La succession — Mali

Le Code des personnes et de la famille laisse le choix entre succession de droit musulman et succession de droit commun, avec une présomption en faveur du droit musulman.

Carte de situation — Mali — La succession
Mali. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Le cadre légal

Le Code des personnes et de la famille de 2011 organise deux régimes successoraux. La succession est réglée selon le droit musulman, sauf volonté contraire exprimée de son vivant par le défunt devant un officier d'état civil ou par testament, auquel cas s'applique la dévolution de droit commun, égalitaire. Cette présomption inversée par rapport au Sénégal a été l'un des points les plus débattus lors de l'adoption du Code.

Le premier obstacle en Mali n'est presque jamais la règle de partage : c'est la preuve. Sans acte de décès, sans actes de naissance des héritiers et sans titre foncier à jour, la succession ne peut pas être liquidée, quelle que soit l'entente de la famille.

L'indivision prolongée est l'autre difficulté. Un bien non partagé pendant deux ou trois générations finit par appartenir à des dizaines d'ayants droit dispersés, dont beaucoup vivent à l'étranger. Toute vente devient alors impossible sans une procédure lourde de licitation.

Pour la diaspora, la question décisive est celle de la loi applicable. Une personne résidant en France, en Belgique ou au Canada relève par défaut du droit de sa résidence, avec des règles souvent très différentes de celles de son pays d'origine. Le choix de loi, lorsqu'il est possible, doit être écrit de son vivant.

Les points clés

TextesLoi n° 2011-087 portant Code des personnes et de la famille
Régime par défautDroit musulman, sauf option contraire du défunt
OptionDéclaration devant l'officier d'état civil ou testament
Droit communDévolution égalitaire entre les enfants
TestamentLimité au tiers sous le régime musulman
JuridictionTribunal civil

En pratique

Coût et prise en charge

Les frais d'acte et de mutation sont modérés en valeur absolue, mais le partage d'un patrimoine immobilier indivis coûte cher en temps : expertise, bornage, régularisation des titres. Les successions les plus coûteuses sont celles que l'on règle deux générations trop tard.

Évolutions récentes

L'adoption du Code en 2011 a été précédée d'un long conflit politique portant précisément sur le régime successoral par défaut.

Où s'adresser

À savoir

Sans déclaration expresse, c'est le droit musulman qui s'applique : l'option pour le droit commun doit être formalisée du vivant.

Questions fréquentes

Qui hérite en l'absence de testament ?

Les héritiers désignés par le régime applicable : enfants et conjoint en premier lieu, puis les autres parents selon l'ordre légal ou coutumier retenu.

Une coutume peut-elle écarter les filles ou la veuve ?

Non lorsque la loi consacre l'égalité : une répartition contraire est illégale et peut être contestée devant le tribunal.

Que faire si le bien n'a pas de titre ?

Régulariser d'abord le foncier : sans titre, aucun partage ne peut être inscrit et le bien reste invendable.

Quelle loi s'applique si je vis en Europe ?

Celle de votre résidence habituelle, sauf si vous avez désigné par écrit la loi de votre pays d'origine dans un testament.

Sources et liens officiels

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