Être en couple avec une personne trans

Deux situations très différentes portent le même nom : le couple qui se forme avec une personne déjà trans, et le couple qui existait avant que l’un des deux n’annonce sa transition. Ce que vit chacun, ce que dit la loi sur le mariage et les enfants, ce que font les familles, et où trouver de l’aide.

Rencontrer une personne déjà trans

La plupart des couples où l’un des deux est trans se forment ainsi : une personne trans, transition faite ou en cours, rencontre quelqu’un. Les questions que se pose ce quelqu’un sont toujours les mêmes, et méritent des réponses nettes. « Est-ce que ça fait de moi un homosexuel ? » Non : un homme qui aime une femme trans aime une femme ; l’orientation se définit par le genre de la personne aimée, pas par son histoire — et si la question vous travaille, elle dit quelque chose de vous, pas de votre partenaire. « Que vont dire les autres ? » Parfois rien, parfois beaucoup ; c’est au couple de décider ce qu’il dit, à qui, et quand — et à la personne trans seule de décider de révéler sa transidentité, jamais à son partenaire de l’« outer ». « Est-ce que je la désire pour de mauvaises raisons ? » Il existe des hommes qui recherchent les femmes trans comme un fantasme et les cachent le jour : les femmes trans les appellent des chasers et les reconnaissent vite. Le test est simple : la présenteriez-vous à vos amis ?

Quand l’autre annonce sa transition

L’autre situation est un séisme. Un conjoint, après des années de vie commune, souvent après des enfants, annonce qu’il ou elle est trans et va transitionner. Le partenaire passe par le choc, la colère (« tu m’as menti »), le deuil de la personne qu’il croyait connaître, la peur du regard des autres, et une question intime : puis-je désirer une femme alors que j’ai épousé un homme ? Il n’y a pas de réponse générale. Une partie des couples se sépare — la majorité, selon les enquêtes anciennes, moins aujourd’hui — ; d’autres restent ensemble, parfois en redéfinissant le lien (« nous sommes une famille »), parfois avec une vie amoureuse intacte, surtout quand la transition est progressive et parlée. Ce qui aide, d’après les thérapeutes de couple : que la transition ne soit pas imposée à un rythme que le partenaire ne peut pas suivre ; que le partenaire ait un espace à lui (groupes de conjoints, thérapie individuelle) où il ait le droit d’être triste ou en colère sans être accusé de transphobie ; que les enfants soient informés simplement, à leur âge, par les deux parents ensemble ; et que la question de la sexualité soit abordée franchement, la page Faire l’amour avec une personne trans disant ce que changent les hormones et les opérations.

Ce que dit la loi : mariage, enfants

Les familles et l’entourage

Les parents d’une personne trans passent par les mêmes étapes que le conjoint — et leur acceptation est le facteur qui pèse le plus sur la santé mentale des jeunes trans : les tentatives de suicide sont divisées par deux quand la famille soutient. En France, l’association Contact (0805 69 64 64) réunit parents et familles de personnes LGBT, Grandir Trans et Trans-Kinder-Netz (Allemagne) les parents de mineurs, Genres Pluriels les proches en Belgique. Pour les conjoints : les groupes de partenaires d’OUTrans et de Chrysalide, les thérapeutes de couple formés (annuaires des associations), et, pour ceux qui choisissent de partir, le droit ordinaire de la séparation.

Au quotidien

Voir aussi la rubrique Transexuels, Le couple et Le couple et la religion.

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