Herpès génital

Une infection chronique, très fréquente et souvent méconnue : la plupart des transmissions ont lieu en l'absence totale de lésion visible.

Illustration : Herpès génital

L'infection

L'herpès génital est dû aux virus Herpes simplex de type 1 et de type 2. Le type 2 était classiquement responsable de la forme génitale et le type 1 de l'herpès labial, mais la répartition a changé : dans plusieurs pays, le type 1, transmis lors de rapports oraux, est devenu la première cause d'herpès génital chez les jeunes adultes. Une fois contracté, le virus reste à vie dans les ganglions nerveux et peut se réactiver, mais beaucoup de personnes infectées n'ont jamais de poussée reconnue.

Les points clés

AgentVirus Herpes simplex de type 1 ou 2
Incubation2 à 12 jours pour une primo-infection symptomatique
Formes sans symptômeTrès majoritaires : la plupart des porteurs s'ignorent
TestPCR sur prélèvement d'une lésion ; la sérologie a peu d'intérêt en dépistage
GuérisonNon : l'infection est définitive, mais les traitements la contrôlent
Excrétion sans lésionFréquente : c'est le principal mode de transmission
GrossesseRisque néonatal grave, surtout en cas de primo-infection tardive

Comment elle se transmet

Le virus se transmet par contact direct avec une lésion, mais aussi, et surtout, en période d'excrétion asymptomatique : le virus est présent sur la muqueuse sans aucun signe visible. C'est la raison pour laquelle la plupart des contaminations surviennent en dehors des poussées, et pourquoi il est impossible d'être certain de ne pas transmettre en se fiant à l'apparence. Un herpès labial peut transmettre un herpès génital lors d'un rapport oral.

Les symptômes

La primo-infection, lorsqu'elle est symptomatique, est la plus marquée : bouquets de vésicules douloureuses évoluant vers des ulcérations, brûlures, fièvre, ganglions, difficultés à uriner. Elle dure une à trois semaines. Les récurrences sont plus courtes et moins intenses, souvent précédées de picotements ou de brûlures annonciatrices, et s'espacent généralement avec les années. Chez beaucoup de personnes, l'infection ne se manifeste jamais de façon reconnaissable.

Le dépistage

Le diagnostic se fait par PCR sur un prélèvement de lésion, idéalement réalisé au tout début de la poussée. La sérologie, qui détecte les anticorps, ne dit pas où se situe l'infection et n'est pas recommandée comme test de dépistage systématique : un résultat positif chez une personne sans symptôme apporte plus d'angoisse que d'information utile. Elle garde un intérêt dans des situations précises, notamment autour de la grossesse.

Le traitement

Les antiviraux, aciclovir ou valaciclovir, n'éliminent pas le virus mais raccourcissent les poussées et diminuent leur intensité. Ils peuvent être pris ponctuellement dès les premiers signes, ou en continu lorsque les récurrences sont fréquentes ou pour réduire le risque de transmission à un partenaire non infecté. Le traitement continu est bien toléré et divise nettement la fréquence des poussées.

Sans traitement

Chez l'adulte immunocompétent, l'herpès génital est surtout une gêne physique et psychologique, parfois lourde. Les complications sérieuses concernent le nouveau-né : un herpès néonatal, rare mais grave, survient principalement lorsque la mère fait une primo-infection en fin de grossesse. L'herpès augmente également le risque d'acquisition du VIH en cas d'exposition, les ulcérations constituant une porte d'entrée.

La prévention

Après un diagnostic

À retenir

Aucune personne porteuse ne peut garantir qu'elle ne transmettra pas, même sans lésion. C'est la raison pour laquelle l'information du partenaire, et non l'observation des symptômes, est la véritable mesure de prévention.

Un peu d'histoire

Le mot vient du grec herpein, « ramper », et il est déjà chez Hippocrate pour désigner des lésions qui s'étendent sur la peau. L'herpès génital comme entité distincte est décrit en 1736 par le médecin français Jean Astruc, dans son traité sur les maladies vénériennes. En 1873, Émile Vidal prouve que la maladie est contagieuse en l'inoculant d'une personne à l'autre ; en 1919, Löwenstein transmet le virus à la cornée du lapin, démonstration qu'il s'agit bien d'un virus.

Il faut attendre les années 1960 pour distinguer deux virus : HSV-1, surtout buccal, et HSV-2, surtout génital, une séparation établie par Karl Schneweis en 1962 puis confirmée par André Nahmias et Walter Dowdle en 1968. L'aciclovir, découvert en 1974 dans l'équipe de Gertrude Elion chez Burroughs Wellcome et commercialisé au début des années 1980, est le premier antiviral vraiment sélectif : il vaudra à Elion le prix Nobel de médecine en 1988. Le valaciclovir et le famciclovir en sont les descendants.

Le début des années 1980 est aussi celui d'une panique morale aux États-Unis : en août 1982, le magazine Time fait sa couverture sur l'herpès, « la nouvelle lettre écarlate ». Le sida, qui apparaît la même année, reléguera vite cette peur au second plan — mais la honte attachée à une infection pourtant extrêmement banale vient de là. Aucun vaccin n'existe encore, malgré des essais répétés depuis les années 1990.

Les différences entre pays

C'est l'infection de cette liste où les différences entre pays sont les plus faibles : aucun pays ne dépiste, et le traitement est partout le même.

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