Cannabis en Suisse : le projet de loi renvoyé en sous-commission

La commission du Conseil national poursuit la loi sur les produits cannabiques mais la fait remanier : ce que disent les 162 avis reçus et ce qui reste en vigueur.

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L’actualité en bref

Le 8 mai 2026, la commission de la santé du Conseil national a décidé, par 16 voix contre 8 et 1 abstention, de poursuivre ses travaux sur la future loi sur les produits cannabiques. Elle charge sa sous-commission de remanier le projet après une consultation qui a réuni 162 avis et où une majorité de cantons s'est montrée opposée. Le cannabis reste interdit en Suisse hors essais pilotes et usage médical.

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Ce que dit la commission

Le 8 mai 2026, la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national, la CSSS-N, a décidé de poursuivre ses travaux sur la future loi sur les produits cannabiques, la LPCan. Ce texte met en œuvre l'initiative parlementaire Siegenthaler, intitulée « Réguler le marché du cannabis pour mieux protéger la jeunesse et les consommateurs » (20.473). La commission a voté par 16 voix contre 8 et 1 abstention pour continuer (Parlement, communiqué du 8 mai 2026).

Continuer ne veut pas dire adopter. Dans le même communiqué, la commission explique qu'elle a pris acte des avis reçus pendant la consultation et qu'elle charge sa sous-commission d'examiner les principales critiques puis de remanier le projet. La sous-commission doit s'y pencher dans le courant de l'année. Par 17 voix contre 8, la commission a aussi refusé de suspendre les travaux en attendant l'évaluation complète des projets pilotes (Parlement, communiqué du 8 mai 2026).

La commission relève que les retours de la consultation sont partagés. La majorité des cantons rejette le projet dans sa forme actuelle, alors qu'une minorité de cantons et la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales y sont plutôt favorables. Les villes, les organisations du domaine de l'addiction et de la prévention ainsi que le secteur du chanvre sont majoritairement favorables, tandis que les milieux de la police et de la justice ont rendu un avis neutre. Personne ne conteste que la santé publique et la protection de la jeunesse doivent être au cœur d'une nouvelle réglementation, mais la commission estime que la protection de la jeunesse doit être renforcée, avec des mesures spécifiques pour les mineurs. Les cantons jugent la mise en œuvre trop complexe et demandent davantage de moyens, et la vente en ligne est critiquée (Parlement, communiqué du 8 mai 2026).

Les chiffres à retenir

La consultation s'est déroulée du 29 août au 1er décembre 2025. Sur 128 destinataires invités à se prononcer, 76 ont répondu, auxquels s'ajoutent 86 participants non invités, soit 162 avis au total (OFSP, rapport sur les résultats de la consultation, avril 2026).

Chez les cantons, 10 sont favorables ou plutôt favorables au projet, un est neutre et 15 sont défavorables ou plutôt défavorables, dont 12 clairement opposés. Parmi les huit partis représentés à l'Assemblée fédérale qui ont répondu, quatre approuvent le projet ou y sont plutôt favorables (PS, PVL, Les Vert-e-s et, sous conditions, le PLR) et quatre le rejettent (Le Centre, le PEV, l'UDC et l'UDF) (OFSP, rapport sur les résultats de la consultation, avril 2026).

L'OFSP indique que 220 000 personnes consomment régulièrement du cannabis à des fins récréatives en Suisse malgré l'interdiction, une consommation qui stagne depuis des années (OFSP, page sur la nouvelle loi sur les produits cannabiques).

Comment lire ces résultats

Une consultation n'est pas un vote. Elle recueille les avis des cantons, des partis, des associations et de particuliers qui ont choisi de répondre ; ces avis ne reflètent pas l'opinion de l'ensemble de la population. Le fait que la majorité des cantons soit opposée ou réservée est un signal politique important, mais il ne tranche rien : le Parlement n'a pas voté et aucun message du Conseil fédéral n'a été publié à ce stade, d'après les documents consultés.

Il faut aussi lire les nuances. Même les cantons favorables émettent des réserves, et tous les cantons, qu'ils approuvent ou non, demandent des modifications. Plusieurs cantons jugent en outre la réforme prématurée tant que les essais pilotes en cours ne sont pas évalués. C'est précisément ce que la commission a refusé de faire, par 17 voix contre 8, ce qui montre que la majorité de ses membres veut avancer en parallèle.

Enfin, le texte discuté ne sera plus celui qui a été mis en consultation : la sous-commission va le remanier, sans garantie que le résultat soit plus ou moins permissif. Cet article ne tient pas compte de ce qui a pu se passer depuis le 8 mai 2026.

Ce que cela change

Pour le moment, rien dans la vie quotidienne. La consommation de cannabis reste interdite en Suisse en dehors de l'usage médical et des essais pilotes menés avec des participants adultes inscrits. Un adulte surpris avec dix grammes au plus s'expose à une amende d'ordre de 100 francs, et la tolérance zéro continue de s'appliquer au volant. Les étrangers et les frontaliers sont soumis aux mêmes règles que les résidents ; les conséquences sur un droit de séjour dépendent de la gravité de l'infraction.

Ce que notre page de fond ajoute

Notre page sur la Suisse replace cette actualité dans le cadre légal complet. Elle explique ce qui est puni aujourd'hui et à quel prix, la différence entre consommation, petite quantité et trafic, la règle de tolérance zéro au volant avec le seuil de THC dans le sang, et le rôle des salles de consommation dans la politique des quatre piliers. Elle précise aussi ce que risque un étranger ou un frontalier dont la situation dépasse la simple consommation, donne les chiffres officiels de consommation et de décès liés à la drogue, et renvoie vers les textes de la Confédération. Vous y trouverez enfin les règles suisses sur la contraception, l'avortement et la majorité sexuelle, utiles à qui s'installe dans le pays.

Pour aller plus loin

Cette actualité s’inscrit dans un sujet plus large, que notre page Suisse : contraception, IVG, drogues et sexualité des ados traite en détail.

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