Faire l’amour avec une personne trans : ce qui change, ce qui ne change pas

La question arrive tôt ou tard, à voix basse : « et concrètement, comment ça se passe ? » La réponse tient en une page de santé sexuelle : ce que font les hormones et les opérations, ce que le corps de l’autre demande, ce que le consentement exige, et ce que la prévention impose — sans clichés et sans détails inutiles.

Page d’information en santé sexuelle : elle décrit, ne montre rien, et ne remplace pas une consultation. Elle s’adresse aux partenaires de personnes trans comme aux personnes trans elles-mêmes.

D’abord, ce qui ne change pas

Une personne trans est une personne : ce qu’elle aime, ce qu’elle refuse, ce qui la fait rire ou la blesse se découvre comme avec n’importe qui — en parlant. Le désir, l’attachement, la jalousie, la routine, la panne, le manque de temps : tout ce que ce site raconte sur le désir et le plaisir vaut ici. Ce qui change, c’est un corps qui a pu être transformé par des hormones ou des opérations, et une histoire souvent marquée par le regard des autres. D’où deux règles simples : demander, et ne rien supposer.

Ce que font les hormones

Après les opérations

Toutes les personnes trans ne sont pas opérées — c’est même la majorité qui ne l’est pas, ou pas entièrement. Quand elles le sont : une vaginoplastie (le plus souvent par inversion pénienne, parfois avec un segment de côlon) crée un néovagin sensible, de profondeur variable, qui n’a pas de lubrification naturelle (sauf technique colique) et qui doit être dilaté régulièrement à vie pour garder sa profondeur ; le clitoris est reconstruit à partir du gland et conserve en général sa sensibilité, l’orgasme étant rapporté par la majorité des patientes. Une phalloplastie (à partir d’un lambeau d’avant-bras ou de cuisse) crée un pénis de taille adulte, sensible, qui a besoin d’une prothèse d’érection pour la pénétration, avec un risque de complications urinaires ; une métoïdioplastie libère le clitoris hypertrophié par la testostérone et donne un petit pénis capable d’érection naturelle. Une mastectomie laisse des cicatrices et des mamelons souvent peu sensibles pendant des mois. La page La transition médicale et les opérations détaille les techniques, les délais, les complications et les établissements.

La dysphorie, et les mots

La dysphorie est le malaise que provoque, chez beaucoup de personnes trans, la perception de parties de leur corps ; elle peut rendre certaines zones ou certains gestes impossibles, un jour et pas l’autre. On ne la « guérit » pas par la bonne volonté : on demande ce qui est bienvenu, et on respecte la réponse. Les mots que la personne utilise pour son corps — beaucoup préfèrent des termes du genre vécu — sont ceux qu’il faut reprendre ; on ne demande ni « avant », ni « vrai nom », ni photos ; on ne compare pas ; et l’on garde pour soi la curiosité anatomique qui, exprimée au mauvais moment, ramène l’autre à un cas clinique. Le consentement, ici comme partout, se demande à chaque fois et se retire à tout moment.

Contraception, IST, prévention

Et le couple

Ce que cette page ne dit pas — comment on se rencontre, ce que devient un couple quand l’un des deux transitionne, le mariage, les enfants, les familles — se trouve sur la page Être en couple avec une personne trans et dans la rubrique Transexuels.

Page vérifiée en septembre 2026. Les données citées peuvent évoluer.

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