« Est-ce que ça va passer ? » est sans doute la question la plus posée, et la plus mal posée. Les couples heureux ne sont pas ceux qui ne se disputent pas : ce sont ceux qui réparent après. Ce qui distingue une mauvaise période d'un problème installé n'est donc pas l'intensité des disputes, mais quatre ou cinq choses plus discrètes.
Ce questionnaire les passe en revue. Il ne rend pas de verdict et ne remplace personne : il vous rend une description un peu plus nette de ce que vous vivez, avec les pages du site qui correspondent.
Ce que l'on sait des couples qui tiennent
John Gottman a observé des milliers de couples en laboratoire, en filmant leurs disputes. Son résultat le plus connu tient en une phrase : la fréquence des conflits ne prédit rien, leur manière prédit beaucoup. Il décrit quatre comportements défavorables.
| Comportement | Ce à quoi cela ressemble | Ce qui le remplace |
| La critique | « Tu ne penses jamais à… », un reproche qui vise la personne plutôt que le fait | Décrire la situation et le besoin, pas le caractère |
| Le mépris | Les yeux levés au ciel, le sarcasme, le ton qui rabaisse. Le plus défavorable des quatre | Dire ce que l'on apprécie encore, à voix haute |
| La défense systématique | Répondre à chaque grief par un contre-grief | Accepter une part, même petite, de ce qui est reproché |
| Le retrait | Se fermer, quitter la pièce, ne plus répondre | Demander une pause en annonçant quand on revient |
Le quatrième mérite une nuance : se retirer d'une dispute qui s'emballe est physiologiquement compréhensible, et une pause annoncée vaut mieux qu'une escalade. Ce qui abîme, c'est le retrait sans retour.
Trois questions plus utiles que « est-ce que ça va passer ? »
- Depuis quand, exactement ? Poser une date force à chercher ce qui s'est produit à ce moment-là. Très souvent, quelque chose s'est produit.
- Est-ce une charge ou un désaccord ? Une charge — fatigue, argent, enfants, travail — se soulage en la partageant autrement. Un désaccord de fond — un enfant, un pays, une fidélité — se tranche. Traiter l'un comme l'autre fait perdre des années.
- Que se passerait-il si rien ne changeait pendant cinq ans ? La réponse est souvent plus claire que tous les bilans.
Deux précautions
Un questionnaire répondu seul ne donne qu'une moitié de l'histoire. Si votre conjoint le remplit de son côté, comparez les réponses : c'est souvent l'écart entre les deux qui est instructif, plus que le résultat lui-même.
Et si vous traversez une dépression, un deuil ou un épuisement, la relation paraît toujours pire qu'elle n'est. Cela vaut la peine de traiter l'un avant de conclure sur l'autre.
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Page vérifiée en septembre 2026. Les règles et les données citées peuvent évoluer.