Quel régime matrimonial, en France ?

Contrat ou pas contrat ? Sept questions pour savoir si le régime légal vous suffit, et sinon lequel demander au notaire.

On se marie sans y penser, et le régime matrimonial est pourtant la décision patrimoniale la plus durable d'une vie. Sans contrat, vous relevez du régime légal : la communauté réduite aux acquêts. Elle convient à la plupart des couples — mais pas à tous, et le savoir avant coûte une consultation, le savoir après coûte beaucoup plus.

Ce questionnaire ne remplace pas le notaire. Il vous dit si vous avez une raison d'aller le voir, et avec quelle question.

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Les quatre régimes, en un tableau

RégimeCe qui est à chacunLes dettesPour qui
Communauté réduite aux acquêts (régime légal, sans contrat)Reste propre ce que chacun possédait avant, plus les héritages et donations. Devient commun ce que l'on gagne et achète pendant le mariageLes dettes contractées pendant le mariage engagent la communautéLa majorité des couples salariés. Protège celui qui gagne le moins
Séparation de biensChacun reste propriétaire de ce qu'il acquiert ; l'achat à deux se fait en indivisionChacun ne répond que des siennes, sauf dettes ménagèresActivité indépendante, patrimoine à isoler, second mariage
Participation aux acquêtsSéparation pendant le mariage ; à la dissolution, l'enrichissement se partage par moitiéChacun ne répond que des siennes pendant le mariageQui veut l'indépendance sans l'inégalité finale
Communauté universelleTout est commun, y compris les biens antérieurs ; avec clause d'attribution intégrale, le survivant recueille toutTout le patrimoine répond de toutCouples âgés, sans dette, sans enfant d'une autre union

Ce que le régime ne règle pas

Trois choses s'appliquent quel que soit le régime, et beaucoup de contrats sont signés dans l'ignorance de ce point. Le logement de la famille ne peut être vendu sans l'accord des deux époux, même s'il appartient à un seul. Les dettes ménagères — nourriture, logement, éducation des enfants — engagent les deux solidairement. Et le devoir de secours entre époux ne dépend d'aucun contrat.

Le régime ne règle pas non plus la succession. Protéger le conjoint survivant passe par une donation entre époux, un testament ou une assurance-vie, pas par un changement de régime — sauf dans le cas très particulier de la communauté universelle.

Le coût, et le moment

Le régime légal est gratuit : il s'applique faute de contrat. Tout autre régime suppose un contrat notarié signé avant la célébration, dont le coût se chiffre en centaines d'euros. Après le mariage, le changement reste possible à tout moment depuis 2019, par acte notarié, avec information des enfants majeurs et des créanciers ; l'homologation par un juge n'intervient plus qu'en cas d'opposition.

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