Il existe beaucoup de sites qui prétendent recenser les arnaques, et une partie d'entre eux vit de la publicité ou revend des données. Les ressources ci-dessous sont classées par usage réel, avec ce qu'elles font — et ce qu'elles ne font pas.
Vérifier avant de payer
- La recherche d'image inversée. L'outil le plus efficace et le plus rapide contre un faux profil. Google Images, TinEye et la recherche visuelle de Bing acceptent tous une photo téléversée. Une photo de profil qui appartient à un mannequin, à un militaire américain ou à un compte Instagram étranger ressort en quelques secondes. Testez plusieurs moteurs : ils n'indexent pas les mêmes sources.
- Les évaluateurs de sites marchands, dont le plus connu est ScamAdviser, attribuent une note de confiance automatique à partir de l'âge du domaine, du pays d'hébergement et des avis. Utile comme premier filtre, mais c'est un score calculé : une bonne note n'est pas une garantie, et un site récent n'est pas forcément frauduleux.
- Les listes d'alerte des autorités financières. Chaque pays publie la liste des entités qui proposent des placements sans y être autorisées. C'est la vérification décisive avant tout « investissement » proposé par une connaissance en ligne, et elle est gratuite. La liste de votre pays figure dans sa fiche ; le portail d'alertes de l'OICV réunit les mises en garde des régulateurs du monde entier.
- Les outils publics de vérification de comptes et de numéros existent dans plusieurs pays d'Asie : ils permettent d'interroger un numéro de compte ou de téléphone avant un paiement. Voyez la fiche de votre pays.
Signaler officiellement
- Le guichet national de signalement est toujours le point de départ : c'est lui qui alimente les enquêtes et, dans certains pays, permet de faire geler les fonds. Il diffère d'un pays à l'autre — la fiche de votre pays indique lequel et comment le saisir.
- eConsumer.gov est le seul guichet réellement international : géré par le réseau des autorités de protection des consommateurs, il rassemble plus de trente-cinq pays et sert à déclarer une arnaque commise depuis l'étranger. Il ne récupère pas votre argent, mais il transmet le signalement à l'autorité compétente du pays de l'escroc.
- Le réseau des centres européens des consommateurs traite gratuitement les litiges avec un professionnel établi dans un autre pays de l'Union, en Norvège ou en Islande. C'est souvent le recours le plus efficace pour un achat, moins pour une arnaque sentimentale.
- La plateforme elle-même. Le signalement interne ferme le compte, ce qui protège les personnes déjà en cours de contact. C'est le geste le plus immédiatement utile pour autrui.
Consulter ce que d'autres ont déjà signalé
- Les bases de signalements consultables permettent de chercher un nom, un numéro, une adresse électronique ou une société. Le Scam Tracker du Better Business Bureau couvre l'Amérique du Nord ; Signal-Arnaques et ScamDoc recensent les signalements francophones ; la Watchlist autrichienne, financée sur fonds publics, publie les campagnes en cours en allemand ; les associations de consommateurs allemandes tiennent un radar de l'hameçonnage.
- Les alertes des centres nationaux de cybersécurité sont la source la plus fiable et la moins consultée. Plusieurs publient un bulletin hebdomadaire décrivant les campagnes en circulation, avec captures d'écran. Un coup d'œil avant de payer suffit souvent à reconnaître le scénario. Le centre de votre pays est indiqué dans sa fiche.
- L'Alliance mondiale contre les arnaques fédère plus d'une centaine d'organisations — banques, plateformes, autorités — et publie des études annuelles utiles pour comprendre les tendances. Ce n'est pas un guichet de signalement individuel.
Comment lire un site de signalements
Ces bases sont alimentées par les utilisateurs : elles ne vérifient pas les déclarations. L'absence de signalement ne prouve rien — un escroc change d'identité tous les mois. La présence de plusieurs signalements indépendants décrivant le même scénario, en revanche, est un signal très fort.
Faire retirer une image intime
- StopNCII.org est le service de référence pour les adultes. Son principe est important à comprendre : l'image ne quitte jamais votre appareil. Seule une empreinte numérique est calculée localement puis transmise aux plateformes partenaires, qui bloquent toute image correspondante. Vous n'envoyez donc votre photo à personne, et le service est gratuit.
- Pour une personne mineure, un dispositif équivalent existe, opéré par le centre américain pour les enfants disparus et exploités, avec le même fonctionnement par empreinte et une portée internationale.
- Les formulaires de retrait des plateformes traitent les images publiées sans consentement en priorité. Conservez l'adresse exacte de la publication : c'est ce qui accélère le traitement.
Trouver du soutien
- Les services d'entraide spécialisés dans la sextorsion — dont Scam Survivors, ancien et tenu par des bénévoles — accompagnent gratuitement, expliquent ce qui va se passer et aident à verrouiller ses comptes. Leur message est constant : la menace de diffusion est rarement mise à exécution quand la victime ne paie pas et coupe le contact.
- Les associations de victimes nationales figurent dans la fiche pays. Beaucoup proposent une permanence téléphonique gratuite.
- Les lignes d'écoute généralistes comptent aussi : la honte et l'isolement font partie du préjudice, et parler à quelqu'un le jour même change beaucoup.
Les faux sites d'aide
Une industrie entière vit du deuxième tour d'arnaque : faux services de récupération de fonds, faux annuaires d'avocats, faux enquêteurs privés, faux « experts blockchain ». Trois règles permettent de les écarter : aucune autorité légitime ne fait payer pour restituer des fonds ; aucun service sérieux ne demande vos identifiants bancaires « pour vérifier » ; et un site qui vous contacte de lui-même après une arnaque sait que vous en avez été victime, ce qui n'est possible que d'une seule façon.
