Adoption — Cameroun

Le Cameroun applique un droit de l'adoption hérité du Code civil, avec adoption plénière et adoption simple, mais n'est pas partie à la Convention de La Haye : toute adoption internationale y est particulièrement fragile.

Carte de situation — Cameroun — Adoption
Cameroun. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Le cadre légal

Le droit camerounais repose sur le Code civil issu de la période coloniale, complété par l'ordonnance n° 81-02 du 29 juin 1981 portant organisation de l'état civil, et coexiste avec les droits coutumiers dans les régions où ils sont reconnus. L'adoption est prononcée par le tribunal de premier degré ou de grande instance selon les cas. Le Cameroun ne figure pas parmi les États parties à la Convention de La Haye de 1993, ce qui prive les décisions camerounaises de reconnaissance automatique à l'étranger.

La coexistence du droit écrit et des droits coutumiers est la difficulté centrale. Dans de nombreuses régions, le recueil d'un enfant par la famille élargie se fait selon la coutume, sans passage devant le juge ; l'enfant grandit dans la famille sans que son état civil en porte trace, ce qui pose des problèmes à l'école, pour le passeport et au moment des successions.

L'absence d'adhésion à la Convention de La Haye est le point qui fait échouer le plus de projets de la diaspora. Un couple franco-camerounais qui obtient à Douala un jugement d'adoption parfaitement régulier découvre ensuite que la France exige un agrément préalable et n'accorde pas de visa sans lui. La règle à retenir est d'engager la démarche depuis le pays de résidence, et non l'inverse.

Les régions anglophones appliquent des règles d'inspiration common law pour certaines questions de statut personnel, ce qui ajoute une couche de complexité : l'adoption y est traitée par une adoption order proche du modèle britannique, dont les effets ne se recouvrent pas exactement avec l'adoption plénière du droit écrit.

Couples de même sexe : les relations entre personnes de même sexe sont pénalement réprimées ; ni union, ni adoption conjointe.

Les points clés

TextesCode civil applicable ; ordonnance n° 81-02 du 29 juin 1981 sur l'état civil
FormesAdoption plénière et adoption simple
JuridictionTribunal de premier degré ou tribunal de grande instance
Droits coutumiersReconnus dans certaines matières familiales, avec des règles de recueil propres
Convention de La HayeNon partie
Reconnaissance à l'étrangerExequatur ou procédure d'adoption dans le pays de résidence nécessaire

En pratique

Coût et prise en charge

Les frais de justice et d'avocat représentent quelques centaines de milliers de francs CFA. Le coût élevé, pour la diaspora, tient à la double procédure : l'adoption camerounaise puis la démarche de reconnaissance ou la nouvelle adoption dans le pays de résidence, qui peut durer plusieurs années.

Évolutions récentes

Les travaux de refonte du Code des personnes et de la famille, engagés de longue date, prévoient une réécriture des règles d'adoption et une clarification de l'articulation avec les droits coutumiers ; le texte n'a pas encore abouti.

Où s'adresser

À savoir

Le Cameroun n'étant pas partie à la Convention de La Haye, une adoption obtenue sur place ne sera pas reconnue de plein droit en France, en Belgique ou au Canada : il faut une procédure séparée dans le pays d'accueil, et elle échoue souvent.

Questions fréquentes

Le Cameroun est-il partie à la Convention de La Haye sur l'adoption ?

Non. C'est la principale difficulté : les décisions camerounaises ne bénéficient d'aucune reconnaissance automatique dans les pays parties à la Convention.

Puis-je adopter depuis la France un enfant camerounais ?

C'est possible mais long et incertain. Il faut obtenir l'agrément français d'abord, puis mener la procédure camerounaise, et enfin faire reconnaître ou prononcer l'adoption en France.

Le recueil coutumier a-t-il une valeur juridique ?

Il est socialement reconnu mais ne crée pas de filiation devant l'état civil. Pour produire des effets, il doit être relayé par une décision de justice.

Quelle juridiction est compétente ?

Le tribunal de premier degré ou le tribunal de grande instance selon la nature de l'adoption et le lieu de résidence de l'enfant.

Sources et liens officiels

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