Enfants, famille et succession — Togo

Au Togo, le nom, l'adoption, l'autorité parentale et la succession relèvent du Code des personnes et de la famille du 6 juillet 2012 ; il fait hériter fils et filles à parts égales (art. 414) et le pays applique depuis le 1er février 2010 la Convention de La Haye sur l'adoption internationale.

Illustration : Nom et prénom : ce que dit la loi
Carte de situation — Togo
Togo. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Nom et prénom

Toute personne doit avoir un nom patronymique ou matronymique et un ou plusieurs prénoms, choisis librement par le père, la mère ou la personne qui en tient lieu lors de la déclaration de naissance (art. 1). L'enfant né dans le mariage porte le nom de son père et prend le nom de jeune fille de sa mère en cas de désaveu de paternité (art. 2) ; l'enfant né hors mariage porte le nom du parent à l'égard duquel sa filiation est établie, et celui du père si elle l'est à l'égard des deux (art. 3).

La femme mariée conserve son nom et acquiert, pendant le mariage et son veuvage, le droit d'user du nom de son mari ; elle peut y adjoindre son nom de jeune fille, placé en premier (art. 7). La femme divorcée ne garde ce nom qu'avec l'accord de son ancien mari ou l'autorisation du juge (art. 7 et 148).

L'officier de l'état civil qui juge un prénom contraire à la dignité ou à l'intérêt de l'enfant avise le procureur de la République, qui saisit le juge ; celui-ci peut ordonner sa suppression (art. 6). La loi sur l'état civil du 11 juin 2009 interdit d'inscrire la « coutume du père » ou l'« ethnie » dans les registres (art. 14).

Les points clés

Déclaration de naissanceObligatoire dans les 45 jours, au centre d'état civil du lieu de naissance (loi n° 2009-010, art. 18)
Déclaration tardiveJugement supplétif du tribunal de première instance (loi n° 2009-010, art. 30)
Changement de prénomJugement du tribunal du domicile, pour un intérêt légitime (art. 12)
Changement de nomArrêté du ministre de la Justice, après 3 mois d'opposition possible (art. 13)
Nom de l'enfant adoptéCelui de l'adoptant ; celui du mari en cas d'adoption par deux époux (art. 4)
Protection du nomLe porteur et ses descendants peuvent s'opposer à son usurpation (art. 14)

En pratique

  • La déclaration de naissance incombe à l'un des parents ou à une personne qu'il autorise, et à défaut au médecin ou à la sage-femme ; une naissance à l'étranger se déclare à l'ambassade ou au consulat du Togo (loi n° 2009-010, art. 18).
  • La demande de changement de nom est publiée dans un journal d'annonces légales, puis l'arrêté qui l'autorise paraît au Journal officiel (art. 13).

Questions fréquentes

Une femme mariée doit-elle prendre le nom de son mari ?

Non : elle conserve son propre nom et a seulement le droit d'user de celui de son mari (art. 7).

Sources

L'article général : Nom et prénom · Comparer avec un autre pays

Adoption

L'adoption crée un lien de filiation indépendant de l'origine de l'enfant et n'est prononcée que pour de justes motifs et si elle présente des avantages pour l'adopté ; ses règles de détail sont celles du Code de l'enfant (loi n° 2007-017 du 6 juillet 2007), auquel renvoie l'article 217 du Code des personnes et de la famille. L'adoption plénière n'est possible que pour un enfant de moins de 12 ans, ou de moins de 16 ans s'il s'agit de l'enfant du conjoint, sauf dérogation motivée du juge (art. 218) ; elle remplace la filiation d'origine (art. 221). L'adoption simple, permise quel que soit l'âge, ajoute le nom de l'adoptant à celui de l'adopté et lui conserve ses droits dans sa famille d'origine (art. 222 et 223).

Le Togo a adhéré le 12 octobre 2009 à la Convention de La Haye du 29 mai 1993 sur l'adoption internationale, entrée en vigueur pour lui le 1er février 2010. L'Office fédéral suisse de la justice indique, dans sa fiche mise à jour le 5 février 2026, qu'environ 20 enfants par an sont confiés en adoption internationale et que la Suisse ne peut y déposer que deux dossiers à la fois.

