L’actualité en bref
Le 19 mars 2026, Statistics South Africa a publié son rapport sur les mariages et les divorces de 2024, relayé le 20 mars par un article. Il combine les enregistrements des affaires intérieures et les décisions de justice, et compte 24 202 divorces enregistrés pour 2024, chiffre pouvant être révisé en cas de réception tardive. Ce sont des données administratives : le rapport de divorces à mariages d'une année ne donne pas la probabilité de divorce d'un couple.
Ce que dit la source
Le 19 mars 2026, l'institut national de statistique sud-africain, Statistics South Africa, a publié son rapport sur les mariages et les divorces de l'année 2024 (publication P0307, Statistics South Africa, 19 mars 2026). Le lendemain, le 20 mars 2026, il a diffusé un article qui reprend ce rapport, intitulé en anglais « Women Drive Divorce Filings as Marriages Continue to Decline in South Africa », ce qui se traduit par « Les femmes sont à l'origine des demandes de divorce, alors que les mariages continuent de reculer » (article de Statistics South Africa, 20 mars 2026).
Il faut donc distinguer deux dates. L'année décrite par les statistiques est 2024. L'année de publication est 2026. Quand on parle de nouveauté, c'est le 19 mars 2026 qui compte, et non le 20 mars, qui n'est que la date du relais.
Ce rapport s'appuie sur des données administratives. D'un côté, les enregistrements du ministère des affaires intérieures, le Home Affairs. De l'autre, les décisions de justice, enregistrées par le ministère de la justice, qui permettent de compter les divorces prononcés. Le rapport combine ces deux sources pour dresser un tableau de la vie conjugale officielle du pays en 2024.
Les chiffres à retenir
Le chiffre le plus simple à retenir est celui des divorces : 24 202 divorces enregistrés pour l'année 2024 (rapport P0307, Statistics South Africa, 19 mars 2026). Ce nombre est donné avec une réserve que l'institut signale lui-même : les données restent susceptibles de révision lorsque des dossiers arrivent tardivement (rapport P0307, Statistics South Africa, 19 mars 2026).
Je m'en tiens volontairement à ce seul total chiffré. Le rapport contient de nombreux autres tableaux, mais je n'en ai lu que la préface, la portée, les méthodes aux paragraphes 2.1 à 2.3 et les tableaux 7 à 9, et le document n'a pas été conservé en copie locale intégrale. Je ne donne donc pas de chiffres que je n'ai pas vérifiés.
Le titre de l'article du 20 mars 2026 indique deux tendances générales : les femmes seraient à l'origine d'une part importante des demandes de divorce, et les mariages continueraient de diminuer (article de Statistics South Africa, 20 mars 2026). Ce sont les formulations de l'institut, que l'on peut citer comme telles, mais il faut les replacer dans le rapport complet avant d'en tirer une conclusion précise.
Comment lire ces résultats
C'est la partie la plus importante, parce qu'un chiffre de divorces fait vite naître de mauvaises conclusions.
Premier piège : confondre année de publication et période étudiée. Un rapport paru en mars 2026 décrit des événements enregistrés en 2024. Il ne dit rien de ce qui s'est passé depuis.
Deuxième piège : lire un total annuel comme une probabilité. On entend parfois que tel pourcentage des mariages finit en divorce. Or diviser le nombre de divorces enregistrés une année par le nombre de mariages enregistrés la même année revient à comparer deux groupes de couples différents. Les personnes qui divorcent en 2024 se sont mariées à des moments très variés, parfois il y a plusieurs décennies, tandis que les mariages de 2024 sont ceux de couples qui ne font que commencer. Ce quotient n'est donc pas la chance qu'un couple particulier a de divorcer. Pour mesurer cela, il faudrait suivre des groupes de couples mariés la même année pendant de longues périodes, ce que ce type de rapport ne fait pas.
Troisième piège : oublier la couverture. Il s'agit de données administratives, qui ne comptent que ce qui est déclaré et enregistré. Les unions coutumières, religieuses ou non enregistrées existent aussi, et l'on ne doit pas supposer sans vérification qu'elles figurent toutes dans les chiffres. Les limites que j'ai relevées vont dans ce sens : la couverture est administrative et ne reflète pas l'ensemble des mariages coutumiers existants.
Quatrième piège : prendre un chiffre provisoire pour un chiffre définitif, puisque les données peuvent être révisées.
Enfin, le caractère déclaratif et la méthode comptent. Les divorces comptés sont ceux qui ont été prononcés et transmis, pas ceux qui sont envisagés, en cours ou abandonnés. Et à propos de la mention des femmes à l'origine des demandes, on ne sait pas, d'après ce que j'ai lu, ce qui explique cette répartition. Les statistiques décrivent, elles n'expliquent pas.
Ce que cela change
Ce rapport ne change aucune règle de droit. Il ne modifie ni les conditions du mariage, ni la procédure de divorce, ni les droits des conjoints. Il s'agit d'une photographie statistique officielle de ce qui a été enregistré en 2024, utile à celles et ceux qui veulent comprendre le contexte social : journalistes, chercheurs, associations, services publics.
Pour un couple, il peut aider à replacer une situation dans un paysage plus large, mais il ne dit rien de ce qui arrivera dans une famille donnée. Les statistiques de population ne déterminent pas l'issue d'un dossier de séparation. Le partage des biens, la situation des enfants et les demandes possibles dépendent du régime matrimonial, des faits et de la procédure judiciaire, qui est encadrée par la loi sur le divorce, le Divorce Act de 1979.
Si vous citez ce rapport, indiquez toujours l'année étudiée, la source des données et la réserve sur les révisions possibles. Cette présentation est une information générale sur une publication statistique, pas un conseil juridique.
