Le principe, et son point faible
Ces méthodes n'observent rien : elles déduisent la fenêtre fertile de la longueur des cycles passés. Le raisonnement est juste — la phase lutéale dure de façon assez constante 12 à 16 jours, donc l'ovulation tombe environ deux semaines avant les règles suivantes. Le problème est qu'il faut, pour l'appliquer, connaître à l'avance la date des règles à venir.
Or c'est la première partie du cycle qui varie, et elle varie beaucoup : un stress, une maladie, un voyage, un changement de rythme peuvent retarder l'ovulation de plusieurs jours. Un calcul fondé sur les douze derniers cycles ne voit pas venir ce décalage. Ces méthodes sont fiables tant que rien ne sort de l'ordinaire — c'est-à-dire précisément là où l'on aurait le moins besoin d'elles.
La méthode Ogino, ou méthode du rythme
Elle exige d'avoir noté au moins six à douze cycles, puis applique un calcul simple :
- Premier jour fertile = longueur du cycle le plus court − 18
- Dernier jour fertile = longueur du cycle le plus long − 11
Pour des cycles allant de 26 à 32 jours, la fenêtre à éviter court donc du 8e au 21e jour : quatorze jours, soit près de la moitié du cycle. Plus les cycles sont irréguliers, plus la fenêtre s'élargit — jusqu'à rendre la méthode inapplicable.
La méthode des jours fixes
Version simplifiée et standardisée : les jours 8 à 19 sont considérés comme fertiles, quels que soient les cycles. Aucun calcul, d'où sa diffusion dans les programmes de santé publique, souvent avec un collier de perles de couleur ou une application qui matérialise le décompte.
Elle n'est valable qu'à une condition stricte : que les cycles tiennent presque toujours entre 26 et 32 jours. Au-delà de deux cycles hors de cette fourchette sur une année, la méthode n'est plus considérée comme utilisable.
Efficacité
| Méthode | Usage parfait | Usage courant |
|---|---|---|
| Jours fixes | environ 5 | environ 12 |
| Deux jours (observation des sécrétions) | environ 4 | environ 14 |
| Ogino / rythme | environ 9 | jusqu'à 24 |
Grossesses pour 100 femmes sur un an.
À titre de comparaison, la symptothermie — qui observe le corps au lieu de compter les jours — se situe autour de 0,4 en usage parfait. L'écart ne tient pas au sérieux des utilisatrices : il tient à ce que le calendrier ne peut pas savoir.
Quand ces méthodes ne s'appliquent pas
Cycles irréguliers, adolescence, post-partum, allaitement, périménopause, syndrome des ovaires polykystiques, arrêt récent d'une contraception hormonale : dans tous ces cas, le calcul perd son fondement. Aucune de ces méthodes ne protège d'une infection sexuellement transmissible.
Si vous voulez rester sur une méthode naturelle
Passer du calendrier à l'observation de la glaire cervicale, ou mieux à la symptothermie, change complètement le niveau de fiabilité pour un effort quotidien à peine supérieur. C'est le conseil le plus utile que l'on puisse donner à quelqu'un qui compte aujourd'hui ses jours sur un calendrier.
