Hépatite C

Longtemps incurable, l'hépatite C se guérit aujourd'hui en huit à douze semaines de comprimés — mais elle reste silencieuse pendant des années.

Illustration : Hépatite C

L'infection

L'hépatite C est due à un virus qui infecte le foie et qui devient chronique dans environ deux tiers à trois quarts des cas. C'est une infection principalement transmise par le sang : sa transmission sexuelle est faible dans les couples hétérosexuels stables, mais nettement plus élevée lors de pratiques exposant au sang, et notamment chez les hommes ayant des rapports avec des hommes vivant avec le VIH. L'arrivée des antiviraux à action directe a transformé son pronostic en quelques années.

Les points clés

AgentVirus de l'hépatite C, virus à ARN
Incubation2 semaines à 6 mois
Transmission sexuelleFaible en population générale, significative lors de pratiques exposant au sang
Délai de dépistageAnticorps détectables en 4 à 10 semaines ; PCR possible plus tôt
Passage à la chronicitéEnviron 70 %
GuérisonOui, plus de 95 % avec 8 à 12 semaines de traitement
VaccinAucun

Comment elle se transmet

La voie principale est le contact avec du sang infecté : partage de matériel d'injection ou d'inhalation, matériel de tatouage ou de piercing mal stérilisé, gestes médicaux dans des conditions d'hygiène insuffisantes. La transmission sexuelle existe mais reste marginale dans les rapports hétérosexuels sans exposition au sang. Elle devient significative en cas de rapports traumatiques, de lésions muqueuses, de règles, d'infections associées, ou dans un contexte de consommation de produits.

Les symptômes

L'infection aiguë est silencieuse dans la grande majorité des cas ; quand elle se manifeste, c'est par une fatigue, des nausées, parfois une jaunisse. L'infection chronique est asymptomatique pendant des années, avec au plus une fatigue mise sur le compte d'autre chose. Elle est le plus souvent découverte lors d'un bilan sanguin de routine montrant des transaminases élevées, ou lors d'un dépistage ciblé.

Le dépistage

Le dépistage se fait en deux temps : une recherche d'anticorps anti-VHC, puis, si elle est positive, une PCR pour rechercher le virus lui-même. Cette deuxième étape est indispensable, car les anticorps persistent après la guérison : une personne guérie reste positive en anticorps toute sa vie. Un test rapide d'orientation diagnostique existe, également suivi d'une confirmation par PCR.

Le traitement

Le traitement repose sur des antiviraux à action directe, pris par voie orale pendant huit à douze semaines, avec un taux de guérison supérieur à 95 % et très peu d'effets indésirables. La guérison est confirmée par une PCR négative douze semaines après la fin du traitement. Elle est définitive, mais ne protège pas d'une nouvelle contamination : la réinfection est possible et observée.

Sans traitement

Non traitée, l'hépatite chronique évolue vers la fibrose, puis la cirrhose chez une partie des personnes après vingt à trente ans, et expose au cancer du foie. Le risque est accru par la consommation d'alcool, le surpoids et une co-infection par le VIH ou l'hépatite B. Une fois la cirrhose installée, la guérison virologique reste bénéfique mais la surveillance du foie doit être poursuivie.

La prévention

Après un diagnostic

À retenir

Un test d'anticorps positif ne signifie pas que vous êtes encore infecté. Seule la PCR distingue une infection active d'une infection guérie — exigez cette deuxième étape avant toute conclusion.

Un peu d'histoire

Après la découverte des virus des hépatites A et B, il reste dans les années 1970 des hépatites post-transfusionnelles qui ne sont ni l'une ni l'autre : Harvey Alter les nomme en 1975 « hépatite non-A non-B ». Le virus résiste quatorze ans à toutes les tentatives d'isolement. En 1989, Qui-Lim Choo, George Kuo et Michael Houghton, chez Chiron, l'identifient par une méthode nouvelle, en clonant directement son matériel génétique à partir du sang d'un chimpanzé infecté. Le test de dépistage suit en 1990, et le risque transfusionnel s'effondre en deux ans. Alter, Houghton et Charles Rice reçoivent le prix Nobel de médecine en 2020.

Le traitement fut longtemps l'interféron, seul puis associé à la ribavirine : un an d'injections aux effets pénibles, pour moins d'une guérison sur deux. La révolution vient des antiviraux à action directe : le sofosbuvir, autorisé fin 2013, et ses successeurs guérissent plus de 95 % des malades en huit à douze semaines de comprimés, sans interféron. Leur prix de lancement — 84 000 dollars la cure aux États-Unis — a déclenché un débat mondial sur le coût des médicaments, avant de chuter avec les génériques.

L'hépatite C est ainsi devenue la première infection virale chronique que l'on sait guérir. L'OMS s'est fixé pour objectif de l'éliminer comme problème de santé publique d'ici 2030 ; l'Égypte, longtemps le pays le plus touché au monde, a dépisté plus de 60 millions de personnes en 2018-2019 et traité les porteurs, montrant que c'est possible à grande échelle.

Les différences entre pays

Le traitement guérit plus de 95 % des cas partout. La vraie différence porte sur qui y a accès, et sur qui est diagnostiqué.

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