Changer de sexe à l’état civil : les droits selon les pays

Est-il possible de changer de sexe et de prénom sur ses papiers ? Faut-il un juge, un médecin, une opération, un âge minimum ? Où est-ce interdit — et où est-il interdit d’en parler ? Le tour des pays, avec les étapes à suivre là où c’est possible.

Quatre modèles dans le monde

France, Belgique, Suisse, Québec, Luxembourg

Le reste de l’Europe

L’Allemagne a remplacé en novembre 2024 sa loi de 1980 par une loi d’autodétermination (SBGG) : déclaration au bureau d’état civil trois mois après un préavis, dès 14 ans avec les parents. L’Espagne (loi trans de 2023) : déclaration au registre civil dès 16 ans, 14-16 ans avec les parents, 12-14 avec un juge. Le Royaume-Uni garde la loi de 2004 : certificat de reconnaissance de genre délivré par un panel sur diagnostic de dysphorie et deux ans de vie dans le genre, dès 18 ans, sans opération — mais la Cour suprême a jugé en avril 2025 (For Women Scotland) que le mot « femme » dans la loi sur l’égalité désigne le sexe biologique, ce qui exclut les femmes trans, même avec certificat, des espaces réservés aux femmes. L’Italie exige un jugement (loi 164 de 1982), sans opération depuis 2015. Les Pays-Bas demandent l’attestation d’un expert (2014) ; la Pologne n’a pas de loi et impose un procès contre ses propres parents ; la Suède a adopté en 2024 une loi entrée en vigueur en juillet 2025 (16 ans, procédure administrative avec avis médical léger). La Hongrie a interdit tout changement en 2020, la Russie en 2023 (avec annulation des mariages et interdiction d’adopter), la Géorgie en 2024 dans sa loi « anti-LGBT », la Bulgarie par sa Cour suprême.

Amériques, Asie, Afrique

Là où il est interdit d’en parler

La Russie punit depuis 2013 la « propagande » des relations non traditionnelles auprès des mineurs, et depuis décembre 2022 auprès de tous, ce qui inclut toute présentation positive de la transidentité en ligne, dans les médias, les livres et les films ; la Hongrie (2021) interdit les contenus « promouvant » le changement de genre auprès des mineurs ; la Géorgie (2024) et le Kazakhstan (2025) ont copié la loi russe ; la Turquie prépare depuis 2025 un texte punissant l’« encouragement » des comportements contraires au sexe biologique ; dans les pays du Golfe, en Iran, en Ouganda (loi de 2023, jusqu’à vingt ans pour la « promotion »), en Indonésie, au Nigeria, la publication de contenus sur la transidentité expose à des poursuites. C’est la raison pour laquelle ce site ne propose pas cette rubrique dans sa version turque.

Les étapes, quand c’est possible

  1. Changer de prénom d’abord (mairie en France, registre ailleurs) : c’est la démarche la plus simple et la plus utile au quotidien.
  2. Constituer le dossier du changement de sexe : attestations de proches, employeur, médecin traitant si l’on est suivi, photos, courrier au nouveau prénom.
  3. Déposer la demande (tribunal, état civil, notaire selon le pays) ; délais de trois mois à un an.
  4. Mettre à jour tous les documents : carte d’identité, passeport, permis, sécurité sociale, banque, diplômes (les universités françaises réémettent les diplômes), employeur, bail. En France, le changement est porté en marge de l’acte de naissance et les actes des enfants ne sont pas modifiés sans demande.
  5. Vérifier avant tout voyage la situation du pays de destination — un passeport « F » avec une apparence jugée masculine, ou l’inverse, vaut interrogatoire dans certains aéroports, et danger dans d’autres.

Voir aussi la rubrique Transexuels, la transition médicale et être en couple avec une personne trans.

Page vérifiée en septembre 2026. Les données citées peuvent évoluer.

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