Herpès génital : plus d'une personne sur cinq (OMS)

Estimations de l'OMS de décembre 2024 : 846 millions de personnes de 15 à 49 ans avec un herpès génital en 2020, HSV-1 et HSV-2 confondus.

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L’actualité en bref

Selon de nouvelles estimations de l'OMS publiées le 11 décembre 2024, environ 846 millions de personnes de 15 à 49 ans vivaient avec un herpès génital en 2020, soit plus d'une sur cinq. Le chiffre additionne le HSV-2 (520 millions) et les infections génitales à HSV-1 (376 millions, dont 50 millions avec les deux). Ces infections causent le plus souvent peu ou pas de symptômes, et 42 millions de nouvelles infections surviendraient chaque année. Estimations de modélisation, valables au niveau mondial seulement.

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Ce que dit l'OMS

Le 11 décembre 2024, l'Organisation mondiale de la santé a publié de nouvelles estimations sur l'herpès génital (OMS, communiqué du 11 décembre 2024). Selon elles, environ 846 millions de personnes âgées de 15 à 49 ans vivaient avec un herpès génital en 2020, soit plus d'une sur cinq dans cette tranche d'âge (OMS, communiqué du 11 décembre 2024). L'OMS estime qu'au moins une personne par seconde, soit 42 millions de personnes par an, contracte une nouvelle infection (OMS, communiqué du 11 décembre 2024).

Ces chiffres viennent d'une étude de modélisation publiée dans la revue Sexually Transmitted Infections, rédigée par des experts de l'OMS et de deux universités (Weill Cornell Medicine-Qatar et Université de Bristol). Elle met à jour les estimations établies par l'OMS en 2012 et en 2016 (OMS, communiqué du 11 décembre 2024). Ce sont des estimations mondiales, et non un décompte de cas diagnostiqués.

Un chiffre « tous virus confondus »

Il faut bien lire ce que ce nombre additionne. Deux virus peuvent provoquer un herpès génital : le HSV-2, transmis lors de rapports sexuels, et le HSV-1, plus connu pour le bouton de fièvre. En 2020, 520 millions de personnes avaient un herpès génital dû au HSV-2 et 376 millions des infections génitales à HSV-1, dont 50 millions avaient aussi une infection à HSV-2, les deux virus pouvant coexister (OMS, communiqué du 11 décembre 2024). C'est cette somme, sans double comptage, qui donne 846 millions.

Pourquoi on ne le sait pas

La plupart du temps, ces infections causent peu de symptômes, voire aucun (OMS, communiqué du 11 décembre 2024). Chez certaines personnes, elles provoquent des lésions douloureuses et des cloques dans la sphère génitale, qui peuvent récidiver toute la vie et nécessitent souvent plusieurs consultations. Plus de 200 millions de personnes de 15 à 49 ans ont connu au moins un épisode symptomatique en 2020 (OMS, communiqué du 11 décembre 2024).

Le virus du bouton de fièvre aussi

C'est probablement la partie la plus surprenante. Le HSV-1 se propage principalement pendant l'enfance, par la salive ou le contact peau à peau autour de la bouche. Mais une personne qui ne l'a jamais contracté enfant peut l'attraper lors d'un contact sexuel et développer alors une infection génitale à l'adolescence ou à l'âge adulte (OMS, communiqué du 11 décembre 2024). Les estimations de 2020 ne montrent pratiquement aucune évolution de la prévalence du HSV-2 génital depuis 2016, alors que le nombre d'infections génitales à HSV-1 est plus élevé. Plusieurs pays ont observé que les infections génitales de l'adulte augmentent à mesure que les infections buccales de l'enfant diminuent, ce que l'OMS relie à des facteurs comme un moindre surpeuplement et une meilleure hygiène. Les auteurs précisent que cette hausse peut aussi s'expliquer en partie par des changements de méthodes et de nouvelles sources de données (OMS, communiqué du 11 décembre 2024).

Pourquoi le HSV-2 reste plus préoccupant

Du point de vue de la santé publique, le HSV-2 génital a des conséquences plus lourdes : il provoque beaucoup plus souvent des poussées récurrentes, il est responsable d'environ 90 % des épisodes symptomatiques et il est lié à un risque trois fois plus élevé de contracter le VIH (OMS, communiqué du 11 décembre 2024). C'est pourquoi l'OMS recommande de proposer un dépistage du VIH, et si nécessaire une prophylaxie préexposition, aux personnes qui présentent des symptômes d'herpès génital.

Prévention, traitements et recherche

Il n'existe actuellement aucun remède contre l'herpès, même si des traitements soulagent les symptômes. Les préservatifs, utilisés correctement et régulièrement, réduisent le risque de transmission sans l'éliminer totalement. Les personnes atteintes d'un herpès génital symptomatique doivent éviter tout contact sexuel, car le virus est particulièrement contagieux en présence de lésions (OMS, communiqué du 11 décembre 2024).

Les auteurs de l'étude jugent nécessaires de nouveaux traitements et de nouveaux vaccins. L'OMS, qui cite aussi une étude évaluant le coût économique de l'herpès génital à environ 35 milliards de dollars américains par an dans le monde, en dépenses de santé et en perte de productivité, indique travailler à de nouveaux outils de prévention : vaccins, traitements et microbicides topiques (OMS, communiqué du 11 décembre 2024).

Ce que cela change pour le lecteur

Ce communiqué ne dit rien du risque individuel : un chiffre mondial ne permet pas de savoir si l'on est concerné. Il rappelle surtout que l'herpès génital est très fréquent, souvent silencieux, et qu'il peut venir du même virus que le bouton de fièvre. Un auteur du rapport, médecin à l'OMS, souligne qu'il est trop peu étudié à cause de la stigmatisation qui l'entoure (OMS, communiqué du 11 décembre 2024). Pour un avis personnel, un test ou un traitement, c'est auprès d'un professionnel de santé qu'il faut se tourner ; notre page sur l'herpès génital détaille la transmission, le dépistage et les traitements.

Limites

Ces estimations datent de 2020 et reposent sur des modèles ; elles ont des marges d'incertitude et ne concernent que les 15 à 49 ans. Elles ne doivent pas être confondues avec le chiffre de la fiche d'information de l'OMS sur le virus, qui ne porte que sur le HSV-2 (520 millions, soit 13 % des 15-49 ans, d'après les mêmes estimations).

Pour aller plus loin

Cette actualité s’inscrit dans un sujet plus large, que notre page Herpès génital traite en détail.

Lire la page : Herpès génital

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