Le titre et son encadrement
Aucun texte ne réserve le mot « sexologue » en France : n’importe qui peut l’inscrire sur une plaque. Sont protégés, en revanche, les titres qui l’entourent : médecin, psychologue (loi du 25 juillet 1985), psychothérapeute (décret du 20 mai 2010, inscription au registre tenu par l’agence régionale de santé), sage-femme, kinésithérapeute, infirmier. La qualité d’un sexologue se lit donc dans sa profession d’origine et dans son diplôme de sexologie, pas dans le mot lui-même.
La formation de référence est le DIU de sexologie et médecine sexuelle, en trois ans, réservé aux médecins et organisé en commun par une quinzaine d’universités (Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Nancy, Lille, Strasbourg, Brest, entre autres). Le Conseil national de l’Ordre des médecins le reconnaît et autorise sa mention sur les plaques et ordonnances. Son équivalent pour les non-médecins est le DIU de sexologie clinique — parfois intitulé « études de la sexualité humaine » — ouvert aux psychologues, sages-femmes, kinésithérapeutes, infirmiers, psychomotriciens et ostéopathes.
À côté de ces diplômes universitaires prolifèrent des « certifications » privées en quelques week-ends, sans stage clinique ni supervision. Elles ne sont ni illégales ni reconnues. Les sociétés savantes — l’AIUS (Association interdisciplinaire post-universitaire de sexologie), la SFSC (Société française de sexologie clinique), la SFMS (Société francophone de médecine sexuelle) — et le Syndicat national des sexologues cliniciens tiennent des annuaires de praticiens diplômés d’université ; c’est le meilleur filtre disponible. Des demandes de reconnaissance officielle du « sexologue clinicien » sont portées depuis des années, sans aboutir à ce jour.
Le remboursement suit le statut. La consultation d’un médecin sexologue conventionné est prise en charge comme toute consultation médicale : 70 % de la base de remboursement, le reste par la complémentaire santé, avec dépassements possibles en secteur 2. La consultation d’une sage-femme est remboursée dans le cadre du suivi gynécologique. Un psychologue n’est remboursé que dans le dispositif « Mon soutien psy » : douze séances par an à 50 €, accessibles sans ordonnance depuis juin 2024, pour des troubles anxieux ou dépressifs légers à modérés — une difficulté sexuelle isolée n’entre pas toujours dans ce cadre. Le sexologue qui n’est ni médecin ni psychologue conventionné n’est pas remboursé par l’Assurance maladie ; quelques complémentaires accordent un forfait de trois à six séances.
Les points clés
| Titre de sexologue | Non protégé ; titres protégés autour : médecin, psychologue, psychothérapeute, sage-femme |
|---|---|
| Formation de référence (médecins) | DIU de sexologie et médecine sexuelle, 3 ans, reconnu par l’Ordre des médecins |
| Formation de référence (non-médecins) | DIU de sexologie clinique / études de la sexualité humaine, psychologues, sages-femmes, kinés, infirmiers |
| Médecin sexologue conventionné | Remboursé à 70 % de la base, complémentaire pour le reste |
| Psychologue | « Mon soutien psy » : 12 séances/an à 50 €, sans ordonnance, troubles anxieux ou dépressifs légers à modérés |
| Sexologue non médecin | Non remboursé par l’Assurance maladie ; forfaits de certaines mutuelles |
| Prix courant d’une séance | 60 à 120 € en libéral, tarif de la consultation chez un médecin de secteur 1 |
En pratique
- Demandez le diplôme : un DIU universitaire de sexologie et la profession d’origine. Un praticien sérieux répond sans détour.
- Cherchez le nom dans les annuaires de l’AIUS, de la SFSC ou du Syndicat national des sexologues cliniciens : ils n’inscrivent que des diplômés d’université.
- Pour une prise en charge, commencez par un médecin sexologue ou par votre médecin traitant, qui orientera vers l’urologue, la gynécologue ou le psychiatre si un bilan s’impose.
- Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification) et le Planning familial reçoivent gratuitement les jeunes et proposent parfois des consultations de sexologie ; plusieurs CHU ont une consultation de médecine sexuelle.
Coût et remboursement
Médecin conventionné : tarif de la consultation, remboursé à 70 %, complémentaire pour le reste. Psychologue hors « Mon soutien psy » ou sexologue non médecin : 60 à 120 € la séance, à votre charge, sauf forfait de la mutuelle. Comptez de trois à quinze séances pour la plupart des motifs.
Ce qui a changé récemment
Depuis juin 2024, les séances « Mon soutien psy » sont accessibles sans ordonnance, au tarif de 50 € et à raison de douze par an. Le dispositif vise les troubles anxieux et dépressifs légers à modérés : demandez au psychologue conventionné si votre motif entre dans le cadre.
Où s'adresser
- AIUS — Association interdisciplinaire post-universitaire de sexologie : annuaire des sexologues diplômés.
- SFSC — Société française de sexologie clinique, et SFMS — Société francophone de médecine sexuelle.
- Syndicat national des sexologues cliniciens : annuaire et charte.
- Centres de santé sexuelle et Planning familial : accueil gratuit des jeunes, orientation.
- Consultations de médecine sexuelle des CHU (urologie, gynécologie, psychiatrie).
À savoir
Méfiez-vous des « sexothérapeutes », « sexocoachs » ou « conseillers en sexualité » formés en quelques jours par un organisme privé : ces appellations ne sont encadrées par personne. Un contact physique, une promesse de résultat ou la vente de produits en séance sont des signaux d’alerte, quel que soit le titre affiché.
Questions fréquentes
Faut-il une ordonnance pour consulter un sexologue en France ?
Non. Mais le remboursement dépend du statut : médecin conventionné remboursé, psychologue via « Mon soutien psy » sous conditions, sexologue non médecin à votre charge.
Comment savoir si un sexologue est sérieux ?
Profession d’origine réglementée, DIU universitaire de sexologie, inscription dans l’annuaire d’une société savante. Les trois ensemble, c’est la garantie la plus solide qui existe en France.
Ma mutuelle rembourse-t-elle le sexologue ?
Certaines prévoient un forfait « psychologue » ou « médecines douces » de trois à six séances par an, parfois ouvert aux sexologues. Vérifiez le contrat : la plupart ne remboursent que les praticiens médecins ou psychologues.
Sources et liens officiels
- AIUS — Association interdisciplinaire post-universitaire de sexologie — annuaire des sexologues diplômés d'université
- SFSC — Société française de sexologie clinique — société savante, annuaire des membres
- Syndicat national des sexologues cliniciens — annuaire et charte de la profession
- Assurance maladie — Mon soutien psy — conditions du remboursement des séances de psychologue
- service-public.fr — portail officiel des droits et démarches
- Légifrance — texte officiel des lois et codes
