77 % des Françaises font moins l’amour en couple

Sondage Ifop : 77 % des Françaises en couple font moins l’amour qu’au début, mais 63 % se disent satisfaites. Les chiffres et notre avis.

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L’actualité en bref

Un sondage Ifop pour Passage du Désir (1 947 Françaises, août 2026, publié le 16 octobre) montre que 26 % des femmes en couple n’ont pas ou plus de rapports, mais que 63 % d’entre elles se disent satisfaites de leur vie sentimentale. Elles citent d’abord une baisse de leur propre désir plutôt que le manque de temps. Sondage déclaratif, limité aux femmes et commandité par une enseigne d’accessoires intimes.

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Femmes en couple sans rapports avec leur conjoint, pays du G7Japon : 66; États-Unis : 28; Canada : 27; France : 26; Royaume-Uni : 25; Allemagne : 24; Italie : 18 Japon66 % États-Unis28 % Canada27 % France26 % Royaume-Uni25 % Allemagne24 % Italie18 %
Femmes en couple sans rapports avec leur conjoint, pays du G7 Part des femmes en couple qui déclarent ne pas ou ne plus avoir de rapports avec leur conjoint, enquête en ligne d'avril 2026 auprès d'environ 500 femmes par pays. (Ifop, 2026)

Ce que dit le sondage

Le 16 octobre 2026, l'Ifop a publié le premier volet de son « Observatoire du désir féminin », réalisé pour l'enseigne Passage du Désir. Le questionnaire a été rempli en ligne du 19 au 24 août par un échantillon représentatif de 1 947 Françaises de 18 ans et plus, dont 1 240 vivent en couple : ce sont leurs réponses qui nourrissent presque tous les chiffres qui suivent (Ifop, 2026).

Le chiffre phare est une impression : 77 % des femmes en couple jugent avoir moins de rapports qu'à leurs débuts, 16 % à peu près autant et 7 % davantage. Dans les couples de plus de vingt ans, l'impression de baisse atteint 87 % (Ifop, 2026).

Aujourd'hui, 41 % font l'amour au moins une fois par semaine et 66 % au moins une fois par mois, tandis que 9 % n'ont pas voulu répondre. Au total, 26 % n'ont pas ou plus de rapports avec leur partenaire. Cette part grimpe à 55 % après 65 ans, mais atteint déjà 16 % entre 25 et 34 ans (Ifop, 2026).

Une partie des questions a aussi été posée en avril à 3 607 femmes du G7, environ 500 par pays. La France (26 %) se place au niveau de l'Allemagne et du Royaume-Uni, loin du Japon, à 66 % (Ifop, 2026). Avec si peu de répondantes par pays, les petits écarts restent fragiles.

Les raisons que les femmes avancent

Quand on demande aux femmes sans rapports pourquoi, la réponse la plus fréquente touche au désir : 36 % le citent, surtout comme une baisse de leur propre libido (23 %), rarement comme celle du conjoint (5 %). La santé et les limites physiques suivent (31 %), puis l'âge (17 %). Seules 9 % évoquent un conflit, la routine ou le désamour (Ifop, 2026).

L'Ifop en conclut que l'usure du désir pèse plus que le manque de temps ou la charge mentale, mais ce sont des explications données par les intéressées, pas des causes démontrées. Le lien avec l'attirance ressort nettement : l'absence de rapports concerne 67 % des femmes sans désir pour leur conjoint, contre 5 % de celles qui en éprouvent beaucoup (Ifop, 2026). Corrélation ne veut pas dire cause.

Une absence de rapports qui n'est pas toujours une crise

Parmi les femmes sans rapports avec leur conjoint, 63 % se disent satisfaites de leur vie sentimentale, contre 91 % de celles qui en ont et 49 % des célibataires (Ifop, 2026). L'écart tient surtout à l'intensité : 18 % se disent très satisfaites, contre 46 % (Ifop, 2026). Et parmi celles en couple depuis au moins un an, 32 % ont gardé dans l'année des moments d'intimité sans pénétration, contre 61 % de l'ensemble des femmes en couple (Ifop, 2026).

