Deux familles, deux mécanismes
| Pilule combinée | Micropilule progestative | |
|---|---|---|
| Composition | Un œstrogène + un progestatif | Un progestatif seul |
| Mécanisme principal | Blocage de l'ovulation, par suppression du pic hormonal qui la déclenche | Épaississement de la glaire cervicale ; blocage de l'ovulation selon la molécule |
| Prise | 21 jours puis 7 jours d'arrêt ou de comprimés inactifs, ou en continu | Tous les jours sans interruption, à heure fixe |
| Marge d'oubli | Environ 12 heures | 3 ou 12 heures selon la molécule — vérifier la notice |
Le saignement observé pendant la semaine d'arrêt d'une pilule combinée n'est pas une vraie menstruation mais une hémorragie de privation provoquée par la chute hormonale. Il n'a aucune fonction physiologique : prendre la pilule en continu, quand la molécule s'y prête, est une pratique admise.
Efficacité
| Grossesses pour 100 femmes sur un an | |
|---|---|
| Usage parfait | moins de 1 (environ 0,3) |
| Usage courant | environ 7 |
Cet écart de un à sept est presque entièrement dû aux oublis et aux interruptions. C'est l'argument central en faveur des méthodes qui ne dépendent d'aucun geste quotidien — implant, stérilet — chez les personnes qui savent leur régularité fragile.
En cas d'oubli
Les règles exactes figurent dans la notice et varient selon la molécule. Le principe général, pour une pilule combinée :
- Un comprimé oublié, rattrapé dans les 12 heures : prendre le comprimé oublié immédiatement, poursuivre normalement. Pas de protection supplémentaire nécessaire.
- Au-delà de 12 heures, ou deux comprimés ou plus : prendre le dernier comprimé oublié, poursuivre, et ajouter un préservatif pendant 7 jours.
- Si l'oubli concerne la dernière semaine de plaquette : enchaîner la plaquette suivante sans pause.
- S'il y a eu un rapport dans les jours précédant l'oubli : envisager une contraception d'urgence.
- Vomissements ou diarrhée sévère dans les 3 à 4 heures suivant la prise : le comprimé est considéré comme non absorbé, appliquer la règle de l'oubli.
Contre-indications et précautions
Elles concernent avant tout les pilules combinées, dont le risque thrombo-embolique est le point de vigilance principal. Sont notamment en cause : antécédent personnel de phlébite ou d'embolie pulmonaire, certaines anomalies de la coagulation, migraine avec aura, hypertension non contrôlée, tabagisme après 35 ans, certains cancers, une période d'immobilisation prolongée. Les pilules progestatives seules sont utilisables dans une partie de ces situations : c'est l'un des motifs fréquents de leur prescription.
Interactions : les inducteurs enzymatiques — certains antiépileptiques, la rifampicine, plusieurs antirétroviraux, le millepertuis en automédication — peuvent réduire l'efficacité de la pilule. Toute nouvelle ordonnance, et tout complément acheté sans ordonnance, mérite d'être signalé.
Les signes qui imposent de consulter sans attendre
Douleur ou gonflement d'un mollet, douleur thoracique, essoufflement brutal, mal de tête inhabituel et intense, trouble visuel soudain, faiblesse d'un côté du corps. Ces signes doivent faire consulter en urgence.
Le retour de la fertilité
Il est immédiat à l'arrêt : une grossesse est possible dès le cycle suivant. La pilule ne « fatigue » pas les ovaires et ne nécessite aucune fenêtre de repos. Les premiers cycles peuvent en revanche être irréguliers le temps que le rythme propre se rétablisse.
