Mon adolescent consomme de la drogue

Vous venez de trouver quelque chose, ou on vous a dit quelque chose. Ce que vous ferez dans les quarante-huit heures compte plus que tout le reste — et la première chose à faire est de ne rien faire tout de suite.

D'abord : y a-t-il une urgence ?

Appelez les secours sans attendre devant une perte de connaissance, des convulsions, une respiration lente ou irrégulière, des lèvres bleues, une confusion majeure, une douleur dans la poitrine, une température très élevée, une agitation incontrôlable ou des idées suicidaires. Dites ce qui a été pris, même si vous n'en êtes pas sûr : la prise en charge en dépend. Personne ne sera poursuivi pour avoir appelé. Emportez le produit ou le matériel trouvé — flacon, cigarette électronique, plaquette — sans le manipuler : il pourra être analysé.

Les premières heures

La découverte provoque un mélange de peur, de colère et de honte, et c'est exactement dans cet état qu'il ne faut pas ouvrir la conversation. Les équipes d'addictologie le disent toutes : la discussion qui a lieu le soir même, à chaud, produit presque toujours un mensonge, une porte claquée et une méfiance durable. Attendez d'être calme, même si cela prend un jour.

Pendant ce temps, posez-vous trois questions dont les réponses détermineront tout : depuis quand, à quelle fréquence, et avec quoi. Un joint fumé deux fois dans un parc n'appelle pas la même réaction qu'une consommation quotidienne, et une cigarette électronique inconnue n'appelle pas la même réaction qu'un flacon de GBL. Vous n'aurez pas toutes les réponses : ce n'est pas grave, l'objectif est de ne pas partir d'une hypothèse extrême.

La première conversation

Les erreurs qui coûtent cher

Où trouver de l'aide, gratuitement

Les consultations destinées aux jeunes consommateurs existent dans la plupart des pays : quelques rendez-vous gratuits et confidentiels, sans obligation de traitement, ouverts aux adolescents et à leurs parents — y compris aux parents seuls, quand l'adolescent refuse de venir. C'est la meilleure porte d'entrée, et la plupart des familles ignorent qu'elle existe.

S'y ajoutent le médecin traitant, l'infirmerie scolaire — dont l'approche est sanitaire avant d'être disciplinaire —, et les lignes d'écoute anonymes. En France, Drogues Info Service répond au 0 800 23 13 13, sept jours sur sept de 8 h à 2 h. La page sortir de la dépendance donne les numéros des autres pays, les traitements qui marchent et les modalités de signalement.

Comprendre ce qu'il a pris

La rubrique Drogues et addictions donne une page par produit : d'où il vient, sous quelles formes, ce qu'il fait, ce qu'il abîme, et combien de temps il reste détectable. Deux pages méritent une lecture immédiate : celle sur les cannabinoïdes de synthèse, vendus dans des e-liquides présentés comme licites et responsables de la majorité des intoxications graves d'adolescents, et celle sur le protoxyde d'azote, en vente libre et première cause d'atteinte nerveuse chez des jeunes en bonne santé. La page reconnaître une consommation récapitule les signes et les durées de détection.

Et après

Une consommation qui s'arrête ne s'arrête pas d'un coup, et une rechute ne signifie pas que tout est perdu. Ce qui prédit le mieux l'évolution n'est pas la sévérité de la sanction mais la qualité du lien maintenu : un adolescent qui sait qu'il peut revenir en parler revient. Surveillez en parallèle ce qui se cache souvent derrière — un harcèlement, une anxiété, une dépression, un trouble de l'attention non diagnostiqué : chez beaucoup de jeunes, le produit est une tentative de traitement avant d'être un plaisir.

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