Mariage
La loi n° 2007-022 relative au mariage et aux régimes matrimoniaux a porté l'âge minimum à 18 ans pour l'homme et la femme, alors qu'il était auparavant plus bas pour les filles.
Les points clés
| Âge | 18 ans pour les deux époux depuis 2007, avec dispense judiciaire exceptionnelle |
|---|---|
| Polygamie | Interdite : le mariage civil est monogamique, et la bigamie est réprimée. |
| Monogamie | Seul régime reconnu |
| Mariage traditionnel | Doit être enregistré ou constaté pour produire des effets civils |
| Régime légal | Le zara-mira, partage égal des biens acquis pendant le mariage |
| Consentement | Personnel et obligatoire des deux époux |
En pratique
- Célébration à l'état civil, ou constatation du mariage traditionnel par l'officier.
- Choix éventuel d'un régime matrimonial par contrat notarié avant la célébration.
Coût et prise en charge
Frais d'état civil limités ; des jugements supplétifs sont nécessaires en cas d'enregistrement tardif.
Évolutions récentes
Le relèvement de l'âge du mariage à 18 ans en 2007 a été une avancée notable, mais les unions précoces restent fréquentes, notamment en milieu rural.
Où s'adresser
- Tribunaux de première instance pour les dispenses et jugements supplétifs.
À savoir
Le régime légal du zara-mira partage par moitié les biens acquis pendant le mariage : si vous souhaitez une séparation de biens, il faut un contrat notarié avant la célébration.
Unions et concubinage
Hors mariage, aucune union n'est enregistrée, et le concubinage, pourtant courant, ne produit aucun effet en droit.
Les points clés
| Concubinage | Répandu, mais sans statut légal |
|---|---|
| Succession | Le concubin survivant n'hérite pas ; seul un testament peut lui transmettre des biens |
| Enfants | Leurs droits ne dépendent pas du statut des parents, à condition que la filiation soit établie et enregistrée |
| Mariage coutumier | Il peut, lui, produire des effets civils s'il est enregistré à l'état civil — c'est souvent la voie la plus accessible |
| Voie la plus accessible | Faire constater ou enregistrer l'union coutumière à l'état civil |
| Achat en commun | Acte notarié avec quotes-parts : la seule protection réelle |
| Veuve de fait | Sans acte ni testament, elle peut être écartée du logement par la famille du défunt |
L'article général : Unions et concubinage · Comparer avec un autre pays
Mariage entre personnes de même sexe
L'article 331 du Code pénal punit en revanche les actes « impudiques ou contre nature » commis avec une personne du même sexe âgée de moins de vingt et un ans — un seuil nettement plus élevé que la majorité sexuelle applicable aux relations entre personnes de sexe différent.
Madagascar combine une absence d'incrimination des adultes et une disposition discriminatoire sur l'âge, héritée du droit colonial et jamais alignée. Pour un couple binational, c'est un pays où la vie quotidienne est possible sans risque pénal direct entre adultes, mais où aucune reconnaissance n'existe et où la pression sociale, surtout hors de la capitale, reste forte.
Les points clés
| Mariage | Non reconnu ; la loi sur le mariage vise l'homme et la femme |
|---|---|
| Droit pénal | Adultes non visés ; article 331 pour les moins de 21 ans du même sexe |
| Inégalité d'âge | 21 ans contre 14 ans pour les relations entre personnes de sexe différent |
| Mariage étranger | Sans effet à Madagascar |
| Discriminations | Aucune protection légale |
| Société civile | Associations discrètes, actives surtout à Antananarivo |
Évolutions récentes
Le seuil de vingt et un ans de l'article 331 est régulièrement critiqué par les organisations de défense des droits humains comme une discrimination directe fondée sur l'orientation sexuelle.
À savoir
L'écart d'âge entre les deux régimes est la principale singularité du droit malgache : une relation licite entre personnes de sexe différent peut être pénalement répréhensible entre personnes de même sexe jusqu'à vingt et un ans.
Questions fréquentes
Quel est l'âge légal à Madagascar ?
Quatorze ans pour les relations entre personnes de sexe différent, mais vingt et un ans lorsque les deux personnes sont du même sexe, en application de l'article 331 du Code pénal. Cette différence est l'un des points régulièrement signalés par les organisations internationales.
Un couple étranger peut-il y vivre ?
Deux adultes peuvent y résider, chacun sous son propre statut. Le couple n'a aucune existence juridique, aucun titre de séjour au titre du conjoint n'existe, et les protections doivent être organisées dans le pays d'origine.
L'article général : Mariage entre personnes de même sexe · Comparer avec un autre pays
Cérémonie religieuse
Pour produire des effets juridiques, le mariage passe par l'état civil, par célébration ou constatation, et non par la seule cérémonie religieuse.
