Le cadre légal
Le Burkina Faso réprime l'excision depuis 1996 et fait partie des rares pays où la loi est appliquée de manière régulière, avec des condamnations prononcées chaque année. Un secrétariat permanent dédié pilote la politique nationale depuis les années 1990. Le résultat est visible : la prévalence, très élevée chez les femmes adultes, a chuté de façon spectaculaire chez les filles de moins de quinze ans.
Le Burkina Faso fait figure de pionnier : interdiction dès 1996, création d'un conseil national dédié, numéro vert, et une mobilisation soutenue pendant trois décennies. Le résultat est mesurable — la prévalence chez les adolescentes a chuté très fortement par rapport aux générations précédentes. Les peines ont encore été alourdies en 2018, y compris pour les complices et pour ceux qui savent et ne signalent pas.
Les points clés
| Loi | Interdiction inscrite au Code pénal depuis 1996 |
|---|---|
| Application | Condamnations prononcées régulièrement, cas rare dans la région |
| Institution dédiée | Un secrétariat permanent coordonne la politique nationale |
| Prévalence | Très élevée chez les femmes adultes, en chute chez les moins de quinze ans |
| Ligne verte | Un numéro de signalement national existe |
| Prise en charge | Chirurgie réparatrice proposée dans plusieurs structures |
| Complicité | L'incitation et le silence sont également sanctionnés |
En pratique
- Utilisez la ligne verte nationale pour signaler une situation à risque, y compris de façon anonyme.
- La chirurgie réparatrice est disponible dans plusieurs centres : renseignez-vous auprès du secrétariat permanent.
- Signalez la mutilation à la sage-femme en début de grossesse.
- Les associations accompagnent les familles qui souhaitent rompre avec la pratique.
Coût et prise en charge
Le signalement et le suivi en structure publique sont gratuits.
Où s'adresser
- Secrétariat permanent du conseil national de lutte contre la pratique de l'excision.
- Ligne verte nationale de signalement.
- Centres pratiquant la chirurgie réparatrice.
À savoir
Le Burkina Faso est l'exemple le plus cité de ce qu'une loi appliquée avec constance peut produire : l'écart entre les générations y est le plus marqué de la région.
Questions fréquentes
Qu'a changé la réforme de 2018 ?
Elle a alourdi les peines, étendu la responsabilité aux complices et à ceux qui, informés d'un projet d'excision, ne le signalent pas, et visé expressément la médicalisation de la pratique. Le dispositif reste adossé au conseil national et à son numéro vert.
Quels soins existent pour une femme déjà excisée ?
La prise en charge des complications — douleurs, infections à répétition, difficultés urinaires ou sexuelles, suites obstétricales — relève de la gynécologie courante et ne demande pas de service exceptionnel. La désinfibulation, quand elle est indiquée, est un geste simple. La chirurgie reconstructrice existe mais n'est proposée que dans quelques centres et après un accompagnement psychologique : elle ne règle pas seule ce qui se joue.
Sources et liens officiels
- Service Public Burkina Faso — portail officiel des démarches administratives
