Le pays en deux mots
La présence française aux États-Unis est plus ancienne que le pays lui-même. Des huguenots fuyant les persécutions, puis la révocation de l'édit de Nantes (1685), fondèrent New Paltz et New Rochelle, dans la colonie de New York, et s'établirent à Charleston, en Caroline du Sud, tandis que la Nouvelle-France s'étendait des Grands Lacs au golfe du Mexique, avec Détroit (1701) et La Nouvelle-Orléans (1718) ; en 1764 encore, des négociants venus de La Nouvelle-Orléans fondèrent Saint-Louis. La Fayette, arrivé en 1777, l'alliance de 1778, puis l'armée de Rochambeau et la flotte de l'amiral de Grasse à Yorktown (1781) pesèrent lourd dans la guerre d'indépendance, et en 1803 Bonaparte vendit la Louisiane aux États-Unis, qui doublèrent ainsi leur territoire. Une partie des Acadiens déportés par les Britanniques à partir de 1755 gagnèrent la Louisiane dans les décennies suivantes et y devinrent les Cajuns, et La Nouvelle-Orléans accueillit au début du XIXe siècle des réfugiés de Saint-Domingue ; la Louisiane est membre observateur de la Francophonie depuis 2018. À partir de 1849, des milliers de Français partirent pour la Californie de la ruée vers l'or, et entre 1840 et 1930, près d'un million de Canadiens français, selon les estimations, quittèrent le Québec pour les États-Unis, surtout pour les filatures de la Nouvelle-Angleterre : les « Petits Canadas » de Lowell (Massachusetts), Manchester (New Hampshire) ou Woonsocket (Rhode Island) sont le berceau de la communauté franco-américaine. Aujourd'hui, plusieurs millions d'Américains se disent d'ascendance française ou canadienne-française, et les États-Unis accueillent l'une des plus importantes communautés françaises à l'étranger, installée notamment à New York, en Californie, en Floride et au Texas, et dont une partie seulement est inscrite au registre consulaire. Les Haïtiens forment de grandes communautés à Miami et à New York, des Belges, des Suisses et des Québécois s'y installent aussi, et les couples franco-américains sont nombreux des deux côtés de l'Atlantique. C'est pour eux que les États-Unis ont leur place dans la version française du site.
Les États-Unis, 340 millions d'habitants, sont une république fédérale où le droit de la famille appartient pour l'essentiel aux cinquante États : chacun fixe ses propres règles pour le mariage, le divorce, les biens des époux, les successions, l'adoption et la gestation pour autrui. Le mariage suppose une licence (marriage license) délivrée par le greffier du comté (county clerk) et, dans la plupart des États, l'âge de 18 ans ; le divorce sans faute (no-fault) existe partout ; neuf États soumettent les biens des époux à la communauté (community property), les autres les font partager équitablement par le juge au divorce (equitable distribution) ; les successions se règlent en principe sous le contrôle du tribunal (probate). Mariage ouvert aux couples de même sexe dans tout le pays depuis l'arrêt Obergefell (2015), reconnaissance de ces mariages garantie par une loi fédérale de 2022 (Respect for Marriage Act), plus de droit fédéral à l'avortement depuis l'arrêt Dobbs (2022), âge du consentement de 16 à 18 ans selon l'État, première pilule contraceptive quotidienne sans ordonnance autorisée en 2023, cannabis légal pour les adultes de 21 ans et plus dans 24 États et le district de Columbia mais toujours interdit par la loi fédérale, ni congé de maternité payé ni loi générale sur la protection des données au niveau fédéral : un même couple n'a pas les mêmes droits en Californie et au Texas. Les pages ci-dessous précisent, thème par thème, ce que prévoit le droit américain, les démarches et les adresses, et ce qui compte pour un couple franco-américain : certificat de capacité à mariage et transcription des actes au consulat, mention des divorces américains en marge des actes français, successions à deux lois, déplacements d'enfants entre les deux pays, régis par la convention de La Haye de 1980 ; l'ambassade de France à Washington et dix consulats généraux couvrent le pays.