Les points clés
| Cérémonie religieuse seule | Sans effet civil |
|---|---|
| Constatation | Possible pour les unions coutumières ou religieuses, dans les délais légaux |
| Au-delà des délais | Jugement supplétif nécessaire, plus long et plus coûteux |
| Conséquences | Sans acte : ni divorce judiciaire, ni pension, ni succession du conjoint |
| Enfants | Leurs droits dépendent de la filiation enregistrée, non du type de cérémonie |
| Audiences foraines | Campagnes de régularisation organisées localement, souvent gratuites |
| Jugement supplétif | Nécessaire au-delà des délais de constatation |
| Veuves | Sans acte, le conjoint survivant ne peut faire valoir aucun droit |
L'article général : Cérémonie religieuse · Comparer avec un autre pays
Coutumes et cérémonies du mariage
La cérémonie centrale est le vodiondry — littéralement la « croupe du mouton », la part d'honneur réservée aux beaux-parents. La famille du jeune homme se présente chez celle de la jeune femme avec des présents, et l'échange passe par deux mpikabary, orateurs chargés de conduire le kabary, un dialogue rituel fait de proverbes, de détours et de politesse appuyée. Il peut durer des heures.
Les points clés
| Le vodiondry | Cérémonie coutumière de demande, chez la famille de la jeune femme |
|---|---|
| Le kabary | Dialogue rituel mené par deux orateurs, en proverbes et formules codées |
| Les présents | Somme symbolique, rhum, riz, tissus et parfois un mouton |
| Le tso-drano | Bénédiction des aînés, moment le plus solennel de la journée |
| La portée juridique | Aucune : le vodiondry n'est pas enregistré à l'état civil |
| Le mariage civil | Célébré séparément, à la commune |
| La fête | Repas collectif, discours, danse ; l'ensemble du village est souvent convié |
En pratique
- Faites-vous accompagner d'un orateur : un étranger qui tente le kabary seul met sa belle-famille dans l'embarras.
- Le vodiondry engage socialement mais ne marie pas : le mariage civil reste indispensable.
- Les présents comptent moins par leur valeur que par leur conformité à l'usage local : demandez conseil.
- Prévoyez du temps : la cérémonie occupe une journée entière, souvent davantage.
Ce que cela coûte
Les présents et le repas représentent l'essentiel du coût ; ils se négocient entre familles.
À qui s'adresser
- Anciens de la famille, qui désignent l'orateur.
- Commune, pour le mariage civil.
- Voir aussi se marier à Madagascar.
À savoir avant de participer
Beaucoup de couples croient être mariés après un vodiondry. Ils ne le sont pas : ni succession, ni filiation, ni transcription à l'étranger ne découlent de cette cérémonie.
L'article général : Coutumes et cérémonies du mariage · Comparer avec un autre pays
Régimes matrimoniaux et succession
On opte pour un régime matrimonial au moment de la célébration, et la succession fait intervenir droit écrit, coutume et parfois droit religieux.
La loi de 2007 retient le zara-mira, partage égal des biens acquis pendant le mariage, comme régime légal.
Les points clés
| Choix du régime | Effectué à la célébration et inscrit sur l'acte de mariage |
|---|---|
| Régimes disponibles | Communauté de biens ou séparation de biens, selon les pays |
| Succession | Droit écrit, coutume ou droit religieux selon le statut des parties |
| Enfants | L'égalité entre enfants progresse dans les codes récents, mais reste contestée dans les pratiques |
L'article général : Régimes matrimoniaux et succession · Comparer avec un autre pays
Divorce
La loi n° 2007-022 relative au mariage et aux régimes matrimoniaux a fixé l'âge du mariage à 18 ans pour les deux époux et modernisé le régime de la dissolution. Le divorce est prononcé par le tribunal, pour faute ou en raison de la rupture de la vie commune.
Les points clés
| Âge du mariage | 18 ans pour les deux époux depuis 2007, avec dérogation judiciaire exceptionnelle |
|---|---|
| Voies de divorce | Faute, ou rupture prolongée de la vie commune |
| Régimes matrimoniaux | Régime légal du zara-mira (partage égal des biens acquis) ou séparation de biens par contrat |
| Mariage coutumier | Le mariage traditionnel doit être enregistré pour produire des effets civils |
| Conciliation | Tentative préalable obligatoire devant le juge |
| Pension alimentaire | Fixée par le jugement ; l'exécution reste la principale difficulté pratique |
| Transcription | Le jugement doit être mentionné à l'état civil pour être opposable |
| Point d'attention | Le régime légal du zara-mira partage par moitié les biens acquis pendant le mariage. |
En pratique
- Liquidation selon le régime matrimonial applicable.
- Transcription du jugement à l'état civil.
Coût et prise en charge
Frais de justice modérés ; l'éloignement des juridictions constitue le principal obstacle pratique en zone rurale.
Évolutions récentes
Les efforts publics portent surtout sur l'enregistrement des naissances et des mariages, dont l'absence prive de nombreux Malgaches de l'accès aux droits familiaux.
Où s'adresser
- Bureaux de l'état civil des communes.
À savoir
Sans acte de mariage enregistré, il n'y a pas de divorce possible ni de partage de biens : le couple est juridiquement considéré comme non marié, quelle que soit l'ancienneté de la vie commune.
