L’actualité en bref
Le 6 février 2026, la commission des affaires intérieures du Parlement sud-africain a achevé ses auditions publiques dans les provinces sur le Marriage Bill (B43-2023). La dernière s'est tenue à Tafelkop. Les participants ont évoqué les pratiques coutumières non reconnues, l'interdiction du mariage entre apparentés, la protection des officiers de mariage et le cadre législatif unique. Le relèvement de l'âge du mariage est largement soutenu, avec un désaccord entre 18 ans et au moins 21 ans. La commission rédigera un rapport et interrogera les ministères. Le projet reste une proposition : il ne modifie pas le droit actuel.
Ce que dit le communiqué
Aujourd'hui, on parle d'une étape du Parlement sud-africain sur le Marriage Bill. Le 6 février 2026, la commission des affaires intérieures de l'Assemblée nationale (Portfolio Committee on Home Affairs) a annoncé la fin de sa phase de consultation publique dans les provinces (communiqué du Parlement du 6 février 2026). Son président, Mosa Chabane, dit que les échanges permettront de renforcer et d'affiner le texte, dans le cadre de la Constitution (communiqué du Parlement du 6 février 2026).
La dernière audience s'est tenue à Tafelkop, dans le district de Sekhukhune. Les participants y ont généralement soutenu le projet, mais ils ont soulevé plusieurs inquiétudes (communiqué du Parlement du 6 février 2026). Ils ont regretté que certains régimes de mariage bapedi ne soient pas reconnus, et demandé d'intégrer des pratiques coutumières comme le seantlo, où un homme épouse la sœur de sa femme décédée, et le ngwetsi ya lapa, où une femme se marie dans une famille sans héritier masculin. Ils ont aussi relevé que l'interdiction du mariage entre apparentés heurte le droit coutumier bapedi, qui admet le mariage entre cousins.
Des responsables religieux ont demandé une protection explicite des officiers de mariage qui refusent de célébrer une union contraire à leurs convictions. Ils ont aussi douté de la faisabilité de l'obligation, pour l'officier, de vérifier que les futurs époux sont sains d'esprit et non sous l'effet de l'alcool ou d'autres substances. Certains ont mis en garde contre le regroupement de tous les mariages dans un cadre législatif unique, au nom de la diversité culturelle et religieuse (communiqué du Parlement du 6 février 2026).
Sur l'âge, le communiqué note un large soutien au relèvement de l'âge du consentement au mariage, mais des avis partagés : le projet retient 18 ans, et certains participants recommandent au moins 21 ans, pour laisser aux jeunes le temps d'atteindre une maturité affective et financière (communiqué du Parlement du 6 février 2026). Ensuite, la commission doit réunir toutes les contributions dans un rapport complet et demander des réponses aux départements gouvernementaux concernés.
Les chiffres à retenir
Le texte porte le numéro B43-2023. Il a été introduit le 13 décembre 2023 par le ministre de l'Intérieur, et la fiche parlementaire consultée n'affichait comme étape datée que cette introduction (fiche du projet de loi B43-2023, Parlement). Son titre officiel annonce un texte sur la reconnaissance des mariages monogames et polygames, les officiers de mariage, la célébration, l'enregistrement, les conséquences patrimoniales et la dissolution (fiche du projet de loi B43-2023, Parlement).
Côté âge, deux seuils : 18 ans, proposé, et au moins 21 ans, demandé par certains (communiqué du Parlement du 6 février 2026). Enfin, un ordre du jour parlementaire pour la semaine du 27 septembre 2026 inscrit, le 30 septembre 2026, une présentation d'un avis juridique d'un conseil externe sur la clause 6 du projet (programme « Happening in Parliament This Week », 27 septembre 2026).
Comment lire ces résultats
D'abord, une audition publique n'est pas un vote. Le communiqué décrit une consultation terminée, avec des opinions exprimées par des participants ; il ne dit pas combien de personnes ont parlé, ni dans quelle proportion elles soutenaient chaque position. Les mots « large soutien » viennent de la commission elle-même, pas d'une mesure chiffrée (communiqué du Parlement du 6 février 2026).
Ensuite, le détail des inquiétudes décrites concerne le district de Sekhukhune et ne résume pas toutes les provinces.
Troisième précaution : l'ordre du jour de septembre 2026 est un programme, pas un compte rendu. Il montre qu'un avis juridique sur la clause 6 était prévu au programme, mais il ne dit pas si la réunion s'est tenue comme annoncé ni ce qui en est sorti, et nous n'avons pas lu le contenu de cette clause (programme du 27 septembre 2026). De même, nous avons lu la fiche du projet de loi et le communiqué, pas le texte intégral du Bill : l'âge de 18 ans est rapporté tel que le communiqué le présente.
Enfin, côté droit : dans les sources examinées, le Bill demeure une proposition législative. Aucune promulgation n'y est attestée à la date de consultation du 27 octobre 2026.
Ce que cela change
Concrètement, rien ne change aujourd'hui dans les règles applicables au mariage. Le cadre actuel de l'Afrique du Sud comprend notamment le Marriage Act, le Civil Union Act et le Recognition of Customary Marriages Act, et un projet de loi ne remplace pas ces textes tant qu'il n'a pas été adopté, signé et mis en application. La fin des auditions ne modifie pas, en soi, l'âge du mariage.
Ce que la consultation apporte, c'est une indication sur les sujets qui seront débattus : la place des pratiques coutumières, la protection des officiers de mariage, la faisabilité des vérifications, l'intérêt d'un cadre unique et le niveau de l'âge minimum. Le communiqué ne dit pas quels amendements seront retenus.
Pour quelqu'un qui prépare un mariage, la bonne question reste donc : quelles lois et quelles formalités s'appliquent aujourd'hui à la cérémonie envisagée ? Cette actualité décrit une étape parlementaire ; elle ne donne pas de conseil juridique personnel. Une future mise à jour devra citer un texte promulgué et sa date d'application avant de parler de nouvelle règle.
