Oui, dans plusieurs pays on enlève encore des jeunes filles pour les marier de force — au Kirghizistan, une union sur trois en zone rurale commence par un rapt. Où cela se pratique, ce que dit la loi là-bas et ici, comment reconnaître un mariage forcé en préparation, et à qui s’adresser, en France comme à l’étranger.

Vous, ou quelqu’un que vous connaissez, allez être marié(e) de force

En France : 3919 (Violences Femmes Info, gratuit, 24 h/24), 119 si la personne est mineure, 17 en urgence ; associations spécialisées : Voix de Femmes (01 30 31 05 05), GAMS (01 43 48 10 87), le Planning familial. Si le mariage doit avoir lieu à l’étranger, prévenir avant le départ : une fois sur place, le consulat peut aider mais ne peut pas toujours intervenir. Au Royaume-Uni : Forced Marriage Unit +44 20 7008 0151, Karma Nirvana 0800 5999 247. En Belgique : 0800 30 030 ; en Suisse : mariageforce.ch, 0800 800 007 ; au Québec : SOS violence conjugale 1 800 363-9010.

Arrangé, forcé, précoce : trois choses différentes

Un mariage arrangé est proposé par les familles et accepté librement par les deux fiancés : il est légal partout et reste la norme dans une grande partie de l’Asie et de l’Afrique — la page Comment on se rencontre, pays par pays le décrit. Un mariage forcé est conclu sans le consentement libre et entier d’au moins l’un des deux, sous la contrainte physique, la menace, le chantage affectif ou économique. Un mariage d’enfant (avant 18 ans) est, par définition, un mariage forcé : le droit international considère qu’un enfant ne peut pas y consentir. Les trois se recoupent, mais la frontière juridique est le consentement, pas l’intervention des parents.

Les chiffres sont massifs. L’Organisation internationale du travail et Walk Free estimaient en 2022 à 22 millions le nombre de personnes vivant dans un mariage forcé, dont deux tiers de femmes et un quart d’enfants ; l’UNICEF compte 12 millions de filles mariées avant 18 ans chaque année et 640 millions de femmes vivantes mariées enfants. Les taux les plus élevés sont au Niger (76 % des femmes mariées avant 18 ans), en République centrafricaine et au Tchad (61 %), au Mali, au Mozambique, au Soudan du Sud, au Bangladesh (autour de 50 %), en Éthiopie (40 %), au Nigeria (30 %) et en Inde (23 %, soit le plus grand nombre absolu).

L’enlèvement de la mariée : où cela se pratique

Le « rapt nuptial » — enlever une jeune femme, la garder chez le ravisseur jusqu’à ce que la honte ou la famille la contraigne à accepter le mariage — existe sous plusieurs noms.

Ce que disent les religions

Aucune grande religion n’admet un mariage sans consentement, et c’est un argument utile face à une famille qui invoque la tradition. En droit musulman classique, le contrat de mariage exige le consentement de l’épouse — le silence d’une vierge pouvait valoir accord, mais un refus exprès invalide le mariage, et l’école hanafite autorise la femme majeure à se marier sans tuteur ; plusieurs grands muftis ont condamné le rapt nuptial kirghize. L’Église catholique fait du consentement la matière même du sacrement : un mariage contraint est nul (canon 1103). Le judaïsme exige le consentement de la femme depuis le Talmud ; l’hindouisme moderne et la loi indienne de 1955 le requièrent aussi. La page Le couple et la religion détaille ces positions.

Ce que dit la loi en France et en Europe

Reconnaître un mariage forcé en préparation

Que faire

Pour aller plus loin

L’impunité du viol selon les pays et l’esclavage aujourd’hui — dont le mariage servile — complètent cette page ; les fiches pays du consentement donnent l’âge de protection de chaque pays, et la page Protéger ses enfants l’âge légal du mariage pays par pays.

Page vérifiée en septembre 2026. Les données citées peuvent évoluer.

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