La place accordée à la sexualité joue : 44 % des femmes sans rapports la jugent non importante pour être heureuse en amour, contre 21 % des femmes actives. La part des Françaises qui la jugent importante est passée de 81 % en 2005 à 68 % en 2026 (Ifop, 2026). L'Ifop admet ne pas savoir si ce détachement explique l'abstinence ou la justifie après coup.

L'Ifop distingue donc deux visages. Pour certaines, souvent plus âgées ou malades, l'absence de rapports est apaisée. Chez d'autres, elle est subie : le conjoint n'attire plus, ou le plaisir est devenu solitaire. Parmi les femmes sans rapports, 41 % disent avoir préféré se masturber plutôt que d'avoir un rapport avec leur partenaire (Ifop, 2026).

Comment lire ces chiffres

Le sondage est déclaratif : il rapporte ce que les femmes disent, non ce qu'elles font. Il ne donne la parole qu'aux femmes, et il a été commandé par une enseigne d'accessoires intimes, ce qui invite à relativiser ses chiffres sur les leviers du désir. Les 77 % reposent sur un souvenir, et l'Ifop prévient lui-même qu'on idéalise souvent le début d'une relation. Enfin, l'Ifop compare certains chiffres à une enquête de 2005 menée en face à face, en invitant lui-même à la prudence.

D'autres données vont dans le même sens. Selon l'enquête de l'Inserm et de l'ANRS, les femmes de 18 à 69 ans en couple et actives dans l'année déclaraient en moyenne 6,0 rapports sur les quatre dernières semaines en 2023, contre 8,6 en 2006 ; chez les hommes, on passe de 8,7 à 6,7 (Inserm, 2024). L'Ifop rattache la baisse ressentie à la « routinisation » décrite par la sociologie, où la passion cède la place à l'habitude et à la tendresse.

Ce que cela change pour un couple

Premier enseignement : avoir moins de rapports avec les années est la règle statistique, ni une faute ni un verdict sur l'amour. On peut s'aimer solidement et se désirer moins, et la satisfaction ne se mesure pas à la seule fréquence.

Second enseignement : les attentes comptent. Les femmes sans rapports disent que leur envie reviendrait d'abord avec des gestes tendres au quotidien (67 %), une meilleure forme physique (63 %), plus de dialogue sur leurs envies (56 %), plus d'efforts du conjoint pour être attirant (50 %), du temps à deux (41 %), un meilleur partage des tâches (37 %) et de la nouveauté (30 %) (Ifop, 2026). Les jouets intimes n'en séduisent que 31 %, contre 51 % des femmes actives (Ifop, 2026). Ce sont des souhaits, pas des méthodes éprouvées. L'Ifop suggère surtout que rompre le silence sur sa sexualité pourrait aider à ce que l'absence de rapports soit choisie plutôt que subie.

Ce que notre page de fond ajoute

Notre page de fond rappelle d'abord qu'il existe deux manières de désirer. Le désir spontané, celui des débuts, surgit avant tout contact. Le désir réactif ne s'éveille qu'une fois l'excitation lancée, par une caresse ou par la décision de s'y mettre : beaucoup de baisses de libido ne sont que le passage normal de l'un à l'autre. Elle invite aussi à chercher d'abord les causes qui se corrigent, comme la fatigue, certains médicaments, les hormones ou la dépression, avant de conclure à un problème de couple, et elle rappelle qu'un écart de désir entre deux partenaires se négocie sans désigner de coupable. Si la baisse dure plus de six mois et fait souffrir, elle conseille de consulter. Tous ces points sont détaillés dans la page « Baisse du désir ».

Pour aller plus loin

Cette actualité s’inscrit dans un sujet plus large, que notre page La baisse du désir : comprendre, et retrouver l’envie traite en détail.

Lire la page : La baisse du désir : comprendre, et retrouver l’envie

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