Avortement — Tunisie

Pionnière : l'IVG est légale à la demande jusqu'à douze semaines depuis 1973, mais l'accès réel s'est nettement dégradé.

Carte de situation — Tunisie — Avortement
Tunisie. Carte de situation à contours simplifiés — données Natural Earth, domaine public.

Le cadre légal

La loi n° 65-24 de 1965 avait d'abord réservé l'avortement aux femmes mariées ayant au moins cinq enfants. La loi n° 73-53 du 19 novembre 1973, modifiant l'article 214 du Code pénal, l'a ouvert à toutes les femmes, mariées ou non, dans les trois premiers mois de la grossesse. La Tunisie a ainsi légalisé l'IVG avant la France.

Les points clés

DélaiTrois premiers mois de la grossesse
ConditionAucune justification requise ; pas d'autorisation du conjoint
Au-delà de trois moisLorsque la santé de la mère ou l'équilibre de la famille sont menacés, ou en cas de risque grave pour l'enfant
StructuresCentres de l'Office national de la famille et de la population (ONFP), hôpitaux publics, secteur privé
MineuresAutorisation du tuteur légal en principe exigée
Texte fondateurLoi n° 73-53 du 19 novembre 1973 modifiant l'article 214 du Code pénal
AntérioritéLa Tunisie a légalisé l'IVG deux ans avant la France
RéseauLes centres de l'ONFP couvrent tous les gouvernorats
Difficultés signaléesRuptures d'approvisionnement en misoprostol, objection de conscience, inégalités régionales

En pratique

Coût et prise en charge

L'acte est gratuit dans les structures publiques et les centres de l'ONFP. Dans le privé, il est à la charge de la patiente.

Évolutions récentes

Le problème n'est plus la loi mais son application : ruptures d'approvisionnement en misoprostol, refus de praticiens, fermeture ou sous-dotation de centres, et inégalités marquées entre le littoral et l'intérieur. Les associations de santé sexuelle alertent régulièrement sur cet écart entre le droit et la pratique. Les associations documentent depuis plusieurs années un recul de l'accès réel, sans modification du texte de 1973.

Où s'adresser

À savoir

Si un établissement vous oppose un refus, il ne s'agit pas d'une règle de droit mais d'une pratique individuelle : d'autres centres publics restent tenus d'assurer la prestation. Les associations peuvent vous aider à identifier une structure disponible rapidement.

Sources et liens officiels

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