L’actualité en bref
Une étude de l’université Brigham Young auprès de 1 693 jeunes couples mariés américains associe l’exercice pratiqué à deux, et aussi seul, à une meilleure communication et à moins de conflits. Les données, recueillies à un seul moment, ne permettent pas de dire que le sport en est la cause.
Ce que dit l'étude
Une équipe de l'université Brigham Young, aux États-Unis, a publié en ligne le 5 août 2026 dans la revue Family Relations une étude sur le sport pratiqué à deux. Elle est signée d'Ashlyn Mildenhall, Matthew Núñez et Jeremy Yorgason, professeur à l'école de la vie familiale ; les deux premiers avaient rejoint le projet comme étudiants (BYU News, 2026). L'article lui-même est payant : nous avons lu son résumé publié, le communiqué de l'université et deux comptes rendus détaillés rédigés à partir du texte complet (StudyFinds, 2026 ; Earth.com, 2026).
Les chercheurs ont exploité les réponses de 1 693 jeunes couples mariés issus de CREATE, une enquête nationale représentative qui suit depuis plus de dix ans des couples récemment mariés (résumé de l'étude, 2026). Les données viennent de la deuxième vague, recueillie en 2017, auprès de couples mariés pour la plupart en 2014 (Earth.com, 2026). Chaque époux disait s'il faisait régulièrement de l'exercice, citait jusqu'à trois activités et précisait si le conjoint y participait. Dès qu'un des deux répondait oui pour une activité, le couple était classé comme s'entraînant ensemble (StudyFinds, 2026).
L'équipe a mis en regard l'exercice en solo et l'exercice à deux avec trois mesures déclarées séparément par chaque époux : la communication (cinq questions, sur l'écoute ou l'effort pour comprendre l'autre), la résolution des conflits (huit questions) et la fréquence et la gravité des disputes (Earth.com, 2026). Les calculs tiennent compte notamment de l'âge, des revenus et des enfants (StudyFinds, 2026).
Les chiffres à retenir
Environ 58 % des épouses et 60 % des maris disent faire de l'exercice régulièrement, mais seulement un tiers environ des couples s'entraînent ensemble (Earth.com, 2026).
L'exercice seul comme l'exercice à deux vont de pair avec une meilleure communication, une meilleure résolution des conflits et moins de disputes, chez les épouses comme chez les maris (résumé de l'étude, 2026). La communication est la mesure qui ressort le plus, selon Ashlyn Mildenhall (BYU News, 2026). Les couples qui s'entraînent ensemble disent aussi mieux s'écouter et se sentir davantage entendus et soutenus (BYU News, 2026).
La marche figure parmi les activités partagées les plus citées, et le communiqué la place en tête (BYU News, 2026). Jeremy Yorgason parle d'un effet « pas forcément important », mais très constant (BYU News, 2026).
Comment lire ces résultats
Première limite, la plus importante : les données ont été recueillies à un seul moment. Elles montrent que deux choses vont ensemble, pas laquelle entraîne l'autre. Des couples qui s'entendent déjà bien ont peut-être simplement plus de facilité à s'entraîner ensemble, et les auteurs appellent à suivre les couples dans le temps (StudyFinds, 2026).
Deuxième nuance, sur la supériorité du sport à deux. Le résumé de l'étude et le communiqué disent que, mesuré en même temps que l'exercice en solo, l'exercice partagé montre des associations plus fortes et plus constantes (résumé de l'étude, 2026). Mais les deux comptes rendus fondés sur l'article complet précisent que l'écart entre les deux, testé directement, n'atteint pas le seuil de signification statistique (StudyFinds, 2026 ; Earth.com, 2026). Sans le texte intégral, nous ne pouvons pas trancher. Le message le plus sûr est que bouger, seul ou à deux, est associé à une relation décrite plus favorablement, avec un léger avantage apparent pour le sport partagé.
Troisième point : les liens sont modestes et n'expliquent qu'une petite part des différences entre couples (Earth.com, 2026). Tout est déclaratif, la définition de l'exercice est large (elle inclut parfois le travail physique ou courir après ses enfants), et ni l'intensité, ni la durée, ni la fréquence n'ont été mesurées (StudyFinds, 2026). L'échantillon réunit de jeunes couples mariés américains, plutôt de revenus moyens à élevés, dont environ 46 % avaient des enfants (StudyFinds, 2026). Rien ne dit que le constat vaille pour d'autres couples.
Les auteurs n'ont pas testé les raisons du lien. Ils évoquent du temps à deux sans interruption, propice à la conversation, et peut-être un effet de l'exercice sur le calme émotionnel, sans pouvoir le confirmer (StudyFinds, 2026). Enfin, ils rappellent que le sport partagé n'est pas un remède aux difficultés de couple (BYU News, 2026).
Ce que cela change pour le lecteur
Cette étude ne démontre pas qu'une sortie à vélo répare une relation. Elle apporte un argument modeste en faveur d'une habitude simple et accessible : bouger régulièrement, et pourquoi pas ensemble, quand cela vous convient à tous les deux.
L'exercice en solo est lui aussi associé à de meilleurs résultats. Rien n'oblige donc à renoncer à votre séance personnelle pour un programme commun : le sport à deux peut s'ajouter, sans remplacer le reste.
Aucune performance n'est demandée non plus. Jeremy Yorgason évoque une quinzaine de minutes le soir comme point de départ (BYU-Idaho Radio, 2026), et note que, pour de jeunes parents, cela suppose souvent de réserver ce temps volontairement (BYU News, 2026).
Enfin, gardons la mesure. Si l'un des deux préfère s'entraîner seul, cela ne dit rien de la solidité du couple. En cas de difficultés de communication persistantes, un professionnel de la thérapie de couple ou de la médiation familiale reste l'interlocuteur adapté. Après une longue pause, une blessure ou un problème de santé, l'avis d'un médecin précède toute reprise.
Ce que notre page de fond ajoute
Notre page de fond va plus loin sur la manière de s'y mettre. Elle suggère de commencer par la marche, qui laisse la conversation possible, de régler le rythme sur le moins entraîné des deux, de réserver un créneau fixe dans l'agenda et d'ajouter de temps en temps une activité nouvelle, car la nouveauté partagée est associée à une meilleure qualité de relation dans des expériences de psychologie. Elle prévient aussi des pièges : la pression, qui peut faire bouger moins, la compétition mal dosée quand les niveaux diffèrent, et le bilan de couple en chemin. Elle rappelle enfin que garder ses séances personnelles reste utile. Le détail est dans la page « Sport en couple ».
Pour aller plus loin
Cette actualité s’inscrit dans un sujet plus large, que notre page Faire du sport en couple traite en détail.
