Écrans et usages numériques

La question d'une possible « addiction » à internet, aux jeux vidéo ou aux réseaux sociaux fait toujours débat parmi les chercheurs, mais certains usages sont aujourd'hui reconnus comme pathologiques.

Illustration : Écrans et usages numériques

Ce qui est aujourd'hui reconnu

L'Organisation mondiale de la santé a intégré en 2019 le « trouble du jeu vidéo » (gaming disorder) dans sa classification internationale des maladies (CIM-11), le définissant comme une perte de contrôle sur la pratique du jeu, une priorité croissante accordée au jeu au détriment des autres activités, et une poursuite de la pratique malgré des conséquences négatives, sur une durée d'au moins 12 mois. En revanche, la notion plus large d'« addiction à internet » reste débattue scientifiquement : de nombreux chercheurs estiment qu'il s'agit moins d'une dépendance au support (internet) qu'à des activités spécifiques qu'il permet (jeux, réseaux sociaux, pornographie, achats en ligne).

Un peu d'histoire

L'inquiétude est née avec les jeux : les salles d'arcade de la fin des années 1970 — Space Invaders date de 1978 — puis les consoles font naître le mot « accro » appliqué à un loisir. En 1995, le psychiatre new-yorkais Ivan Goldberg invente par plaisanterie le « trouble de dépendance à Internet » ; l'année suivante, Kimberly Young présente les premières études sérieuses, et la Chine ouvre dans les années 2000 des centres de traitement, parfois militarisés, pour les adolescents.

Le smartphone de 2007 et les réseaux sociaux changent la donne : le sujet n'est plus un petit groupe de joueurs, mais la population entière, et les mécanismes de captation de l'attention — fil infini, notifications, vidéos courtes — sont conçus par les plateformes elles-mêmes. En 2019, l'OMS inscrit le « trouble du jeu vidéo » dans la classification internationale des maladies, entrée en vigueur en 2022 ; elle ne reconnaît pas, à ce jour, d'addiction aux réseaux sociaux ou au smartphone comme diagnostic.

Les réponses sont devenues législatives : interdiction du téléphone au collège en France en 2018, interdiction des réseaux sociaux aux moins de seize ans en Australie, appliquée depuis décembre 2025, et règlement européen sur les services numériques qui interdit depuis 2024 la publicité ciblée sur les mineurs. La recherche, elle, reste partagée sur l'ampleur réelle des effets — ce qui n'empêche pas d'agir quand un usage a pris toute la place.

Les signaux qui doivent alerter

Un usage intensif ponctuel (période de vacances, passion temporaire pour un jeu) n'est pas en soi pathologique : c'est la persistance de ces signes sur plusieurs mois, avec un impact réel sur la vie quotidienne, qui doit alerter.

Réseaux sociaux et santé mentale

Plusieurs études, en particulier chez les adolescents, associent un usage très intensif des réseaux sociaux à une dégradation de l'estime de soi et à une augmentation des symptômes anxieux ou dépressifs, notamment via la comparaison sociale constante. Le lien de causalité fait toutefois encore débat parmi les chercheurs : les jeunes déjà en difficulté psychologique pourraient aussi se tourner davantage vers ces usages.

Quelques pistes concrètes

Ce qui change d'un pays à l'autre

Les mécanismes de captation de l'attention sont les mêmes partout ; l'encadrement légal, lui, diverge rapidement.

Aucun pays n'a résolu la question par la règle seule. Ce qui fonctionne à la maison reste identique partout : pas d'écran dans la chambre la nuit, des plages sans téléphone partagées par les adultes, et une attention portée au contenu plutôt qu'au seul chronomètre.

Histoire d'un diagnostic

La « dépendance à Internet » est née d'un canular de 1996. Où la médecine a finalement tranché.

Pour aller plus loin

Liens vérifiés vers des sources officielles ou de référence. Ils s'ouvrent dans un nouvel onglet.

Page vérifiée en septembre 2026. Les règles et les données citées peuvent évoluer.

Situer cette page dans le plan du site

Une question, une correction, une suggestion ? Écrivez-nous.