Les points clés

FormesPlénière (enfant de moins de 12 ans) et simple (tout âge) (art. 218 et 222)
Enfant du conjointAdoption plénière possible jusqu'à 16 ans (art. 218)
Consentement de l'enfantRequis dès qu'il est capable de discernement (art. 219)
EffetsDepuis le dépôt de la requête ; opposable aux tiers après mention à l'état civil (art. 220)
Autorité centraleComité national d'adoption des enfants au Togo (CNAET)
Convention de La HayeEn vigueur pour le Togo depuis le 1er février 2010
Frais au Togo540 000 F CFA de procédure administrative et 40 000 F CFA de procédure judiciaire (Office fédéral de la justice, 2026)

En pratique

  • Après l'arrivée de l'enfant, les adoptants envoient au Togo un rapport par an pendant trois ans, puis un rapport trois ans plus tard, un autre cinq ans après, et ensuite tous les cinq ans jusqu'aux 18 ans de l'enfant (Agence française de l'adoption, 2020 ; Office fédéral de la justice, 2026).
  • Quelle que soit la forme de l'adoption, l'adoptant exerce l'autorité parentale, y compris le consentement au mariage de l'adopté (art. 224), et l'adopté hérite dans sa nouvelle famille comme un enfant de naissance, sauf clause contraire prévue lors d'une adoption simple (art. 225).

Questions fréquentes

Un Togolais peut-il adopter un enfant étranger ?

Oui : l'article 217 permet à un Togolais d'adopter un étranger et d'être adopté par un étranger.

Avoir déjà des enfants empêche-t-il d'adopter ?

Non : l'existence d'enfants nés ou adoptés ne fait obstacle ni à l'adoption plénière ni à l'adoption simple (art. 217 et 222).

Sources

L'article général : Adoption · Comparer avec un autre pays

Assistance médicale à la procréation

La loi sur la santé de la reproduction, adoptée par l'Assemblée nationale le 22 décembre 2006 et promulguée sous le n° 2007-005 le 10 janvier 2007, a légalisé la contraception et l'assistance médicale à la procréation, que pénalisait une loi coloniale de 1920. Le Code pénal du 24 novembre 2015 réserve l'assistance médicale à la procréation aux structures hospitalières publiques ou privées agréées par l'autorité publique, dotées de moyens et d'un personnel qualifié (art. 838).

Les points clés

Texte de baseLoi n° 2007-005 du 10 janvier 2007 sur la santé de la reproduction
Lieu autoriséÉtablissement de santé public ou privé agréé (Code pénal, art. 838)
Sanction6 mois à 2 ans d'emprisonnement, 500 000 à 2 millions de F CFA d'amende et retrait d'agrément (art. 838)

Questions fréquentes

Une clinique peut-elle proposer une fécondation in vitro sans agrément ?

Non : l'article 838 du Code pénal punit le prestataire non agréé de six mois à deux ans d'emprisonnement et lui retire l'agrément d'exercice.

Sources

L'article général : Assistance médicale à la procréation · Comparer avec un autre pays

Faire garder son enfant

Le rapport Women, Business and the Law 2024 de la Banque mondiale n'a trouvé au Togo aucune disposition établissant des services de garde collectifs, aucune aide aux familles ou aux structures non publiques de garde, ni aucune norme de qualité ; le pays obtient 0 sur 100 pour ce volet, contre 77,5 pour l'ensemble de son cadre juridique.

La loi n° 2022-019 du 15 novembre 2022 a récrit l'article 190 du Code du travail : la salariée suspend son travail pendant 14 semaines consécutives, dont 6 après l'accouchement, prolongeables de 3 semaines pour une maladie liée à la grossesse, des naissances multiples ou la santé de l'enfant, et reçoit de la Caisse nationale de sécurité sociale une indemnité égale à la totalité de son salaire.

Sauf faute grave, l'employeur ne peut pas rompre le contrat pendant la grossesse, le congé de maternité et la période d'allaitement de l'article 191 du Code du travail ; un congé payé du père est prévu par l'article 45 de la Convention collective interprofessionnelle du 2 décembre 2011.

Les points clés

Crèches et garderiesAucune loi de création, d'aide ou de normes de qualité (Banque mondiale, 2024)
Congé de maternité14 semaines, dont 6 après la naissance (Code du travail, art. 190)
Indemnité100 % du salaire, payée par la Caisse nationale de sécurité sociale
Congé du pèrePrévu par la Convention collective interprofessionnelle de 2011 (art. 45)
LicenciementInterdit pendant la grossesse, le congé et l'allaitement, sauf faute grave (art. 190)

Questions fréquentes

Qui paie le congé de maternité ?

La Caisse nationale de sécurité sociale, qui verse une indemnité égale à la totalité du salaire (Code du travail, art. 190, version de 2022).

