Les applications pour hommes gays et bisexuels
- Grindr (2009, Los Angeles) : la plus utilisée au monde, une dizaine de millions d’utilisateurs actifs par mois, géolocalisée, gratuite avec abonnement ; rencontres rapides plus que relations, mais tout s’y trouve. Ses données de localisation ont été vendues à des courtiers et sa sécurité est faible dans les pays hostiles (voir plus bas).
- Scruff (2010) : public un peu plus âgé et plus « bear », fonctions de voyage et d’événements ; Hornet (2011) : très implanté en Russie, en Turquie, au Brésil, en Asie, avec un fil d’actualité ; Romeo (PlanetRomeo, Berlin, 2002) : le réseau historique germanophone et néerlandophone, aussi sur le web ; Recon et Growlr pour des publics ciblés.
- Les généralistes — Tinder, Bumble, OkCupid, Hinge, Meetic — proposent des filtres d’orientation ; OkCupid et Tinder offrent depuis 2016-2019 des dizaines d’options de genre et d’orientation, et affichent parfois le profil trans à part selon le paramétrage.
Pour les femmes lesbiennes, bies et queer
HER (2013, San Francisco) est la référence, avec des événements dans les grandes villes ; Lex (petites annonces textuelles, sans photo), Zoe, Feeld (pour les relations non conventionnelles) et Bumble en mode femmes-femmes complètent ; les femmes trans y sont admises selon les applications, et parfois mal accueillies.
Pour les personnes trans et ceux qui les cherchent
- Fiorry (2019) : conçue pour les personnes trans et non binaires, avec vérification des profils et une communauté de soutien ; Butterfly (2019, Royaume-Uni) : réservée aux personnes trans et à ceux qui souhaitent les rencontrer, avec traduction intégrée ; Taimi (2017) : « LGBTQ+ » généraliste, très utilisée par les personnes trans ; Transdr, Tser, TransSingle et MyTransgenderDate (2014, orientée relations durables, modération humaine) : des sites de niche, dont certains vivent du fantasme plus que de la rencontre.
- Sur les applications généralistes, les femmes trans se heurtent au fétichisme (les chasers, qui cherchent une expérience et cachent la relation) et au rejet brutal une fois la transidentité connue ; beaucoup l’indiquent dans le profil pour trier, d’autres attendent la première rencontre — chacune sa règle, et aucune obligation légale de le dire.
Les pays où l’application est un piège
Là où l’homosexualité est réprimée, la police et des bandes utilisent les applications pour attirer, arrêter ou extorquer. En Égypte, des policiers créent de faux profils sur Grindr pour arrêter des hommes gays et des femmes trans, poursuivis pour « débauche » (des dizaines d’arrestations par an documentées par Human Rights Watch) ; au Maroc, en 2020, une campagne d’outing à partir de profils Grindr a conduit à des expulsions du domicile familial et à des suicides ; au Nigeria, au Ghana, au Cameroun, au Sénégal, des bandes (kito) fixent un rendez-vous, frappent, filment et rançonnent ; en Ouganda, la loi de 2023 punit de prison à vie et les dénonciations sont encouragées ; en Russie, depuis la loi de 2023 qui qualifie le « mouvement LGBT » d’extrémiste, utiliser une application peut valoir des poursuites ; dans les pays du Golfe, en Iran, en Indonésie (Aceh), en Malaisie, la police fait des rafles ciblées. Grindr, Hornet et Scruff masquent la distance et alertent leurs utilisateurs dans ces pays ; cela ne suffit pas. Règles minimales en voyage : pas d’application sur le téléphone à la frontière, pas de photo de visage, pas de localisation exacte, rendez-vous uniquement dans des lieux publics recommandés par des personnes de confiance, et le numéro de l’ambassade. Les fiches pays de Orientations sexuelles et de Voyage disent le droit de chaque pays.
Sécurité partout
- Sextorsion : un profil séduisant obtient des images intimes puis menace de les envoyer à la famille ou à l’employeur — les hommes gays non « out » et les personnes trans sont les premières cibles. Ne jamais payer, couper le contact, conserver les preuves, signaler à la plateforme et à la police (PHAROS en France) ; les images se retirent via StopNCII.org.
- Guet-apens : agressions homophobes organisées via les applications, en France aussi (plusieurs procès chaque année) ; premier rendez-vous en lieu public, ami prévenu, position partagée.
- Outing : captures d’écran, profils partagés — le risque existe partout ; prudence avec les photos reconnaissables et les détails de vie.
- Santé : dépistage régulier, PrEP (gratuite en France, remboursée en Belgique, en Suisse depuis 2024) et vaccinations ; les applications elles-mêmes rappellent les dates de dépistage.
Voir aussi Les sites et applications de rencontre, la rubrique Transexuels et les soirées trans.
