La succession — Côte d'Ivoire

La loi sur les successions, refondue en 2019, applique une dévolution égalitaire de droit civil et a renforcé les droits du conjoint survivant.

Carte de situation — Côte d'Ivoire — La succession
Côte d'Ivoire. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Le cadre légal

Le droit ivoirien des successions relève de la loi relative aux successions, révisée dans le cadre de la modernisation du droit de la famille de 2019. La dévolution est égalitaire : les enfants héritent par parts égales, sans distinction de sexe ni de filiation. Le conjoint survivant a vu ses droits renforcés, notamment sur le logement familial. Les pratiques coutumières d'éviction de la veuve, encore répandues, sont contraires à la loi et sanctionnées.

Le premier obstacle en Côte d'Ivoire n'est presque jamais la règle de partage : c'est la preuve. Sans acte de décès, sans actes de naissance des héritiers et sans titre foncier à jour, la succession ne peut pas être liquidée, quelle que soit l'entente de la famille.

L'indivision prolongée est l'autre difficulté. Un bien non partagé pendant deux ou trois générations finit par appartenir à des dizaines d'ayants droit dispersés, dont beaucoup vivent à l'étranger. Toute vente devient alors impossible sans une procédure lourde de licitation.

Pour la diaspora, la question décisive est celle de la loi applicable. Une personne résidant en France, en Belgique ou au Canada relève par défaut du droit de sa résidence, avec des règles souvent très différentes de celles de son pays d'origine. Le choix de loi, lorsqu'il est possible, doit être écrit de son vivant.

Les points clés

TextesLoi relative aux successions, révisée en 2019
DévolutionÉgalitaire entre les enfants, sans distinction de sexe
ConjointDroits renforcés, notamment sur le logement familial
CoutumeL'éviction de la veuve est contraire à la loi
TestamentAdmis, dans le respect des droits des héritiers réservataires
JuridictionTribunal de première instance

En pratique

Coût et prise en charge

Les frais d'acte et de mutation sont modérés en valeur absolue, mais le partage d'un patrimoine immobilier indivis coûte cher en temps : expertise, bornage, régularisation des titres. Les successions les plus coûteuses sont celles que l'on règle deux générations trop tard.

Évolutions récentes

La réforme de 2019 a modernisé l'ensemble du droit de la famille ; l'enjeu est désormais l'application effective, notamment hors des grandes villes.

Où s'adresser

À savoir

L'éviction de la veuve et des filles par la famille du défunt reste fréquente en pratique : elle est illégale et se combat devant le tribunal.

Questions fréquentes

Qui hérite en l'absence de testament ?

Les héritiers désignés par le régime applicable : enfants et conjoint en premier lieu, puis les autres parents selon l'ordre légal ou coutumier retenu.

Une coutume peut-elle écarter les filles ou la veuve ?

Non lorsque la loi consacre l'égalité : une répartition contraire est illégale et peut être contestée devant le tribunal.

Que faire si le bien n'a pas de titre ?

Régulariser d'abord le foncier : sans titre, aucun partage ne peut être inscrit et le bien reste invendable.

Quelle loi s'applique si je vis en Europe ?

Celle de votre résidence habituelle, sauf si vous avez désigné par écrit la loi de votre pays d'origine dans un testament.

Sources et liens officiels

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