Sources

L'article général : Faire garder son enfant · Comparer avec un autre pays

Famille recomposée

Le Code ne prévoit ni autorité parentale ni droit successoral du beau-parent : l'autorité parentale appartient aux père et mère, qui l'exercent en commun pendant le mariage (art. 227 et 232). L'adoption est la seule voie pour créer un lien juridique : la limite de 12 ans de l'adoption plénière est portée à 16 ans pour l'enfant du conjoint (art. 218), et l'adoption simple ajoute le nom du beau-parent à celui de l'enfant sans rompre ses liens avec sa famille d'origine (art. 222 et 223).

Les enfants de différents mariages héritent de leurs père et mère à parts égales, au même titre que ceux nés hors mariage (art. 426). Gendres et belles-filles doivent des aliments à leurs beaux-parents dans le besoin, mais cette obligation cesse au divorce, ou quand l'époux qui créait l'alliance et ses enfants sont décédés (art. 110).

Dans un foyer polygame, chaque épouse peut prétendre à l'égalité de traitement avec les autres (art. 97).

Les points clés

Statut du beau-parentAucun
Adoption de l'enfant du conjointPlénière jusqu'à 16 ans ; simple à tout âge (art. 218 et 222)
Héritage de l'enfant adoptéMêmes droits qu'un enfant de naissance, sauf clause contraire d'une adoption simple (art. 225)
Enfants de lits différentsParts égales dans la succession de leur parent (art. 426)
Aliments entre alliésDus aux beaux-parents ; cessent au divorce (art. 110)

Questions fréquentes

Le beau-père hérite-t-il de l'enfant de sa femme ?

Non, sauf adoption : sans lien de filiation, il n'est pas dans l'ordre des héritiers de l'article 413.

Sources

L'article général : Famille recomposée · Comparer avec un autre pays

La succession

La loi ne distingue ni la nature, ni l'origine des biens, ni le sexe des héritiers (art. 414). La succession revient dans l'ordre aux enfants et à leurs descendants, au conjoint survivant, puis aux ascendants et aux collatéraux (art. 413). L'article 403 reconnaît aussi la coutume du défunt, à condition qu'elle respecte les droits humains et la Constitution ; elle ne s'applique qu'aux époux qui l'ont choisie par testament ou par déclaration devant l'officier de l'état civil, et sans cette option les règles du Code s'appliquent de plein droit (art. 404).

Le conjoint survivant non divorcé reçoit un quart de la succession s'il y a des enfants ou descendants, la moitié s'il n'y a que des ascendants, et la totalité en l'absence de parents au degré successible ; plusieurs veuves partagent cette part par tête (art. 427 à 430).

Quelle que soit l'option, le conjoint survivant garde pendant trente mois le droit d'habiter le domicile conjugal, même s'il appartenait au seul défunt, les loyers étant imputés à la succession (art. 412). Il peut refuser les rites de deuil dégradants sans être déclaré indigne d'hériter (art. 411).

Les points clés

Ordre des héritiersDescendants, conjoint survivant, ascendants, collatéraux (art. 413)
Fils et fillesParts égales, y compris enfants nés hors mariage (art. 414 et 426)
Conjoint et enfantsUn quart pour le conjoint survivant (art. 428)
Conjoint et ascendantsLa moitié pour le conjoint survivant (art. 429)
Logement30 mois de droit d'habitation pour chaque conjoint survivant (art. 412)
Quotité disponibleUn quart, un tiers ou la moitié des biens selon les héritiers laissés (art. 572)
Sans héritierLa succession revient à l'État (art. 439)

En pratique

  • Le choix entre le Code et la coutume se déclare à la célébration du mariage, et toute modification ultérieure doit être portée devant le juge par les deux époux ensemble, puis mentionnée sur l'acte de mariage et les actes de naissance (art. 404).
  • La succession s'ouvre au dernier domicile du défunt, et le tribunal de ce lieu juge le partage et les contestations du testament (art. 407).

À savoir

Un testament ou une donation ne peut dépasser un quart des biens si le défunt laisse des descendants et un conjoint : au-delà, les héritiers réservataires peuvent demander la réduction (art. 572 et 576).

Questions fréquentes

Une fille hérite-t-elle autant que son frère ?

Oui, sous les règles du Code : l'article 414 interdit toute distinction selon le sexe, et l'article 426 fait partager les enfants par parts égales.

Combien de temps la veuve peut-elle rester dans la maison familiale ?

Trente mois à compter du décès, même si la maison appartenait au seul défunt ; ce droit cesse en cas de remariage (art. 412).

Sources

L'article général : La succession · Comparer avec un autre pays

Sources générales

Page vérifiée en octobre 2026. Les textes cités peuvent évoluer : en cas de doute, confirmez auprès de la source officielle indiquée.

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