Mariage — États-Unis

Le mariage relève du droit de chaque État : licence (marriage license) délivrée rapidement par le comté, 18 ans dans la plupart des États, aucune résidence exigée en général, couples de même sexe mariés partout depuis 2015 ; un Français demande d'abord au consulat un certificat de capacité à mariage, puis fait transcrire l'acte américain sur les registres français.

Carte de situation — États-Unis — Mariage
États-Unis. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Le cadre légal

Il n'existe pas de droit fédéral du mariage : chaque État fixe ses conditions. La licence se demande au greffier du comté (county clerk) où l'on se marie ; certains États imposent un court délai d'attente, et la licence expire en général au bout de 30 à 90 jours. L'âge minimum est de 18 ans dans la plupart des États, avec des exceptions sur autorisation des parents ou du juge, qu'un nombre croissant d'États ont supprimées. La polygamie est interdite partout et la bigamie est une infraction pénale. Le mariage est célébré par un juge, un ministre du culte ou, dans beaucoup d'États, toute personne ordonnée en ligne (l'officiant), qui renvoie ensuite la licence signée au comté : sans ce renvoi, le mariage n'est pas enregistré. Depuis l'arrêt Obergefell v. Hodges (2015), tous les États marient les couples de même sexe. Le mariage de common law (sans cérémonie) subsiste dans quelques États ; le contrat de mariage (prenuptial agreement) est valable partout, sous réserve de transparence sur les patrimoines et d'équité.

Les liens entre la France et les États-Unis sont anciens : huguenots, Louisiane française, Franco-Américains de Nouvelle-Angleterre venus du Québec. Les États-Unis accueillent aujourd'hui l'une des plus importantes communautés françaises à l'étranger — dont une partie seulement est inscrite au registre consulaire —, notamment à New York, en Californie, en Floride et au Texas, et les mariages franco-américains y sont fréquents. Belges, Suisses, Québécois et Haïtiens font reconnaître leur union par leurs propres autorités, selon d'autres règles.

Pour un Français, la démarche américaine ne suffit pas : le comté se contente en général du passeport, mais la loi française exige un certificat de capacité à mariage, délivré avant la cérémonie par le consulat général de France compétent pour le lieu du mariage (publication des bans, audition éventuelle). L'acte américain est ensuite transcrit, à la demande des époux, par le même consulat sur les registres de l'état civil consulaire, ce qui fait produire au mariage ses effets en France et donne un livret de famille ; les copies sont délivrées par le Service central d'état civil de Nantes. Sans certificat préalable, la transcription reste possible mais peut donner lieu à une audition et à un délai plus long.

Les points clés

Âge18 ans dans la plupart des États, exceptions sur autorisation des parents ou du juge ; plusieurs États n'en admettent plus
LicenceDélivrée par le comté avant la cérémonie, renvoyée ensuite pour enregistrement ; délai d'attente de zéro à quelques jours ; expire en général après 30 à 90 jours
RésidenceEn général non exigée : les mariages « de destination » sont courants
Couples de même sexePartout depuis 2015 ; reconnaissance protégée par une loi fédérale depuis 2022
Common-law marriageReconnu dans un petit nombre d'États ; ailleurs seulement s'il a été formé avant son abolition
Contrat de mariagePrenuptial agreement valable dans tous les États, sous réserve de transparence et d'équité
FrançaisCertificat de capacité du consulat avant le mariage, puis transcription ; apostille du Secretary of State pour les administrations en France

En pratique

Coût et prise en charge

Licence de 30 à 150 dollars environ selon l'État, parfois réduite après une préparation au mariage (premarital counseling). Officiant : de quelques dizaines à quelques centaines de dollars ; apostille : 5 à 20 dollars par document. Côté français, le certificat de capacité, la transcription et le livret de famille sont gratuits ; les traductions assermentées sont payantes.

Évolutions récentes

Un nombre croissant d'États ont supprimé les exceptions au mariage des mineurs. Le Respect for Marriage Act de décembre 2022 protège la reconnaissance des mariages de même sexe et des mariages interraciaux contre un éventuel revirement de jurisprudence.

Où s'adresser

À savoir

Le mariage de common law est souvent mal compris : dans la plupart des États, des années de vie commune ne créent aucun mariage. Les exigences varient d'un comté à l'autre : vérifiez le comté, pas seulement l'État. Et pour un Français, un mariage américain non transcrit n'a pas d'existence à l'état civil français : ni livret de famille, ni régime matrimonial opposable, ni visa « conjoint de Français ».

Questions fréquentes

Notre mariage célébré aux États-Unis est-il valable en France ?

Oui, s'il respecte les formes de l'État de célébration et les conditions de fond françaises (âge, consentement, monogamie, présence des époux). Mais il ne produit d'effets en France — livret de famille, régime matrimonial, séjour du conjoint — qu'après transcription, demandée au consulat général compétent.

Quel régime matrimonial s'applique à un couple franco-américain ?

Pour les mariages célébrés depuis le 29 janvier 2019, la France applique le règlement européen 2016/1103 : sans choix de la loi applicable, c'est la loi de la première résidence habituelle commune — la community property (communauté) pour un couple qui s'installe d'abord en Californie, la communauté réduite aux acquêts pour un couple installé en France. Un juge américain appliquera pourtant en général le droit de son État : voir la fiche sur le régime matrimonial.

Mon conjoint américain peut-il venir vivre en France, et moi obtenir une carte verte ?

Une fois le mariage transcrit, le conjoint américain d'un Français peut demander un visa « conjoint de Français », puis devenir français par déclaration après quatre ans de mariage et de communauté de vie, délai porté à cinq ans s'il n'a pas résidé au moins trois ans en France depuis le mariage — le cas d'un couple installé aux États-Unis — ou si le conjoint français n'était pas inscrit au registre des Français établis hors de France pendant leur vie commune à l'étranger. Dans l'autre sens, la carte verte passe par la pétition I-130 ; si le mariage a moins de deux ans quand elle est accordée, elle est d'abord conditionnelle pour deux ans.

Sources et liens officiels

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