La succession — Union européenne

Depuis le 17 août 2015, le règlement (UE) n° 650/2012 soumet toute la succession à une seule loi, celle de la dernière résidence habituelle du défunt — sauf si celui-ci a choisi la loi de sa nationalité.

Le cadre légal

Le règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012, dit règlement Successions, s'applique aux successions ouvertes à compter du 17 août 2015. Il pose trois règles simples : une succession, une seule loi ; cette loi est celle de la résidence habituelle du défunt au jour du décès, quel que soit le lieu des biens ; et le défunt peut, de son vivant, choisir par écrit la loi de l'État dont il a la nationalité. Il crée aussi le certificat successoral européen, qui prouve la qualité d'héritier dans tous les États liés.

Le changement introduit en 2015 est plus profond qu'il n'y paraît. Auparavant, la France appliquait la loi du lieu de situation aux immeubles et la loi du domicile aux meubles : une même succession pouvait se régler selon trois droits différents. Le règlement met fin à cette scission à l'intérieur de l'Union.

Le choix de loi est l'outil le plus utile du règlement, et le moins utilisé. Un Français installé à Londres ou à Lisbonne peut, par une phrase dans son testament, faire appliquer le droit français à toute sa succession — et donc conserver la réserve héréditaire au profit de ses enfants. À l'inverse, un Britannique résidant en France peut choisir le droit anglais et retrouver la liberté testamentaire.

Ce choix a toutefois une limite en France : l'article 913 du Code civil, dans sa rédaction issue de la loi du 24 août 2021, permet aux enfants d'exercer un prélèvement compensatoire sur les biens situés en France lorsque la loi étrangère applicable ne connaît aucune réserve héréditaire. La portée exacte de ce mécanisme, contesté au regard du droit de l'Union, est discutée.

Les points clés

TexteRèglement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012, applicable depuis le 17 août 2015
Loi applicableCelle de la résidence habituelle du défunt au décès, pour l'ensemble des biens
Choix de loiPossibilité de désigner la loi de sa nationalité, par écrit, avant le décès
UnitéMeubles et immeubles relèvent de la même loi, où qu'ils se trouvent
Certificat successoral européenPreuve de la qualité d'héritier reconnue dans tous les États liés
États non liésLe Danemark et l'Irlande ne participent pas au règlement

En pratique

Coût et prise en charge

Le certificat successoral européen coûte quelques centaines d'euros selon l'État. L'économie réelle est ailleurs : avant 2015, une succession avec un appartement en Espagne et des comptes en France se réglait selon deux droits, avec deux procédures et deux notaires. Le règlement supprime cette scission, ce qui raccourcit les délais de plusieurs mois.

Évolutions récentes

La Cour de justice a précisé que la résidence habituelle suppose un lien stable et durable : un retraité installé depuis dix ans au Portugal y a sa résidence habituelle, même s'il a conservé un logement et des comptes dans son pays d'origine.

Où s'adresser

À savoir

Le règlement unifie la loi applicable, pas l'impôt : une même succession peut être taxée dans deux États, et seule une convention fiscale bilatérale évite la double imposition.

Questions fréquentes

Quelle loi s'applique à ma succession dans l'Union ?

Celle de votre résidence habituelle au jour du décès, pour l'ensemble de vos biens, sauf si vous avez choisi par écrit la loi de votre nationalité.

Comment choisir la loi de mon pays ?

En l'indiquant expressément, de préférence dans un testament : « je désigne la loi française pour régir l'ensemble de ma succession ».

Qu'est-ce que le certificat successoral européen ?

Un document délivré par le notaire ou l'autorité compétente qui prouve votre qualité d'héritier et vos pouvoirs dans tous les États liés par le règlement, sans exequatur.

Le règlement s'applique-t-il partout dans l'Union ?

Non : le Danemark et l'Irlande n'y participent pas. Pour les biens qui s'y trouvent, leurs propres règles de conflit s'appliquent.

Le règlement règle-t-il les droits de succession ?

Non. La fiscalité reste entièrement nationale, et une succession transfrontalière peut être imposée dans deux États.

Sources et liens officiels

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