La succession — Haïti

Le Code civil d'inspiration française prévoit la réserve héréditaire et l'égalité entre tous les enfants, y compris nés hors mariage.

Carte de situation — Haïti — La succession
Haïti. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Le cadre légal

Le Code civil haïtien reprend le modèle français : réserve héréditaire au profit des descendants, quotité disponible, droits du conjoint survivant. Le décret de 1959 puis la Constitution de 1987 ont consacré l'égalité entre les enfants quelle que soit la nature de leur filiation, mettant fin à la discrimination des enfants nés hors mariage. La difficulté n'est pas le texte mais la preuve : nombre de successions se bloquent sur l'absence d'actes d'état civil et de titres fonciers.

Le premier obstacle en Haïti n'est presque jamais la règle de partage : c'est la preuve. Sans acte de décès, sans actes de naissance des héritiers et sans titre foncier à jour, la succession ne peut pas être liquidée, quelle que soit l'entente de la famille.

L'indivision prolongée est l'autre difficulté. Un bien non partagé pendant deux ou trois générations finit par appartenir à des dizaines d'ayants droit dispersés, dont beaucoup vivent à l'étranger. Toute vente devient alors impossible sans une procédure lourde de licitation.

Pour la diaspora, la question décisive est celle de la loi applicable. Une personne résidant en France, en Belgique ou au Canada relève par défaut du droit de sa résidence, avec des règles souvent très différentes de celles de son pays d'origine. Le choix de loi, lorsqu'il est possible, doit être écrit de son vivant.

Les points clés

TextesCode civil haïtien ; décret de 1959 ; Constitution de 1987
RéserveAu profit des descendants, sur le modèle français
ÉgalitéTous les enfants héritent également, quelle que soit leur filiation
ConjointDroits sur la succession, variables selon la configuration
DifficultéAbsence fréquente d'actes d'état civil et de titres fonciers
JuridictionTribunal de première instance

En pratique

Coût et prise en charge

Les frais d'acte et de mutation sont modérés en valeur absolue, mais le partage d'un patrimoine immobilier indivis coûte cher en temps : expertise, bornage, régularisation des titres. Les successions les plus coûteuses sont celles que l'on règle deux générations trop tard.

Évolutions récentes

L'insécurité et le fonctionnement dégradé des tribunaux et des archives à Port-au-Prince rendent aujourd'hui les procédures successorales particulièrement lentes.

Où s'adresser

À savoir

Sans acte de naissance ni titre de propriété, une succession est juridiquement bloquée : la régularisation de l'état civil est le préalable à tout.

Questions fréquentes

Qui hérite en l'absence de testament ?

Les héritiers désignés par le régime applicable : enfants et conjoint en premier lieu, puis les autres parents selon l'ordre légal ou coutumier retenu.

Une coutume peut-elle écarter les filles ou la veuve ?

Non lorsque la loi consacre l'égalité : une répartition contraire est illégale et peut être contestée devant le tribunal.

Que faire si le bien n'a pas de titre ?

Régulariser d'abord le foncier : sans titre, aucun partage ne peut être inscrit et le bien reste invendable.

Quelle loi s'applique si je vis en Europe ?

Celle de votre résidence habituelle, sauf si vous avez désigné par écrit la loi de votre pays d'origine dans un testament.

Sources et liens officiels

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