Infractions sexuelles commises à l’étranger — Union européenne

C'est cette directive qui oblige chaque État membre à poursuivre ses ressortissants pour des abus sexuels sur mineurs commis à l'étranger, même si les faits ne sont pas punis sur place.

Le cadre légal

La directive 2011/93/UE harmonise les incriminations d'abus et d'exploitation sexuels des enfants et de pédopornographie, avec des peines minimales. Son article 17 impose aux États d'établir leur compétence pour les infractions commises hors de leur territoire par leurs ressortissants, et leur interdit de subordonner les poursuites à la double incrimination ou à une plainte déposée sur le lieu des faits. Elle prévoit aussi l'interdiction d'exercer des activités impliquant des contacts avec des enfants et l'échange de ces interdictions entre États.

C'est l'une des rares matières où l'Union impose une compétence extraterritoriale : un ressortissant d'un État membre peut être jugé chez lui pour des faits commis dans un pays où ils ne sont pas réprimés.

Le système ECRIS d'échange des casiers judiciaires permet à un employeur de savoir qu'une personne a été condamnée dans un autre État membre, ce qui était impossible avant.

Les points clés

TexteDirective 2011/93/UE du 13 décembre 2011
Compétence extraterritorialeObligatoire pour les ressortissants, article 17
Double incriminationNe peut pas être exigée
Plainte localeNe peut pas être exigée pour poursuivre
Interdictions professionnellesÉchangées entre États membres via le casier judiciaire européen

En pratique

Coût et prise en charge

Consulter le droit de l'Union ne coûte rien : EUR-Lex publie gratuitement tous les textes, dans les vingt-quatre langues officielles et en version consolidée. Le coût éventuel est celui du conseil juridique lorsque l'articulation entre le texte européen et la loi nationale de transposition devient déterminante — c'est fréquent pour les directives, rare pour les règlements.

Où s'adresser

À savoir

Attention à ne pas confondre l'Union européenne et le Conseil de l'Europe : la Convention européenne des droits de l'homme et la Cour de Strasbourg ne relèvent pas de l'Union et couvrent quarante-six États, dont la Suisse et le Royaume-Uni.

Questions fréquentes

Puis-je être poursuivi pour des faits commis à l'étranger ?

Oui. La directive impose à votre État d'établir sa compétence pour les abus sexuels sur mineurs commis hors de son territoire par ses ressortissants.

Faut-il que les faits soient punis sur place ?

Non. La directive interdit d'exiger la double incrimination.

Faut-il une plainte dans le pays des faits ?

Non, elle ne peut pas être exigée comme condition des poursuites.

Les condamnations circulent-elles entre États ?

Oui, par l'échange des casiers judiciaires, ce qui permet de vérifier les antécédents d'une personne travaillant auprès d'enfants.

Sources et liens officiels

← Tous les pays L'article général sur ce thème →

Page vérifiée en septembre 2026. Les textes cités peuvent évoluer : en cas de doute, confirmez auprès de la source officielle indiquée.

Situer cette page dans le plan du site

Une question, une correction, une suggestion ? Écrivez-nous.