L’actualité en bref
Dans une mise au point clinique destinée aux patients et aux praticiens, la Sexual Medicine Society of North America (SMSNA) détaille les effets contrastés des agonistes du GLP-1 sur la santé sexuelle : si la perte de poids et la remontée de la testostérone améliorent le désir ou la fonction érectile chez environ 18 % des utilisateurs, près de 16 % rapportent à l'inverse une baisse de libido liée à la fatigue, aux effets digestifs ou à l'action centrale de ces molécules sur les circuits cérébraux de la récompense.
Ce que dit la mise au point de la SMSNA
Avec la prescription croissante des agonistes des récepteurs du GLP-1 (sémaglutide, tirzépatide, commercialisés notamment sous les noms d'Ozempic, Wegovy ou Mounjaro) dans le diabète de type 2 et l'obésité, de nombreux couples s'interrogent sur leurs effets sur la libido. Dans sa synthèse patient publiée par la Sexual Medicine Society of North America (SMSNA, novembre 2026), complétée par des données d'enquête du Kinsey Institute, les spécialistes de médecine sexuelle décrivent un effet bidirectionnel marqué : environ 18 % des patients interrogés signalent une hausse du désir sexuel, tandis qu'environ 16 % constatent une diminution (SMSNA, 2026).
Pourquoi le désir augmente chez certains patients
L'amélioration de la fonction sexuelle s'explique d'abord par des mécanismes métaboliques, vasculaires et hormonaux bien documentés. Chez les hommes présentant une obésité ou un syndrome métabolique, la réduction de la masse grasse diminue la conversion périphérique de la testostérone en œstrogènes et améliore la fonction endothéliale, ce qui favorise à la fois le désir et la qualité des érections (SMSNA, 2026).
Chez les femmes comme chez les hommes, l'amélioration de la glycémie, la baisse de l'inflammation chronique, le regain de mobilité et une image corporelle plus positive contribuent également à lever des freins psychologiques et physiques à l'intimité.
Pourquoi la libido baisse chez d'autres
À l'inverse, la baisse de désir observée chez près d'un patient sur six repose sur deux mécanismes distincts. Le premier est indirect : nausées, reflux, ralentissement de la vidange gastrique et déficit calorique rapide provoquent une fatigue générale qui relègue la sexualité au second plan, surtout lors des paliers d'augmentation de dose (SMSNA, 2026).
Le second mécanisme, plus spécifique, est neurobiologique : les récepteurs du GLP-1 sont présents dans les régions cérébrales du circuit mésolimbique de la récompense (aire tegmentale ventrale et noyau accumbens), où ils modulent la libération de dopamine. C'est cette action qui réduit les envies alimentaires compulsives (« food noise ») et la consommation d'alcool, mais elle peut aussi, chez certaines personnes, émousser l'élan hédonique et l'anticipation du plaisir sexuel.
Ce que cela change pour les patients et les couples
Les médecins de la SMSNA recommandent de ne jamais interrompre ni modifier soi-même un traitement par GLP-1, mais d'aborder ouvertement toute modification du désir lors du suivi médical : un ajustement du rythme d'escalade des doses, la correction d'une carence nutritionnelle ou d'une perte musculaire trop rapide, ou encore un bilan hormonal permettent souvent de rétablir l'équilibre.
Ce que notre page de fond ajoute
Notre page sur la baisse du désir sexuel passe en revue l'ensemble des causes médicales, médicamenteuses (antidépresseurs ISRS, contraceptifs hormonaux, antihypertenseurs, agonistes du GLP-1), hormonales et relationnelles du manque de désir, et propose des repères concrets pour en parler en couple sans pression ni culpabilité.
Pour aller plus loin
Cette actualité s’inscrit dans un sujet plus large, que notre page La baisse du désir : comprendre, et retrouver l’envie traite en détail.
Lire la page : La baisse du désir : comprendre, et retrouver l’envie
