Images intimes partagées sans accord : le rôle des témoins

Étude Violence Against Women sur les témoins de partage non consensuel d'images intimes (33 % d'intervention) et Baromètre 2026 e-Enfance / 3018.

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L’étude en bref

Une étude publiée dans Violence Against Women auprès de 896 jeunes adultes montre que si 76 % ont eu l'occasion d'intervenir comme témoins face à un partage non consensuel d'images intimes, seuls 33 % l'ont fait. En France, le Baromètre 2026 de l'association e-Enfance / 3018 révèle que 32 % des 6-18 ans ont déjà subi du cyberharcèlement et qu'un quart se tourne vers une intelligence artificielle pour demander conseil.

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Pourquoi les témoins d'un partage d'image intime interviennent peu

Lorsqu'une photo ou une vidéo intime est transférée sans l'accord de la personne représentée (partage non consensuel d'images intimes, ou NCII), la chaîne de diffusion repose très souvent sur des groupes de discussion ou des pairs. Une étude publiée dans la revue Violence Against Women (PubMed, PMID 41270185) a interrogé 896 jeunes adultes sur leur comportement de témoin (bystander behavior).

Les résultats mettent en évidence un écart majeur entre l'exposition et l'action : 76 % des participants déclarent s'être trouvés dans une situation où ils avaient la possibilité d'intervenir face à la diffusion ou au visionnage non consenti d'une image intime, mais seuls 33 % ont effectivement agi (en refusant de transférer, en désapprouvant l'expéditeur, en signalant le contenu ou en prévenant la victime). La peur d'être exclu du groupe et la tendance à minimiser la gravité lorsque l'auteur est un ami proche constituent les principaux freins à l'intervention.

Les enseignements du Baromètre 2026 e-Enfance / 3018

En France, le Baromètre 2026 publié par l'association e-Enfance / 3018 confirme l'ampleur des violences numériques chez les 6-18 ans : 32 % des jeunes interrogés disent avoir déjà été confrontés au cyberharcèlement, avec une montée préoccupante des photomontages dénudés générés par intelligence artificielle (deepfakes).

Fait nouveau relevé en 2026 : 25 % des mineurs victimes ou témoins déclarent s'être tournés vers un agent conversationnel d'intelligence artificielle pour demander de l'aide ou savoir comment réagir, parfois avant même d'en parler à un parent ou d'appeler le numéro national gratuit 3018 (e-Enfance, 2026). Enfin, sur le terrain de la protection des données, une étude publiée le 29 octobre 2026 dans Internet Research met en lumière le « paradoxe restrictivité-équité » des bandeaux de consentement RGPD : plus un avis de confidentialité paraît complexe, moins l'utilisateur exerce un contrôle réel sur ses traces numériques.

Ce que notre page de fond ajoute

Notre page sur le droit à l'image et les photos intimes rappelle les sanctions pénales encourues en France pour le délit de « revenge porn » (article 226-2-1 du Code pénal : jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 60 000 € d'amende, portés à 3 ans et 75 000 € sur Internet), et explique comment faire supprimer d'urgence un contenu via le 3018 (qui est le signaleur de confiance officiel auprès des plateformes) ou l'outil StopNCII.org.

Pour aller plus loin

Cette étude s’inscrit dans un sujet plus large, que notre page Le droit à l'image traite en détail.

Lire la page : Le droit à l'image

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