Le cadre légal
La loi de 2003 réprime la pratique, l'incitation et la complicité, avec des peines aggravées en cas de décès. La prévalence nationale est d'environ une femme sur dix, mais elle atteint des niveaux bien plus élevés dans l'Alibori et la Donga. La prise en charge médicale des complications relève des structures publiques, et les organisations communautaires jouent un rôle central dans les programmes d'abandon.
Le Bénin a adopté une loi spécifique en 2003, complétée par le Code de l'enfant, et la prévalence a fortement reculé ; elle reste concentrée dans le nord du pays et chez certaines communautés. L'obligation de dénoncer un projet d'excision pèse sur toute personne qui en a connaissance, ce qui distingue le texte béninois de plusieurs de ses voisins.
Les points clés
| Loi | Loi de 2003 réprimant la pratique et la complicité |
|---|---|
| Prévalence | Environ une femme sur dix, très concentrée dans le nord |
| Complicité | L'incitation et la facilitation sont également réprimées |
| Aggravation | Peines alourdies lorsque la victime est mineure ou en cas de décès |
| Signalement | Auprès de la police, de la gendarmerie ou des comités de protection de l'enfant |
| Prise en charge | Suivi obstétrical dans les structures publiques |
| Programmes | Abandon communautaire soutenu par les organisations locales et internationales |
En pratique
- Signalez toute situation à risque au comité local de protection de l'enfant.
- En début de grossesse, signalez la mutilation à la sage-femme : le suivi doit être adapté.
- Les organisations communautaires proposent un accompagnement gratuit.
- Les programmes d'abandon associent chefs traditionnels, religieux et anciennes praticiennes.
Coût et prise en charge
Le suivi dans les structures publiques est gratuit ou très peu coûteux.
Où s'adresser
- Comités de protection de l'enfant et services sociaux.
- Centres de santé et services de santé de la reproduction.
- Organisations communautaires engagées dans l'abandon de la pratique.
À savoir
La loi existe partout dans la sous-région, mais son application reste rare. Ce qui fait réellement reculer la pratique, ce sont les engagements collectifs des communautés concernées.
Questions fréquentes
Faut-il dénoncer si l'on a connaissance d'un projet ?
La loi béninoise l'impose à toute personne informée d'une excision projetée ou commise, et prévoit une sanction pour l'abstention. En pratique le signalement se fait auprès du centre de promotion sociale, de la police ou du procureur. La protection de l'enfant prime sur les liens familiaux.
Quels soins existent pour une femme déjà excisée ?
La prise en charge des complications — douleurs, infections à répétition, difficultés urinaires ou sexuelles, suites obstétricales — relève de la gynécologie courante et ne demande pas de service exceptionnel. La désinfibulation, quand elle est indiquée, est un geste simple. La chirurgie reconstructrice existe mais n'est proposée que dans quelques centres et après un accompagnement psychologique : elle ne règle pas seule ce qui se joue.
Sources et liens officiels
- Service public du Bénin — portail national des démarches
