Ce qui existe
- Les afterworks célibataires. Un bar réservé en semaine, de 19 h à 23 h, une entrée de 10 à 20 € avec une consommation, un bracelet ou un badge de couleur qui dit qu’on est libre, parfois des jeux pour briser la glace. À Paris, l’Apéro du Jeudi réunit chaque semaine depuis le milieu des années 2000 plusieurs centaines de célibataires dans un lieu qui change ; des formules semblables existent à Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Nantes, Bruxelles, Genève, Lausanne et Montréal, souvent annoncées sur Meetup et Facebook.
- Les soirées « cadenas et clés » : les femmes reçoivent un cadenas, les hommes une clé, et chacun va essayer sa clé sur les cadenas des autres — un prétexte pour aborder tout le monde, venu des États-Unis (lock and key parties).
- Les dîners de célibataires : tables de 6 à 10 personnes, appariées par âge, dans un restaurant ; 30 à 60 € avec le repas. Variante : le dîner dans le noir (le restaurant parisien Dans le Noir ? en propose), où l’on ne se découvre qu’au dessert, à la lumière.
- Les soirées à activité : blind test, quiz, karaoké, atelier cuisine ou cocktail, dégustation de vin, escape game, cours de danse (rock, salsa, bachata, tango — les cours de danse de couple sont depuis toujours l’un des meilleurs endroits pour rencontrer), randonnée du dimanche, footing en groupe, tournoi de pétanque. L’activité fait la conversation ; on ne « drague » pas, on fait quelque chose ensemble.
- Les bals : bal des pompiers des 13 et 14 juillet, bals des villages, guinguettes du bord de Marne, thés dansants du dimanche pour les seniors, bals de la Saint-Valentin. Gratuits ou presque, ouverts à tous, et beaucoup plus efficaces qu’on ne le croit.
- Les événements des sites de rencontre : Meetic organise des apéros, ateliers et week-ends pour ses abonnés, DisonsDemain pour les plus de 50 ans ; les applications Thursday (Londres, New York) et Bumble ont lancé leurs soirées ; Fisch sucht Fahrrad, en Allemagne, est la plus grande fête de célibataires d’Europe.
- Les tendances venues d’Amérique : le Pitch-a-Friend, où l’on monte sur scène pour « vendre » un ami célibataire au public avec des diapositives ; les run clubs devenus lieux de rencontre ; les soirées « téléphone à l’entrée ».
Comment choisir
Trois critères comptent : la tranche d’âge (une soirée « 25-40 ans » à 48 ans, c’est une soirée perdue), l’équilibre hommes-femmes (les bons organisateurs ferment les inscriptions d’un sexe quand l’écart se creuse, et le disent), et la taille : 30 à 60 personnes permettent de parler à tout le monde, 300 laissent au hasard. Regardez ensuite le lieu (un bar bruyant ne convient pas à un dîner), le prix et ce qu’il comprend, la politique d’annulation, les avis — et la réalité de l’organisateur : un site créé le mois dernier qui vend une soirée dans un lieu qui n’a jamais entendu parler d’elle est une arnaque classique. Les événements annoncés sur Meetup, Eventbrite ou par un bar connu sont plus sûrs.
Comment ça se passe, vraiment
On arrive seul (la majorité) ou à deux ; on paie, on reçoit son badge ou son bracelet, on prend un verre. Les vingt premières minutes sont les plus difficiles : tout le monde attend que quelqu’un commence. Les animateurs lancent souvent un jeu — cadenas, quiz par équipes, « trouve quelqu’un qui… » — précisément pour cela. Puis les conversations s’enchaînent, courtes, on circule, on revient. Les couples qui se forment le soir même sont rares ; ce qui marche, c’est l’échange de numéros et le rendez-vous de la semaine suivante — d’où l’intérêt de venir avec de quoi noter et sans trop boire. Les habitués existent partout ; ils connaissent l’organisateur, mettent l’ambiance et ne sont pas forcément là pour rencontrer. Ce n’est pas grave : une soirée rencontre est d’abord une soirée.
Sécurité et savoir-vivre
- Lieu public, verre gardé à la main, quelqu’un prévenu de l’endroit où vous êtes : les règles du premier rendez-vous valent pour la soirée.
- Un non se dit une fois, et s’entend une fois. Les organisateurs sérieux excluent les insistants ; signalez-les.
- Pas de photos des autres participants sur les réseaux sans leur accord — beaucoup ne veulent pas que leurs collègues sachent qu’ils y étaient.
- Alcool : une soirée réussie se termine avec un numéro, pas avec un trou de mémoire.
- Les arnaques existent aussi hors ligne : la personne charmante qui a « oublié sa carte », le faux organisateur, la fausse soirée. Payez par carte, jamais en virement à un particulier.
Voir aussi le speed dating, les rencontres particulières (soirées trans, religieuses, seniors, expatriés…), se rencontrer par les activités et les rencontres après 50 ans.
