L’astrologie maya et le tzolk’in

Le compte sacré de 260 jours, les vingt signes du jour et les treize nombres, le haab et le compte long, ce que les Mayas faisaient du jour de naissance, et ce que vaut l’« astrologie maya » d’aujourd’hui. Avec un calculateur de votre signe.

Votre signe maya

Seule la date compte : le tzolk’in est un calendrier, pas une observation du ciel. Le calculateur compte les jours écoulés depuis la date de référence du compte maya, avec la corrélation admise par la plupart des chercheurs (dite GMT, constante 584 283), celle que suivent encore aujourd’hui les gardiens du calendrier du Guatemala. Il donne votre nombre (1 à 13), votre signe du jour (l’un des 20) et l’équivalent aztèque.

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Trois calendriers imbriqués

Les Mayas de l’époque classique (250–900) tenaient plusieurs comptes du temps en même temps, et c’est leur imbrication qui fait la richesse du système. Le tzolk’in, « compte des jours », est un cycle de 260 jours obtenu en combinant un nombre de 1 à 13 et l’un de 20 signes : le jour 1 Imix est suivi de 2 Ik’, 3 Ak’b’al, et ainsi de suite ; les deux séries avancent ensemble, et la même combinaison ne revient qu’au bout de 13 × 20 = 260 jours. C’est le calendrier sacré, celui de la divination et des noms. Le haab est l’année solaire approchée : 18 mois de 20 jours plus 5 jours « sans nom » (le wayeb), jours de mauvais augure où l’on évitait d’entreprendre. Tzolk’in et haab combinés forment la roue calendaire de 52 ans (18 980 jours), au bout de laquelle une même date reparaît — un cycle que les Aztèques marquaient par la cérémonie du Feu nouveau.

Pour compter au-delà de 52 ans, les Mayas utilisaient le compte long, un nombre de jours écoulés depuis une date de création mythique, écrit en cinq positions : k’in (1 jour), winal (20), tun (360), k’atun (7 200), b’ak’tun (144 000). C’est ce compte qui a fait parler de 2012 : le 21 décembre 2012, il est passé de 12.19.19.17.19 à 13.0.0.0.0, la fin du treizième b’ak’tun — un changement de « millénaire », pas une fin du monde, et aucune inscription maya n’annonce quoi que ce soit pour cette date, à l’exception d’une mention laconique sur un monument de Tortuguero.

Les vingt signes du jour

Les noms ci-dessous sont ceux du maya yucatèque, les mieux attestés ; les K’iche’ du Guatemala, qui tiennent encore ce compte, en ont d’autres, et les Aztèques les leurs (le tonalpohualli, indiqué entre parenthèses). Le sens donné à chaque signe vient des gardiens du calendrier et des sources coloniales ; il n’a pas la précision d’un catalogue, et deux devins peuvent en donner deux lectures.

Les treize nombres

Le nombre nuance le signe. La lecture traditionnelle va du 1, le commencement, encore fragile, au 13, l’accomplissement, presque excessif ; les nombres du milieu, 6, 7 et 8, sont tenus pour les plus équilibrés, et les gardiens du calendrier choisissent volontiers ces jours-là pour les cérémonies. Un 1 Kawak et un 13 Kawak partagent le signe de la pluie, mais l’un le porte à peine et l’autre en déborde.

Ce qu’on faisait du jour de naissance

Dans toute la Mésoamérique, le jour du tzolk’in où l’on naissait était considéré comme un destin et un tempérament. Chez les Mixtèques et les Aztèques, il donnait le nom : les codex conservent la biographie du seigneur mixtèque Huit-Cerf Griffe-de-Jaguar, né un jour 8 Cerf, et Nezahualcoyotl, le roi-poète de Texcoco, portait aussi un nom de jour. Chez les Mayas, le devin (ajq’ij, « celui des jours ») lisait le jour de naissance pour dire les forces et les faiblesses de l’enfant, et l’on consultait le compte pour fixer les semailles, les mariages, les départs. Cette pratique n’a jamais cessé dans les hautes terres du Guatemala : les gardiens du calendrier k’iche’ tiennent aujourd’hui encore le chol q’ij, le même compte de 260 jours, dans la continuité du compte classique — ce qui a permis de confirmer la corrélation entre calendrier maya et calendrier grégorien.

L’« astrologie maya » moderne

Ce que l’on trouve en ligne sous ce nom — des « signes mayas » avec des profils psychologiques détaillés, des compatibilités, un « synchronaire » de treize lunes de 28 jours — est en grande partie une reconstruction des années 1980 et 1990. Le système le plus répandu, le Dreamspell de José Argüelles (1987–1990), utilise un compte des jours différent du compte traditionnel : il ne compte pas le 29 février et n’est pas aligné sur le chol q’ij des K’iche’. Deux sites peuvent donc vous donner deux signes mayas différents. Notre calculateur suit le compte traditionnel, celui des inscriptions et des gardiens actuels ; si un autre site vous dit autre chose, ce n’est pas une erreur de calcul, c’est un autre calendrier. Le calendrier maya est authentique et admirable ; l’« astrologie » qui en est tirée est une invention récente, à prendre comme un jeu.

Ce que cela vaut

Comme toute astrologie, rien de prédictif : personne n’a jamais montré qu’un enfant né un jour Jaguar était plus fort ou plus nocturne qu’un enfant né un jour Fleur. Mais le tzolk’in a deux qualités rares. C’est un calendrier vivant, tenu sans interruption depuis au moins deux mille ans par un peuple qui a survécu à la conquête, et le consulter est une façon d’entrer dans une culture plutôt que dans une croyance. Et ses vingt signes sont des images concrètes — le vent, le maïs, la route, le silex — qui se prêtent bien au jeu que propose ce site : se demander ce que l’image dit de soi, et en parler à deux. Pour les autres systèmes, voyez l’astrologie védique, le signe chinois et l’histoire du zodiaque occidental.

Questions fréquentes

Pourquoi un autre site me donne-t-il un autre signe maya ?

Parce qu’il utilise probablement le compte du Dreamspell, décalé par rapport au compte traditionnel et qui saute les 29 février. Les deux sont cohérents avec eux-mêmes ; seul le compte traditionnel est celui des Mayas.

Le tzolk’in tient-il compte de l’heure de naissance ?

Non : le jour change à l’aube dans la tradition, et le calcul ne regarde que la date. Une personne née à trois heures du matin relèverait, à la rigueur, du jour précédent ; le calculateur suit la date civile.

Les Mayas avaient-ils un zodiaque ?

Ils observaient très finement Vénus, la Lune et les éclipses — le codex de Dresde contient des tables d’une précision remarquable — et certains chercheurs pensent avoir identifié un zodiaque de treize constellations dans le codex de Paris. Mais leur « astrologie » de la personne, autant qu’on la connaisse, reposait sur le calendrier et non sur les planètes.

Et 2012 ?

La fin du treizième b’ak’tun, le 21 décembre 2012, était un changement de cycle comparable à un passage de millénaire. Aucun texte maya ne prédit de catastrophe pour cette date ; l’idée est venue d’auteurs occidentaux des années 1970 à 2000.

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