Chlamydiose

L'IST bactérienne la plus fréquente chez les moins de 25 ans, et la plus silencieuse : elle ne donne aucun symptôme dans la majorité des cas.

Illustration : Chlamydiose

L'infection

La chlamydiose est due à une bactérie, Chlamydia trachomatis, qui infecte les muqueuses génitales, anales, pharyngées et oculaires. C'est l'infection sexuellement transmissible bactérienne la plus fréquente dans les pays à haut revenu, avec un pic chez les 15-25 ans. Sa particularité est son caractère asymptomatique : la plupart des personnes infectées ignorent totalement qu'elles le sont, continuent à la transmettre, et ne découvrent l'infection qu'au moment d'une complication ou d'un dépistage systématique.

Les points clés

AgentBactérie Chlamydia trachomatis
Incubation1 à 3 semaines, souvent sans aucun signe
Formes sans symptômeEnviron 70 % chez la femme, 50 % chez l'homme
Délai de dépistage fiableEnviron deux semaines après le rapport à risque
PrélèvementAuto-prélèvement vaginal ou premier jet d'urine ; gorge et anus si exposition
GuérisonOui, par antibiotiques, en une semaine
VaccinAucun

Comment elle se transmet

Elle se transmet lors de rapports vaginaux, anaux et oraux non protégés, par contact entre muqueuses. Le sperme n'est pas nécessaire : un contact des muqueuses suffit. La transmission est aussi possible de la mère à l'enfant lors de l'accouchement, avec un risque de conjonctivite et de pneumonie chez le nouveau-né. Le partage de sextoys non nettoyés ou non protégés peut également transmettre l'infection.

Les symptômes

Quand ils existent, les symptômes apparaissent une à trois semaines après la contamination : écoulement clair ou trouble, brûlures en urinant, douleurs pelviennes, saignements entre les règles ou après les rapports chez la femme ; écoulement urétral et gêne à la miction chez l'homme. Les localisations anale et pharyngée sont presque toujours muettes. Mais l'essentiel est ailleurs : dans la majorité des cas, il n'y a strictement aucun signe, et l'absence de symptôme ne doit jamais être interprétée comme une absence d'infection.

Le dépistage

Le dépistage repose sur un test d'amplification des acides nucléiques (PCR), très fiable. Chez la femme, l'auto-prélèvement vaginal est aussi performant qu'un prélèvement médical et plus confortable. Chez l'homme, le premier jet d'urine suffit — il faut attendre au moins une heure après la dernière miction. En cas de rapports anaux ou oraux, il faut demander expressément des prélèvements anal et pharyngé : un test urinaire seul passe à côté de ces localisations. Le résultat est fiable environ deux semaines après l'exposition.

Le traitement

Le traitement de référence est la doxycycline, 100 mg deux fois par jour pendant sept jours, plus efficace que l'azithromycine en dose unique, notamment sur les localisations anales. L'azithromycine reste utilisée en cas de grossesse ou d'impossibilité de suivre le traitement. Il faut s'abstenir de rapports pendant les sept jours du traitement et jusqu'à ce que les partenaires soient traités, sous peine de réinfection immédiate.

Sans traitement

Non traitée, la chlamydiose remonte vers l'utérus et les trompes et provoque une salpingite, souvent silencieuse elle aussi. Les conséquences sont des douleurs pelviennes chroniques, des grossesses extra-utérines et une infertilité tubaire : c'est la première cause d'infertilité évitable chez la femme. Chez l'homme, elle peut provoquer une épididymite. Certaines souches particulières provoquent une lymphogranulomatose vénérienne, avec atteinte rectale sévère.

La prévention

Après un diagnostic

À retenir

Un test négatif réalisé trop tôt ne veut rien dire. Si le rapport à risque date de moins de deux semaines, refaites le test plus tard plutôt que de vous fier au premier résultat.

Un peu d'histoire

Chlamydia trachomatis est d'abord connue par une autre maladie qu'elle provoque : le trachome, infection de l'œil qui rend aveugle, décrite dans le papyrus Ebers en Égypte il y a 3 500 ans. En 1907, à Java, Ludwig Halberstaedter et Stanislaus von Prowazek observent dans les cellules de la conjonctive des « inclusions » caractéristiques et proposent le nom Chlamydozoa, du grec « manteau ». Pendant un demi-siècle, on la prend pour un virus : elle ne pousse pas sur les milieux de culture habituels.

L'agent du trachome est isolé en 1957 par le microbiologiste chinois Tang Fei-fan, sur œuf embryonné. Dans les années 1960, on établit qu'il s'agit bien d'une bactérie — mais une bactérie obligée de vivre à l'intérieur des cellules —, et on comprend qu'elle cause aussi les urétrites « non gonococciques » dont on ne trouvait pas le microbe. Le diagnostic reste longtemps difficile, réservé à des laboratoires équipés pour la culture cellulaire.

Tout change dans les années 1990 avec les tests d'amplification génique, réalisables sur un simple échantillon d'urine ou un auto-prélèvement : on découvre alors l'ampleur d'une infection le plus souvent silencieuse, et les programmes de dépistage des jeunes adultes se mettent en place — l'Angleterre lance le sien en 2003. L'azithromycine en prise unique, apparue dans les années 1990, et la doxycycline restent les deux traitements de référence.

Les différences entre pays

Ce qui change d'un pays à l'autre n'est pas la bactérie ni le traitement, mais la façon dont on la cherche.

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