L’actualité en bref
Depuis le 1er octobre 2026, l'Assurance Maladie rembourse les culottes et coupes menstruelles réutilisables vendues en pharmacie : 60 % du prix pour les moins de 26 ans, sans condition de ressources, et intégralement pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, quel que soit leur âge. Le remboursement est limité à deux produits par période de douze mois, avec un prix plafond de 19 euros par culotte et de 15,80 euros par coupe. Environ 6,7 millions de personnes sont concernées. Les tampons et serviettes jetables ne sont pas remboursés.
L'essentiel de l'annonce
L'Assurance Maladie a annoncé, dans un communiqué du 28 septembre 2026, qu'à compter du 1er octobre 2026 les culottes menstruelles et les coupes menstruelles réutilisables achetées en pharmacie peuvent être remboursées (Assurance Maladie, communiqué du 28 septembre 2026). Deux groupes sont concernés : les personnes de moins de 26 ans, sans condition de ressources, et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), à tout âge (Assurance Maladie, 2026). L'Assurance Maladie évalue le nombre de personnes concernées à près de 6,7 millions (Assurance Maladie, 2026).
Jusqu'à cette date, le seul allègement général que mentionnent nos sources pour ces produits est le taux de TVA réduit de 5,5 % appliqué depuis le 1er janvier 2016 (BOFiP, 2016).
Ce que prévoit la mesure
Le remboursement porte sur deux types de produits : les culottes menstruelles et les coupes menstruelles réutilisables, vendues uniquement en pharmacie. Seuls les modèles inscrits sur la liste établie par le ministère de la Santé sont pris en charge ; un produit qui n'y figure pas n'est pas remboursé (Assurance Maladie, 2026).
Le taux dépend de la situation. Pour les moins de 26 ans, l'Assurance Maladie rembourse 60 % du prix de référence, avec la possibilité d'un tiers payant sur présentation de la carte Vitale ; le communiqué précise que, pour les contrats de complémentaire santé dits « responsables », la mutuelle prend en général en charge le reste, si bien que le coût peut être entièrement couvert (Assurance Maladie, 2026). Pour les bénéficiaires de la C2S, la prise en charge est intégrale et s'applique sans avance de frais (Assurance Maladie, 2026).
Deux limites encadrent le dispositif. D'abord, le nombre : deux produits par période de douze mois, décomptée à partir de la date du premier achat remboursé ; le communiqué donne l'exemple de deux produits, une coupe et une culotte ou deux culottes, achetés entre le 15 octobre 2026 et le 14 octobre 2027 (Assurance Maladie, 2026). Ensuite, le prix : la base de remboursement est plafonnée à 19 euros par culotte et à 15,80 euros par coupe (Assurance Maladie, 2026). Aucune ordonnance ni démarche préalable n'est nécessaire : il suffit de présenter sa carte Vitale à la pharmacie (Assurance Maladie, 2026).
Ce que la mesure ne couvre pas
Le point est important pour qui lit trop vite le mot « protections » : les tampons, les serviettes et les protège-slips jetables ne sont pas concernés par ce remboursement, qui vise uniquement les produits réutilisables (Assurance Maladie, 2026). Pour une personne qui utilise des protections jetables, la dépense mensuelle reste donc la même, au taux de TVA près. De même, les personnes de 26 ans et plus qui ne sont pas à la C2S ne sont pas couvertes (Assurance Maladie, 2026).
Le calendrier mérite un commentaire. Une note de recherche du Parlement européen de mai 2025 annonçait un démarrage au 1er janvier 2024 (Parlement européen, EPRS, 2025) ; le communiqué de l'Assurance Maladie fixe le début effectif au 1er octobre 2026 (Assurance Maladie, 2026). Seule la date du communiqué fait foi.
Ce que cela change pour le lecteur
Si vous avez moins de 26 ans, ou si vous bénéficiez de la C2S, la première chose à faire est de vérifier en pharmacie que le modèle de culotte ou de coupe qui vous intéresse figure sur la liste des produits pris en charge, avant l'achat. Le prix de référence étant plafonné à 19 euros par culotte et à 15,80 euros par coupe, un modèle plus cher laissera une part à votre charge (Assurance Maladie, 2026).
Sur l'usage lui-même, une coupe remboursée n'est pas dispensée des précautions d'usage : une étude de laboratoire sur des produits du commerce n'a pas montré que les coupes menstruelles étaient plus sûres que les tampons vis-à-vis du syndrome de choc toxique (Nonfoux et al., 2018), et la durée de port maximale est recommandée à six heures pour les protections internes (DGCCRF, 2024).
Limites et prudence
Ce commentaire repose sur le communiqué de l'Assurance Maladie, seule source des montants, plafonds et limites décrits ici : nous n'avons pas consulté les textes d'application ni la liste complète des produits remboursés. Le nombre de personnes concernées est une estimation de l'Assurance Maladie, pas un nombre de bénéficiaires effectifs, et il est trop tôt pour connaître le recours réel au dispositif ou son effet sur la précarité menstruelle.
Ce que notre page de fond ajoute
Notre page sur le cycle menstruel dans l'Union européenne replace cette annonce dans un cadre plus large. Elle compare les taux de TVA appliqués aux protections pays par pays, de l'exonération au taux normal, rappelle ce que l'Union peut et ne peut pas imposer, et détaille les mesures de gratuité en Espagne, en Grèce ou en Irlande. Elle aborde aussi le congé menstruel espagnol, l'endométriose, la sécurité des produits, les données des applications de suivi et l'accès à la contraception, avec, pour chaque chiffre, sa source. Vous y trouverez enfin la page sur le cycle menstruel et l'Union européenne, avec une section sur l'état de la recherche concernant la répercussion des baisses de TVA sur les prix.
Pour aller plus loin
Cette actualité s’inscrit dans un sujet plus large, que notre page Règles et protections périodiques — Union européenne traite en détail.
Lire la page : Règles et protections périodiques — Union européenne
